"C'était l'un de ces faits-divers qui aiguisent la curiosité des médias et l'appétit du public"... Dominique Quinio, dans La Croix, se rappelle... "On l'appelle 'l'affaire Grégory', du nom d'un petit garçon jeté dans les eaux froides de la Vologne en octobre 1984"... "Samedi, la première partie d'un téléfilm, réalisé avec l'accord des parents de Grégory, sera diffusé sur France 3... Les Villemin ont choisi depuis longtemps de se taire, poursuit l'éditorialiste"... Ce matin, ils ont choisi de parler dans La Croix... Et Dominique Quinio explique : "Au cours de la Commission d'enquête parlementaire sur Outreau, la parole fut donnée aux présumés coupables reconnus innocents... comme une libération... C'est dans cet esprit que Christine et Jean-Marie Villemin s'expriment... Dans leurs propos, précise l'éditorialiste de La Croix, on comprend qu'il est décidément plus facile d'être supposé coupable que reconnu innocent... On comprend que les Villemin espèrent toujours que la vérité soit faite... Il apparaît surtout que seul l'amour permet de survivre quand tout s'effondre autour de soi"... Oui, ils le disent, les Villemin : "La diffusion de ce film, et son retentissement, peuvent peut-être déclencher des aveux... Nous n'hésiterons jamais à demander la réouverture du dossier"... Jean-Marie Villemin rappelle, dans cet entretien que les circonstances de l'enlèvement de Grégory apparaissent dans la procédure... "Trop de gens savent ce qui s'est passé... Beaucoup se taisent par peur des conséquences et des représailles... Des témoins ont été menacés"... Et sa femme poursuit : "Peut-être que certains auront envie de se confier, de libérer leur conscience... Quand on lit le dossier d'instruction, on se dit qu'on ne peut pas ne pas savoir... Oui, un jour, la vérité sortira"... La vérité par la télé... Peut-être... Mais certains ont des doutes... Télérama publie aujourd'hui son baromètre annuel... "Les Français et la télévision"... Et à 7 mois de la Présidentielle, c'est bien évidemment un gros plan sur le traitement de la politique... "Une élection sur un plateau", titre l'hebdomadaire, qui se demande "pour qui vote la télé ?"... Selon les sondés, la télé française penche plutôt à droite... Mais elle favorise surtout ses deux chouchous : Sarkozy et Royal... "Pour qui vote la télé ?"... La question est très française... Télérama rappelle qu'aux Etats-Unis, par exemple, Fox News revendique ouvertement son statut de chaîne néoconservatrice... Mais en France, rien de tel... Aucune des grandes chaînes n'est affiliée à un parti ou à un courant d'idées... Mais pour autant, les chaînes ne sont pas toutes perçues comme politiquement neutres, loin s'en faut... Alors notre télé penche-t-elle plutôt à droite ou à gauche ?... Eh bien, à droite pour 44% des Français, à gauche pour 29... La chaîne qui penche à droite, c'est TF1... France 2, elle, est vue de gauche... Alors, se demande Télérama, "les grandes chaînes seraient-elles faibles avec les puissants, et dures avec les autres ?"... La réponse est sans équivoque : "oui"... Une majorité de Français estiment que Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et Jacques Chirac bénéficient d'un traitement de faveur à la télévision... Alors soit, accorde Télérama... "Le nombre d'apparitions dans les JT de la députée des Deux-Sèvres est bien inférieur à celui de Nicolas Sarkozy... avantagé, lui, par son rôle de ministre... Mais il est près de deux fois plus importants que ses challengers à l'investiture socialiste à la Présidentielle : Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius"... Royal, Sarkozy à la télé... Et dans les journaux ?... Eh bien, dans les journaux, ils y sont aussi ce matin... Royal, bien sûr... C'est l'après-deuxième débat de la primaire socialiste... "Un débat plus vif", note L'Indépendant du Midi... "Les fleurets sont de moins en moins mouchetés", confirme La Montagne... Et oui, "PS : ils se sont fâchés", affirme Libération, qui estime que les trois prétendants socialistes à la candidature ont affiché leurs désaccords... "des camarades un peu plus frères ennemis", selon le journal... "Le débat se tend", constate de son côté Le Figaro... "Royal, DSK et Fabius affichent leurs divergences"... Le Figaro qui analyse aussi que "Jury populaire, carte scolaire, encadrement militaire... Le deuxième débat du PS a tourné autour des propositions de Ségolène Royal"... une Ségolène Royal "droite dans ses escarpins, pour le journal, qui note "qu'elle n'a pas reculé d'un pouce"... C'est aussi le sentiment de Renaud Dély, dans Libération... "Si Ségolène Royal n'existait pas, il faut espérer que les socialistes l'auraient inventée pour animer leurs primaires élyséennes... Si cette joute télévisée s'était résumée à un duel Fabius/Strauss-Kahn autour du maigre petit livre rose qui sert de projet au PS, il y a fort à parier que nombre de téléspectateurs auraient été tentés de zapper... Mais depuis que la compétition s'est engagée, tout revient à Royal... Tout s'organise autour de sa parole... Tous les débats et invectives tournent autour de ses propositions"... Du coup, écrit Jacques Camus dans La République du Centre, "derrière la Madonne des sondages, est réapparue la "zapaterreur"... sorte de Cruella de la politique, qui n'a pas hésité à élever le ton et à couper les animateurs pour défendre la cohérence de sa pensée... En somme, on a plus parlé du programme de Ségolène Royal que du programme socialiste... C'est une façon de l'emporter"... Voici donc pour Ségolène Royal... Et du côté de Nicolas Sarkozy, si le ministre de l'Intérieur est présent ce matin dans vos journaux, c'est en filigrane du dossier "banlieues"... En Une du Parisien-Aujourd'hui en France : "Il y a un an, les banlieues - Ce qui a changé, ce qu'il reste à faire"... Le premier volet d'une série de huit... Et ce matin, gros plan sur la sécurité... Le Parisien-Aujourd'hui en France qui met face à face l'éducateur et le policier... Deux jeunes hommes qui ont grandi en Seine-Saint-Denis et y travaillent... D'un côté, Mohamed, éducateur de rue, parle de révolte sociale... De l'autre, Yannick, policier de terrain, évoque les violences urbaines... "Au quotidien, le problème, c'est la façon dont vous vous y prenez... Vous arrivez brutalement, plaquez n'importe qui au sol, et contrôlez le même jeune dix fois par jour"... "Faux !", répond le policier... "Mais quand on est appelé quatre fois par jour par des habitants excédés par des jeunes qui squattent dans les halls d'immeubles, on y va et on contrôle... Oui, on les connaît déjà, et on leur montre qu'on est là... Peut-être qu'à un moment ils en auront marre et iront voir ailleurs... Même si, en effet, il n'y a pas de MJC dans le coin... Quant au tutoiement, quand tu arrives en disant "Bonjour... Police nationale" et qu'on se fout de toi en te tutoyant, tu tutoies aussi"... "Petits, on jouait aux cow-boys et aux Indiens... Maintenant, les gamins jouent à "police contre jeunes", raconte Mohamed... "Je me souviens, dit-il encore, d'ilôtiers qui prenaient le temps de discuter... Ils nous connaissaient par nos prénoms, se baladaient à pied... Il y avait du respect"... Le jeune policier est d'accord... "Oui, s'ils existaient toujours et en nombre, peut-être que les émeutes n'auraient jamais eu lieu... Cela dit, la police de proximité, telle qu'elle était conçue, n'était pas la recette-miracle"... Pas la recette-miracle, soit... Mais peut-être pouvons-nous remettre l'ouvrage sur le métier... C'est ce que propose, dans La Tribune, Sébastien Roché, directeur de recherches au CNRS... "Reconstruisons la police de proximité... Les émeutes de 2005 auraient dû alerter sur les limites d'une orientation policière focalisée sur l'interpellation... Il faut, poursuit le chercheur, construire une police de proximité avec des moyens réels, concentrée dans les espaces les plus difficiles... Il faut être déterminé à y consacrer du temps et des personnels... La recherche de légitimité par la police n'est pas honteuse dans une démocratie, bien au contraire... Elle garantit la paix publique et la sécurité des fonctionnaires"... Et sur le terrain ?... "La grogne monte chez les policiers, sans épargner Nicolas Sarkozy"... C'est dans Les Echos... Des policiers qui expriment leur ras-le-bol... "Le problème de fond, c'est qu'on est en bout de chaîne, explique l'un d'eux, et qu'on nous demande de résoudre la violence tout seuls, alors qu'on ne peut rien faire sans les magistrats et les éducateurs... Nous mettre les uns contre les autres, c'est contre-productif... Il y a une semaine, le syndicat Alliance, en tête chez les gardiens de la paix, a demandé à être reçu avec des représentants des acteurs sociaux, jugeant nécessaire une concertation... Le ministre de l'Intérieur n'en a pas tenu compte : il n'a reçu que le syndicat"... Sarkozy dans la presse... Sarkozy en librairie... Pour la première fois, une BD explore sérieusement le champ politique... C'est Charlie Hebdo qui explique que dans "la farce karchée de Sarkozy", près de 40 ans d'histoire politique de droite défilent sous nos yeux... avec pour pivot Nicolas Sarkozy en cynique fils spirituel d'un homme politique sans âme, à savoir Jacques Chirac... Dans Charlie Hebdo, un entretien avec les trois auteurs de la BD... Riss, le dessinateur... Philippe Cohen, l'enquêteur... et Richard Malka, le scénariste... Et ils affirment tous les trois que, dans leur BD, tout est vrai, scrupuleusement vrai... Dans la double page sur les médias, par exemple, "chaque vignette est un bout d'enquête, explique Cohen... Quand on dit : "Martin Bouygues et Sarko se téléphonent tous les jours", c'est vrai"... Malka avoue, quant à lui, une certaine tendresse pour le personnage... "Chirac semble heureux dans la baston, Sarkozy non"...

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