Médias et politiques : la presse est dans les coulisses, ce matin... "Quand Nicolas Sarkozy se déchaîne contre Arlette Chabot"... LePoint.fr raconte le quart d'heure d'humiliation subie par la directrice de l'information de France 2 juste après l'interview diffusée mercredi soir sur la télévision publique et TF1. Tout part d'une discussion animée entre le Président et Bernard Kouchner. Les deux hommes montrent en public qu'ils ne partagent pas le même avis sur l'Iran. Kouchner reçoit une avoinée. C'est alors qu'Arlette Chabot se permet un trait d'humour : "Ca ferait un beau débat sur France 2". Manifestement à cran, précise Emmanuel Berretta, Nicolas Sarkozy part aussitôt en flèche et se plaint de l'absence de vraies émissions politiques sur le service public. Curieuse critique, qui ne résiste pas à l'examen des faits, écrit le journaliste. D'ailleurs, l'injustice est telle que Catherine Nayl, la patronne de l'info de TF1, vient à la rescousse de sa consoeur et concurrente Arlette Chabot. Solidarité féminine. Mais elle a ses limites. Laurence Ferrari, qui est là aussi, intervient : "Justement, sur TF1, on prépare une émission politique". Chabot apprécie moyennement. Mais la colère présidentielle a continué : le chef de l'Etat s'est plaint aussi de la sous-représentation de la majorité sur France 2. La colère intervient dans le contexte que l'on connaît. Lors de l'interview, Nicolas Sarkozy a commis un lapsus en parlant des "coupables" de l'affaire Clearstream au lieu des "prévenus". 36 heures après, la polémique est encore très vive ce matin dans la presse. Vrai lapsus ou glissade volontaire : à chaque éditorialiste son avis... Le Parisien-Aujourd'hui pointe "le malaise des élus UMP" qui, pendant ce temps, tiennent leur journée parlementaire au Touquet. Les villepinistes sont indignés, les sarkozystes allument des contre-feux. Dans Libération : le malaise des avocats au procès Clearstream... "Couplables" au lieu de "prévenus" : c'est une entorse au principe de présomption d'innocence. "Ca peut sauver Villepin", commente un membre du Barreau. "Le tribunal peut se dire qu'il y a quand même des limites". "Il y a un moment où on ne peut pas accepter de recevoir des ordres", dit un autre. Un troisième avocat est agacé : "J'aimerais que le président du tribunal prenne conscience qu'il y a 40 plaignants et pas une seule partie civile". "Le procès semble déjà proche du point de rupture", conclut Stéphane Durand-Souffland dans Le Figaro. Quant à Hervé Chabaud, dans L'Union de Reims, il trouve le spectacle "affligeant". "Cette politicaillerie, cette surdimension de l'ego, rapetissent la politique à la sphère crasseuse des règlements de comptes. On fait plus de cas de cette affaire que des propos d'Ahmadinejad ou de Kadhafi devant l'ONU. Ils sont pourtant autrement plus préoccupants pour les grands équilibres du monde". Pour détendre tout le monde, Libération rappelle un autre lapsus d'homme politique, resté célèbre : le député Robert-André Vivien, en 1975. C'était à propos d'une loi sur la pornographie. Il invita le ministre responsable, non pas à durcir son texte, mais à durcir... son sexe ! Médias et politique dans les coulisses... Encore deux détails, relevés par Libération... Nicolas Sarkozy a fait une autre bourde mercredi soir, en disant que "les paradis fiscaux et le secret bancaire, c'est terminé". "On veut bien accorder au Président que des progrès ont été faits, écrit Nicolas Cori, mais un tel constat relève de la pensée magique". Dans une autre affaire qui a beaucoup occupé les gazettes : Giscard et Lady Di, Libé se demande si Paris-Match n'a pas un peu trafiqué sa Une de cette semaine. On y voit VGE et la princesse quasiment main dans la main... sauf que la main entre les deux est celle de Madame Giscard d'Estaing. Anémone aurait-elle disparu de la photo ? "C'est faux : aucune retouche, jure le chef du service photo de Match. Simplement, le cliché n'est pas pris de face, et Anémone, qui est beaucoup plus petite que Lady Di, est cachée derrière elle. La seule chose qui reste d'elle sur la photo, c'est donc sa main". Conclusion de Libé : pour l'histoire d'amour torride, avec maman derrière, on repassera. Le diable est dans les détails... Si la presse donne dans l'anecdote ce matin, c'est aussi parce que le décalage horaire complique le traitement des grands événements de la semaine : l'Assemblée générale de l'ONU et le G20. Pour le G20, ce sera dans la presse demain, ou toute la journée sur France Inter. En revanche, la presse magazine a eu le temps de préparer les élections législatives en Allemagne... C'est dimanche. Autre grand événement des jours à venir. Portrait d'Angela Merkel dans L'Express... Elle a toutes les chances de rester à la Chancellerie. Avec ses airs de jeune mamie-gâteau et son style vestimentaire discutable et discuté, c'est la femme la plus puissante du monde. Puissante mais modeste : Angela Merkel se refuse à incarner physiquement le pouvoir, écrit Blandine Milcent. Elle marche toujours lentement : pas question d'entrer dans un lieu en coup de vent. Quand elle est en vacances avec son mari en Italie, ajoute Axel Gyldèn, ils ressemblent tellement à d'autres touristes allemands que les randonneurs les croisent sans les reconnaître. Au-delà de ça, c'est une femme brillante que décrit L'Express : note maximale, à l'équivalent du Bac ; capacités de synthèse prodigieuses ; parfaite maîtrise du russe (c'est capital en Allemagne) ; et une très habile politicienne, avec des airs de ne pas y toucher. Car, au fond, le bilan de ses quatre années à la Chancellerie n'est pas très fourni : augmentation de la TVA, départ à la retraite à 67 ans... Mais ensuite, l'équipe Merkel a paru s'enliser : la réforme promise du système de santé a patiné. Ce qui a marqué les esprits, c'est le salaire parental permettant aux mères ou aux pères de s'arrêter au moins un an pour s'occuper des enfants. Cela a permis de moderniser l'image du parti conservateur, la CDU. Le Pèlerin relève aussi que l'Allemagne de Merkel, plus de 60 ans après la guerre, c'est un pays qui assume sa force sans complexe ni agressivité. "Nous avons la force" : c'est l'un des slogans de la campagne. Au fond, le véritable enjeu de l'élection de dimanche, c'est de savoir avec qui gouvernera la CDU. On sort de quatre ans de cohabitation avec la gauche. Une alliance avec les libéraux serait plus logique. Mais Valeurs Actuelles se demande si, au fond, la Chancelière ne préfèrerait pas rester avec les sociaux-démocrates. "Ils ont évité bien des déboires au patronat et bien des grèves à Madame Merkel", écrit Jean-Paul Picaper... "Contre un gouvernement plus à droite avec les libéraux, les syndicats déterreraient la hache de guerre". Confirmation d'un politologue dans Valeurs Actuelles : "Une coalition avec les libéraux obligerait Merkel à montrer qui elle est vraiment et à prendre des arbitrages plus rudes". Quoi d'autre dans la presse, Bruno ? L'une des batailles politiques dans les semaines à venir est dans Le Figaro... L'UMP veut introduire le vote électronique à la fac, lors des élections universitaires. Argument : les syndicats étudiants ne sont pas représentatifs. Leur influence, lors des grèves et des blocages de facultés, est surestimée. L'examen de la proposition de loi a déjà fait des étincelles en commission, avant l'examen plus formel. Toujours dans Le Figaro, mais les pages saumon : "La Chine piégée par le débat sur les bonus"... Ils représentent une part essentielle du salaire des dirigeants. Tout un symbole : ils sont distribués dans des enveloppes rouges, mais aussi, plus discrètement, par virement et ouverture de comptes offshore. Christine Lagarde use d'un euphémisme très diplomatique pour dire cela : "La Chine n'est pas totalement mobilisée sur les questions de régulation financière". Comme quoi, il n'y a pas que Wall Street... Il y a aussi le Bund : la célèbre promenade le long du fleuve, avec vue sur les gratte-ciel de Shanghaï. A la rubrique Sciences, grande prudence de vos journaux sur l'essai de vaccin qui permet de réduire d'un tiers le risque d'infection par le virus du SIDA. C'est "l'espoir d'un vaccin", précise L'Est Républicain à sa Une. A la rubrique Société, Le Parisien et Libération s'attaquent à deux tabous, en matière de sexualité... Dans Le Parisien : "les homos de banlieue sortent de l'ombre"... Deux livres vont sortir sur le sujet. Témoignage de Karim, qui vient de faire son coming-out : "'Sale pédé', en banlieue, c'est l'insulte suprême. Dans ce climat, tu n'as pas d'autre choix que de jouer un rôle". Dans Libération : la sexualité des personnes handicapées... Doit-on donner un statut légal à des assistants sexuels ? C'est une demande forte. Mais la frontière avec la prostitution est très mince. Ce sera l'un des thèmes de la Journée mondiale du handicap, le 9 octobre. Des difficultés de la vie intime et de couple... Témoignage beaucoup plus léger mais assez effrayant dans "Elle". A la rubrique "C'est mon histoire" : "Mon mari couche... avec son Blackberry". Pour les non-intiés, c'est le téléphonne vedette chez les cadres dynamiques. C'est la vie de Laura et Alex, qui ont tout pour être heureux jusqu'au jour où le fameux Blackberry fait son entrée dans la maison. Alex, qui est avocat, le garde sous son oreiller quand il dort. Voici comment ça se termine après de longs mois d'enfer... Dîner en tête à tête un soir au restaurant. Madame s'absente aux toilettes et espionne son mari de loin. Evidemment, il consulte son Blackberry. En revenant à table, elle attrape l'engin et le jette dans le seau à champagne avant de quitter le restaurant, très digne. C'est presque trop cinématographique pour être vrai. Si c'est authentique, Alex devrait en effet lâcher son Blackberry et s'intéresser à Laura : c'est manifestement une femme pétillante... Bonne journée...

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