La bonne mousson fait de bonnes récoltes et des mariages dorés en Inde, et le cours de l'or monte, et à Paris, on vent des colliers, le Parisien. Une fillette du Cachemire rêve aux lendemains sanglants, la Croix. On peut investir à Londres pour sauver les rhinocéros, le Monde. L'Opinion analyse les mots du Président.

On parle d'or ce matin dans le Parisien... 

L'or des bijoux de familles, des bagues héritées, des pièces de monnaie et même des prothèses dentaires que des Français vendent en ce mois d'aout où l'or flambe comme pratiquement jamais, 1351,48 euros l'once d'or avant le week end à la bourse de Londres, me dit le Parisien, l'once, c'est l'unité de mesure officielle de 28,35 grammes, traduit en rêve français cela nous fait le lingot à 43210 euros et le napoléon de 20 francs à 266... Bref on s'approche du record historique de 2012, et du coup, le marché flambe chez nous aussi et dans sa boutique place de la Nation, Sandra teste à l'acide nitrique les colifichets précieux que lui apportent ceux qui rêvent d'un peu de bonheur. Janine, octogénaire, est venue avec ce collier qu'un vieux fiancé lui avait offert il y a si longtemps, "du 18 carats, il ne s'était pas foutu de moi" dit-elle, et le collier partira avec les autres preuves d'amour enfouies chez un fondeur suisse qui le remettra sur le marché... Il y a dans cet engouement pour un si vieux métal quelque chose de poétique, car si l'or flambe, c'est grace à l'amour et à des belles récoltes en Inde, me dit le journal, qu'une bonne mousson a favorisé. Et qui dit bonne mousson, bonne récolte, dit plein de beaux mariages dans les campagnes indiennes, où l'on offre de l'or pour les épousailles. Ainsi montent les cours, petit monde... 

Elle ne vient pas toute seule ce matin, cette histoire. Dans cette même Inde, me raconte les échos un milliardaire du BTP avait imaginé une ville idéale, Lavasa, saine et moderne, pour permettre aux classe moyennes d'échapper aux promiscuités de Mumbaï et autres grandes cités... La ville a fait faillite, et compte moins de mille habitants, préférons la campagne. En Inde toujours, la Croix nous le rappelle, le Cachemire majoritairement musulman a perdu son autonomie et est coupé du monde par l'armée, et la population subit dans une "fureur silenceuse". Une écolière promet pour le futur des ruisseaux et rivières de sang... On ne rêve pas aux Indes que d'or et de mousson. 

Elle a dix ans, cette petite Sana joyeuse et sanguinaire rencontrée par la Croix. L'âge, des écoliers de Guingamp, chez nous en France, élèves CM1 et CM2 qui se verront offrir à la rentrée des montres connectées, je le lis dans le Télégramme, pour les inciter à bouger, faire du sport, ne plus être sédentaires. Heureux enfants qui n'ont d'autre soucis que leur poids. 

En Savoie des enfants de la Lune ont plongé de nuit dans le lac d'Annecy, c'est dans le Dauphiné; les enfants de la lune, ce sont ces mômes atteints de xeroderma pigmentosum, une maladie génétique  qui leur interdit la lumière sous peine de mort. Leur peau doit être préservée des rayons ultra-violets, lumière solaire ou artificielle, ils vivent le jour protégés de vêtements en couches et de casques de cosmonautes, mais Amine rit pourtant et danse sous la pluie, et Ana, trois ans, touche des oies la nuit... On les voit dans Paris-Match, dans un très beau reportage sur ces enfants qui revivent quand la nuit tombe, et donc au bord du lac dans le Dauphiné. 

Ailleurs en France, on cherche de l'eau...

Et cela dure depuis des mois et à la baignade du lac d'Auron à Bourges, l'eau atteint à peine les genoux des adultes dit le Berry républicain. La Montagne raconte la sècheresse qui frappe les cultures auvergnates, les légumes seront petits, on va manquer de carottes de pommes de terre et aussi de poireaux. Mais dans le Valenciennois, nous dit la Voix du Nord, Benoni, 67 ans, arrose sa pelouse et lave sa voiture à grandes eaux, car sa maison est équipée à l'ancienne d'une cuve qui récupère l'eau de pluie, et il n'est pas le seul, et le journal, par ces cuves, nous raconte un système D et un génie français. 

A Biarritz, un Français de talent assure l'ambiance, commente Libération qui épice d'ironie sa narration du G7, un "Macron show"? Le Président français joue la désescalade avec Donald Trump commentent lesEchos, et les journaux oscillent entre diplomatie et politique intérieure, mais c'est dans l'Opinion, que l'on trouve ce matin le meilleur article politique, sur notre président, il est signé Jean-Dominique Merchet et ne parle que de langage. A deux reprises au moins, Emmanuel Macron a employé une expression étonnante, "l'Etat profond", pour fustiger les conservatisme des technocrates, des diplomates et des administrations, qui voudraient imposer leurs choix contre sa volonté d' élu... Mais cette expression, Deep state en anglais, fait partie du vocabulaire populiste ou conspirationniste, elle suppose que des forces occultes manipulent les choix publics, Donald Trump l'affectionne... eEt Merchet met le doigt sur une ressemblance de mot entre deux hommes de pouvoir, qui pourtant s'opposent. C'est notre étonnement ce matin.

La grande politique a parfois des détours. On apprend dans le Monde qu'à Londres, la finance vient au secours de la biodiversité; la société Conservation Capital invente un nouveau produit financier, un placement sur les rhinocéros en voie de disparition... Ces obligations financeront cinq parcs naturels au Kenya et en Afrique du Sud, et si la population de rhinocéros augmente, les investisseurs gagneront de l'argent. Dans Usbek et Rica, sur internet, j'apprends que Google et Mozilla vont protéger l'intimité des habitants du Kazakhstan, dont le gouvernement veut installer sur les navigateurs internet un logiciel espion qui surveillera l'activité des internautes kazakhs. google, pour chrome, et Mozilla, pour Firefox, vont le bloquer. 

Et des festivals pour finir...

Et pour éclairer un été qui n'en a pas fini et un peu partout chez nous on célèbre le corps, la culture, le folklore . Metz a été dépassée par l'ampleur de la Fête de la mirabelle me dit le Républicain lorrain. On a fêté les rois du labour à Bremondans me dit l'Est républicaibn. L'Yonne républicaine m'invite à des expos autour d'Avallon... Libération donne envie d'un un festival Berlioz à la Côte Saint-André dans l'Isère, ce compositeur est notre gloire réinventée... 

En parlant de patrimoine, le Bien Public me raconte ce matin un livre de Victor Hugo. Le livre que tient devant elle une lycéenne de Dijon nommée Gvantsa Pkhikidze, ce livre est tout ce qu'elle a pu prendre quand on l'a arrêtée samedi, la future bachelière littéraire est géorgienne et expulsable vers un pays qui ne lui est plus rien,: 600 personnes pétitionnent pour elle me dit le Bien public. Elle s'appelle Gvantsa, elle passera demain devant le juge,  elle lit victor Hugo dans un centre de rétention.

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