Les Echos annoncent l'avènement boursier d'un géant chinois de la FinTech. Le Un s'empare du masque, qui rappelle notre responsabilité et notre vulnérabilité et nous rend libres. Lançon rêve dans Charlie de guêpes d'une femme dessinée par Wolinski. Le Monde raconte Catherine Deneuve, libre même sous le joug de Bunuel!

On parle de liberté ce matin...

Et de ce qui la menace sans qu'on s'en aperçoive, et ce matin, un vieux journal anarchiste et républicain vient défendre nos billets nos piécettes, l'argent liquide que la modernité submerge mais il nous garantit... Et c'est sans la moindre ironie que le Canard enchainé s'insurge contre les banques; les géants d'internet et les Etats qui convergent pour "liquider le liquide". Oh il a tant de défauts,  le liquide, il n'est pas écolo , il use des tonnes de cuivre, de zinc et de nickel qu'on ne recyclera pas, et pour sa fabrication émet du CO2; il coute cher le liquide, aux Etats car le règlement de la main à la main masque de la fraude fiscale, il coute cher à fabriquer aussi, il coute cher aux banques, chaque retrait au distributeur leur prend 89 centimes. Alors c'est naturel, on supprime des distributeurs, on favorise les cartes de crédit, on a relevé les plafonds des paiements sans contact, la covid est une aubaine, et mieux encore, on construit un système de paiement purement électronique, chez Apple et Google via des smartphones, en attendant que Facebook aboutisse sa propre monnaie, la Libra... Et le consommateur qui a les moyens est content, ne s'inquiète plus d'être volé, dans le délice de l'achat en ligne... Mais se rend-il compte, le consommateur, qu'il est moins un libre citoyen? L'argent liquide est le moyen de paiements des plus pauvres des moins intégrés, et sa disparition fracture les sociétés, et pour ceux que le virtuel conquiert, les plus nombreux, le piratage guette, les banquiers savent tout de nos dépenses et de nos vie privée, et pas seulement les banquier, quand en chine on teste une monnaie dématérialisée, un yuan électronique, qui dirait tout à l’Etat sur les opposants... La disparition du cash, c'est surtout une perte de liberté conclut le Canard enchainé, qui veille sur nous depuis 105 ans...

est-il émouvant, notre journal, et est-il désuet, son combat, quand les Unes des Echos et du Financial times saluent l'avènement d'un géant de la tech financière , Ant Group, qui va s'introduire aux bourses à Hong Kong et Shanghaï... Il pourrait lever 30 milliards de dollars et serait valorisé à 225 milliards, quatre fois la valeur de notre BNP-Paribas. Ant Group, c'est une plateforme géante de service financier créée par le géant chinois de la vente en ligne Alibaba, un bazar mondial qui a généré une solution de paiement mobiles, AliPay, l’application gère aussi vos rendez-vous médicaux et commercialise des produits d'épargnes, il déborde de la chine sur l'inde et l'Asie, elle s'adresse au PME et aux revenus modestes, et compte un milliards de clients... Et l'édito des Echos ne s'inquiète pas de tant de la fin des piécettes, que du retard que nous prenons en Occident, face aux innovations chinoises, quand en Asie on bascule  directement du billet de banque au paiement par téléphone mobile en sautant les étapes du chèque de la carte de crédit... Avons nous les moyens d'avoir peur?

Le New York Times raconte comment le pouvoir cambodgien a poussé à l'exil et ruiné la vie d'un moine bouddhiste défenseur des libertés en lui prêtant des scandales de moeurs sur un compte Facebook trafiqué... C'est l'époque.

On parle aussi de masques ce matin...

Qui est, dit l'Eclaireur du Gatinais, « la vedette de la rentrée », la « star de la rentrée » dit l'Est Eclair,  et ils est aussi un sujet de liberté, et ce masque que la covid et l'etat nous imposent dans les confusions, et que le gouvernement n'offrira pas aux enfants des écoles (le Parisien, Var matin et le Courrier picard en font des unes), ce masque est peut-être paradoxalement une conquête...  Le Un de cette semaine s'empare du masque et le retourne philosophiquement: il symbolise un avenir que nous ne connaissons pas et nous grandissons en acceptant cela! Il n'est pas, le masque, une déshumanisation car le visage n'est pas qu'une apparence physique, le masque nous invite à l'imagination quand nous devons communiquer avec autrui, dit la philosophe Catherine Peluchon,  qui ajoute que le masque rappelle que nous sommes vulnérables et responsables à la fois, et c'est sans doute cela être libre, quels que soient les hésitation des gouvernants qui devraient, je lis cela aussi dans le Un, abdiquer de leur superbe pour admettre qu'ils ne savent pas tout, et que le masque est une précaution... Dans la Charente libre, on me raconte ces salariés qui travaillent masqués, on me parle de peaux qui rougissent mais aussi de belles expressions qui demeurent dans nos yeux, on ne nous retirera pas cela...

Quand s'approche les procès des attentats de janvier 2015 que vous pouvez relire dans un récit sobre et glacé que publie les Jours, un rescapé de la fusillade de Charlie Hebdo s'autorise dans Charlie la liberté du rêve, du cauchemar et du sourire. Philippe Lançon en villégiature chez lui dans la Nièvre a rêvé qu'il était au lit avec une créature espiègle telle que les dessinait son ami Wolinski, quand des guêpes ont envahi son rêve et sont agglutinées sur la jeune femme, sortant bientôt de son sexe comme un entonnoir, « pas folles les guêpes », il a eu peut qu'elles le piquent et transforment son visage ressuscité en escalope, il est sorti du rêve et retrouvé sa vraie vie où un essaim de vraies guêpes faisait son nid dans le mur de sa maison: elles ont été retirées, cela fait partie des vrais soucis de l'été...

Et on parle enfin d'une actrice...

Dans le Monde qui termine l'été dans de somptueuses séries, et qui depuis lundi raconte la vie de Catherine Deneuve, dans un récit sans doute immanquable... Raphaelle Bacqué nous racontait hier Deneuve et sa soeur François Dorléac qui dansait fantasque quand Catherine était une beauté au repos, et qui est morte si jeune d'un accident de voiture, ceignant catherine du malheur et lui offrant en partant des rôles qu'elles n'aurait peut-être pas eus. Ce matin, vous lirez Catherine Deneuve au prisme du désir des hommes et du cinéma, s'en remettant au monstre anarchiste Luis Bunuel, qui faisait scander ses acteurs et ses actrices au rythme de sa propre voix,  et fit de Deneuve une bourgeoise s'oubliant au bordel, et une créature vénéneuse au chignon glacé ourdissant une vengeance; vous lirez la résistance de la comédienne, son abandon, et puis sa liberté tout de même, ce qu'elle gardait pour elle, inentamée, légendaire déjà si jeune, éloignée des soubresaut de l'après 68 par son impénétrable réserve, plus forte même que son temps. 

La Voix du Nord célèbre les 50 ans du MLF ce matin... Et l'Equipe met Messi à la Une qui veut quitter Barcelone, c'est encore un sujet de liberté.

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