La France sans lui... Vous l'imaginez ?... Il va bien falloir maintenant... Et voici comme un coup de vieux qui nous tombe sur la tête... 12 juillet 98... Comme si c'était hier... si frais dans nos souvenirs.. Et pourtant, l'événement a maintenant huit ans... Il est là, le coup de vieux que nous assène Zidane en annonçant sa retraite... L'événement trouve mille échos dans la presse aujourd'hui, comme une page qui se tourne... Les pages du journal "L'Equipe" en particulier... Et c'est bien normal... Et c'est donc au quotidien sportif français, qu'après Canal+, Zidane réserve sa deuxième interview, ce matin... Où il confirme, bien sûr, qu'après la Coupe du Monde, il ne sera plus footballeur... Où il insiste sur son soulagement... "Oui, je suis soulagé, parce que c'est quelque chose qui trottait dans ma tête depuis un petit moment". Ainsi, longtemps après Kopa, longtemps après Platini, le football français va voir partir l'un des trois plus grands joueurs de sa belle saga... De ces footballeurs qu'on ne croise pas dans chaque génération... "Alors oui, nous sommes un peu tristes", écrit Claude Droussent, au nom de son journal, au nom de toute l'équipe, c'est le cas de le dire. Maintenant, pourquoi cette décision ?... "Parce que ce champion accompli, qui est aussi un apôtre de la raison, ne veut pas durer au-delà du raisonnable", affirme Pierre Taribo dans "L'Est Républicain". Et puis finalement, l'oeuvre est accomplie, l'essentiel a été réalisé... Comme le rappelle effectivement Jean Levallois dans "La Presse de la Manche"... "Zidane a conquis le coeur de la France, non pas à la manière d'un Poulidor méritant, mais deuxième... Non, avec Zidane, nous avions un champion qui gagne, et qui a fait gagner la France". Ne pas aller au-delà du raisonnable... Et plus, si affinités, semble nous dire "L'Equipe", toujours sous la plume de Claude Droussent... Et si, après tout, l'incroyable destin de Zidane le menait tout au bout d'une dernière magnifique aventure en bleu en Allemagne, le 9 juillet prochain ?... C'est vrai que ça aurait de l'allure... Vous imaginez Zidane, ce jour-là, brandir la Coupe du Monde en disant : "Maintenant, je peux prendre ma retraite" ?... Bon. On n'en est pas là... On n'en est tellement pas là que Pierre-Etienne Minonzio, dans "Libération", n'hésite pas à envisager, non pas le pire, mais quelque chose de moins souriant que le scénario de "L'Equipe"... Du genre : "Cette histoire d'amour peut-elle mal se finir ?"... En effet, en annonçant dès maintenant sa retraite, le capitaine des Bleus présente implicitement la prochaine Coupe du Monde comme son apothéose sportive... Or, au vu de sa difficile campagne qualificative, la France est loin d'être favorite de la compétition... Zidane prend donc le risque de rater sa sortie, estime notre confrère de "Libé". Enfin, dans "Le Parisien", on fait parler les chiffres... Et l'on proclame : "Et de 11 !"... Oui, Zidane est le 11ème champion du monde à remiser ses crampons... Il en reste 5 qui ont quitté l'équipe de France, mais qui poursuivent leur carrière en clubs... Et 5 autres qui, eux, sont toujours susceptibles d'évoluer chez les Bleus : Barthez, Vieira, Henry, Trezeguet et Thuram, qui devraient tous être au rendez-vous de la prochaine Coupe du Monde... Reste Piresse qui, lui, espère encore un geste du sélectionneur, nous dit "Le Parisien"... Alors, Piresse ?... Zidane, c'est à la fois hier, aujourd'hui et demain, puisque sa retraite ne sera effective que dans deux mois... Tchernobyl, en revanche, et même si ça n'a rien à voir, c'est à la fois hier et aujourd'hui... Comme si le temps se figeait. Et les titres de la presse l'attestent... Comme celui de "L'Humanité" : "Tchernobyl, la tragédie inachevée"... Ou celui du "Figaro" : "Tchernobyl, la crise est toujours là"... Deux phrases qui évoquent clairement les effets que les populations russe, biélorusse et ukrainienne ressentent toujours... Vingt ans après, tout juste... Car rappelons que Tchernobyl, c'était le 26 avril 1986, au milieu de la nuit... Et que la France, elle aussi, en a subi les effets, contrairement à ce qui était dit à l'époque... Mais c'est bien sûr dans la zone autour de la centrale que les dégâts sur les populations ont été réellement dramatiques. Pour autant, impossible d'avancer le moindre bilan... On nous a livré tellement de chiffres différents qu'on ne sait plus à quel saint se vouer... Des milliers de morts ?... Oui, probablement... Ceux de 86, ceux qui meurent encore aujourd'hui, et qui mourront demain, mais qui ont toujours autant de mal à faire admettre aux autorités que leur pathologie est liée aux radiations. Dans une moindre mesure, le problème est le même en France... Il y a même une procédure judiciaire en cours, de la part de personnes qui se disent victimes du passage du nuage sur le pays... Mais quoi qu'il en soit... Un sondage, réalisé fin 2005 auprès de 1.047 personnes, que le journal "Les Echos" publie, le montre... A la question : "Avez-vous confiance dans les autorités françaises pour leurs actions de protection des personnes face au nucléaire ?"... La réponse est : "non", à 69%, pour ce qui concerne les retombées radioactives de Tchernobyl... Pire encore, à la question : "Pensez-vous que l'on dit la vérité sur les dangers qu'ont représenté ces mêmes retombées radioactives ?" : 78% des Français disent "non". Forcément, commente Gilles Dauxerre dans "La Provence", le nucléaire est toujours confisqué par les technocrates et les ingénieurs... Or, même si le sujet est ardu, cette question engage tellement notre avenir et celui de nos descendants, qu'il ne peut échapper au champ de la démocratie... Ce devrait être le premier enseignement de Tchernobyl. Sur ce point, et cette fois dans ce pays qui était l'URSS à l'époque, Mikhaïl Gorbatchev apporte un éclairage saisissant dans "Le Figaro"... Pour lui, "c'est Tchernobyl qui marque le début de la fin de l'Union soviétique... La catastrophe a ouvert la porte à une liberté d'expression telle que le système politique soviétique ne pouvait plus perdurer", explique l'ancien dirigeant de l'URSS. Et Gorbatchev précise qu'à partir de ce moment-là, il a commencé à penser en termes "d'avant" et "d'après-Tchernobyl". Avant, après, hier, aujourd'hui... Pour Gabriella, qui vivait en banlieue de Kiev en 86, et qui avait 8 ans le jour de l'explosion, toutes ces notions sont confondues dans un même sentiment : l'angoisse... Hier par exemple, elle a profité de la présence de la Croix-Rouge près de chez elle pour faire un examen de la thyroïde... Ils ont trouvé un nodule de plusieurs millimètres... "Je dois faire une biopsie la semaine prochaine, pour vérifier qu'il ne s'agit pas d'un cancer. J'avais fini par oublier Tchernobyl, raconte Gabriella... En fait, la catastrophe continue... Tchernobyl, c'est encore aujourd'hui". C'est presque devenu une habitude... Tout comme il y a, dans la presse, une page "politique", "société", "faits-divers" ou "sports", il y a maintenant une page "Royal"... Voici Ségolène élevée au statut de rubrique dans les journaux... Et ça ne manque pas, aujourd'hui encore, avec "Le Parisien", qui lui consacre deux pages... Alors, à force, on n'apprend plus rien sur elle, évidemment, comme si tout avait été dit... D'où cette question, que "Le Parisien" pose au spécialiste des médias Jean-Louis Missika... "Ségolène Royal en fait-elle trop, médiatiquement ?"... Réponse : "Non !"... Bon ben... Tout a été tellement dit, également, sur l'agacement que provoque la place tenue par Ségolène Royal dans le débat et dans les médias... Agacement, voire crises de nerfs chez les éléphants... Que même "Le Canard Enchaîné" est pris de court, et que sa révélation sur Lionel Jospin qui n'en peut plus, fait un peu "pschittt"... On retiendra quand même la phrase, que lui prête "Le Canard"... "Si je peux être une solution pour débloquer la situation chez les socialistes... Je serai là, aurait-il dit... Je suis en forme". Sur un ton plus grave, "VSD" se penche cette semaine sur le cas Le Pen... Nous rappelant d'abord ce récent sondage IFOP révélant que, pour 34% des Français, l'extrême-droite est proche de leurs préoccupations... D'où ce titre : "Le Pen en embuscade", et cette déclaration, que je vous livre : "Nous avons besoin de quelqu'un qui a de la poigne... Je constate que ni Villepin ni Sarkozy ne sont en mesure de réformer... La prochaine fois, je vote Le Pen... C'est le seul qui conserve une autorité politique". Qui dit cela ?... Oh, vous ne le connaissez pas... C'est un chirurgien de 40 ans, qui vit dans une ville moyenne de province... Il a souhaité garder l'anonymat... Ce qui est important, c'est qu'il s'agit d'un électeur de l'UMP. Jamais il n'a voté pour l'extrême-droite, mais les crises de ces derniers mois, banlieues et CPE en particulier, l'ont convaincu qu'il fallait remettre de l'ordre en France, et que pour cela, c'est Le Pen qui était le mieux placé. Un témoignage que publie "VSD", comme une sorte de cri d'alarme puisque, sur sa Une, l'hebdomadaire titre : "Le Pen : l'enquête qui fait peur". Oui, deux, même... La première est dans "Le Parisien", sur le thème : "Arrêtons de vouloir tous maigrir en prenant n'importe quoi"... D'où ce point que fait le quotidien sur six régimes très dangereux. Rappelons qu'une personne est décédée, et que cinq sont dans le coma après avoir consommé des gélules minceur à la thyroïde... Des glandes thyroïdes de porc, précise de son côté "Libération". Voici les six traitements qui peuvent tuer : les apports en thyroïde donc... Les coupe-faim... Les produits anti-diabétiques... Les produits diurétiques... Les préparations à base de plantes... Et ce qu'on appelle la gastroplastie, comme l'anneau gastrique, le ballon gastrique ou le "by-pass" intestinal... Intervention très lourde sur l'intestin, qui diminue la digestion des aliments, et donc la production de graisses... 9 heures d'intervention, avec un risque de mourir sur la table estimé à 1%... Ce qui est énorme. Voilà... Aux antipodes de ces drames provoqués par la dictature de l'apparence, il y a l'amour... L'être, en quelque sorte, plutôt que le paraître... Sujet en Une de "Télérama" aujourd'hui, sous le titre : "Les nouveaux bricolages amoureux"... Ou "Qu'avons-nous fait de l'amour ?"... Le PACS, le Net, les SMS... La fin justifie les moyens... Moyens modernes, tout simplement. Et c'est au moment où "Télérama" nous parle d'amour que les impôts nous font leur déclaration... Pré-imprimée, cette fois... Volonté de transparence du fisc, affirme Bercy... Oui, elle a surtout une vertu supplémentaire, rétorque "Le Canard Enchaîné" : celle d'éviter aux agents du fisc de contrôler une partie des feuilles d'impôts... Et puis surtout, s'il doit y avoir rectification entre ce que le fisc déclare, vous concernant, et les calculs que vous avez faits de votre côté... C'est toujours du même côté... En clair : si le contribuable rectifie et se trompe en sa défaveur, c'est pour ses pieds, affirme "Le Canard Enchaîné". La déclaration a beau être nouvelle, on le sait, les histoires d'amour finissent mal, en général. Bonne journée... A demain...

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