(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les 5 dernières minutes

(Bruno Duvic) C'est presque un tableau religieux. D'ailleurs il y a une icone de la vierge au mur. Nous sommes dans la chambre de Vicente Torres. Il a 75 ans, il sort tout juste d'une opération au cœur. Mais il a va être expulsé de son appartement de Madrid. Ce père et grand père s'était porté caution pour son fils, lui mêle délogé. La famille n'a pas les moyens de rembourser. Sur la photo, il y a également le petit fils, 24 ans, en larmes et au chômage comme plus de la moitié des jeunes espagnols.

« Espagne, le temps des expulsions ». Le reportage photo de Paris Match cette semaine est un coup de poing au foie.

Comme cette précision dans le texte. Les jeunes espagnols qui vont en vacance au Brésil doivent désormais présenter leur billet retour pour avoir l'autorisation de s'y rendre. L'an dernier, 100.000 sont restés là bas.

Les clandestins du nouveau monde brésilien sont des Européens. Confirmation de ce retournement de l'histoire dans Courrier International . Article d'un journal de Sao Paulo intitulé "Tiens ! Voilà les cousins pauvres d'Europe". Les arrivées illégales d'Espanols semblent se multiplier. Brasilia a durci récemment les conditions d'entrée.

En Europe désormais on se prépare à un plan de sauvetage de l4espagne, 4ème économie de la zone Euro. Les premières études ont discrètement lieu sur la nécessité de mobiliser les fonds de secours, écrivent Les Echos .

Et parmi les mesures envisagées, lever le tabou :

Si trop d'austérité tue la croissance, faut-il davantage de temps aux Espagnols pour ramener leurs déficits sous les 3% ?

Sans l'afficher officiellement, complète Le Figaro , il s'agit de laisser filer l'objectif de réduction du déficit budgétaire pour la quasi totalité des pays de l'Union européenne, France comprise.

Rigueur contre croissance. Voilà le débat relancé par les propos de Mario Drgahi également. "Nous avons un pacte budgétaire mais nous devons revenir en arrière et en faire un pacte de croissance" dit le président de la banque centrale européenne. Le changement de priorité fait « bien sûr le miel de François Hollande » écrit Le Figaro .

Les Echos mettent un bémol : on ne s'oriente pas vers une relance de type keynésien, mais des mesures structurelles pour baisser les charges salariales ou fluidifier le marché du travail.

Dans Les Dernières nouvelles d'Alsace Jean Claude Kieffer fait le lien entre cette nouvelle donne et le contexte politique en France, même si l'économie est le premier facteur. "Le Premier tour de la présidentielle française marqué par le rejet de l'austérité et la percée du Front National hostile à l'Euro n'est sans doute pas étranger à ce revirement dans l'Euroland."

La percée du Front National et ses conséquences politiques, on y vient

Et vos amis de Libération , Nicolas Sarkozy jouent à pile ou face à la Une. Après la photo noir et blanc, de face et la citation d'hier, « Le Pen est compatible avec la République ».

Ce matin, photo couleur, de dos, le cadrage est le même. Et cette question : « Sarkozy est-il compatible avec la droite ? » L'UMP est inquiète de la stratégie Sarkozy peut on lire en page intérieur. A droite, certains regrettent la tentative de séduction des électeurs frontistes plutôt que la défense du bilan présidentiel.

Pour Nicolas Demorand, dans l'éditorial, « un désarroi idéologique vertigineux saisit la droite », « déchirée entre les valeurs humanistes du centre et les pulsions extrêmes de sa frange dite populaire. Clivée par les tenants du colbertisme et ceux qui, in petto, restent libéraux. Le tout sous l'ombre tutélaire et si encombrante du gaullisme. »

François Hollande aussi est aux prises avec le vote FN

...et le vote de la colère. Manchette du Monde le titre d'un reportage de Thomas Wieder. Il a suivi le candidat socialiste dans l'Aisne mardi. Sous la pluie, en l'attendant, il a parlé avec des gens venus écouter François Hollande,

Sabrina, 35 ans, travaille en rayon chez Ledar Price. Au premier tour : Mélenchon. Pourquoi ? « Parce qu'il parle aux salariés, pas aux assistés.

Est-ce le cas de Hollande ? Et son allocation de rentrée scolaire, c'est quoi, vous croyez ? Nous les pauvres gens, ce qu'on veut c'est du boulot et des salaires, pas des allocs. S'il nous gonfle avec l'assistanat dans les quinze jours qui viennent, ce sera niet. Et dans 5 ans s'il n'est pas à la hauteur, c'est triste à dire mais on votera Marine. »

Dans Le Figaro , le géographe Christophe Guilluy, l'auteur de « Fractures françaises » dit ceci : « Si je me base sur la réalité sociale et culturelle du pays, le second tour reste ouvert. »

Dans Valeurs Actuelles , François d'Orcival additionne droite traditionnelle et extrême droite. En 2002, cela faisait 12 millions et demi de voix. Cette année 4 millions de plus. « La France s'est droitisée»

Alors reconquérir les électeurs de Marine Le Pen, oui mais jusqu'où ? La fin ne justifie pas tous les moyens, c'est le titre de l'édito du Monde , cinglant à votre égard.

« Le président sortant a franchi la frontière entre compréhension et compromission. Certes, il a assuré mercredi qu'il n'y aurait pas d'accord avec le FN ni de ministres Front National s'il est élu. Mais il a désormais adopté le langage, la rhétorique et les obsessions de Madame Le Pen. (…) C'est une faute politique, (…) une faute morale (…) et un aveu d'impuissance. »

Dans cette presse souvent sévère, un homme vous soutient : Valéry Giscard d'Estaing. Je voterai pour Nicolas Sarkozy dit l'ancien président dans Le Parisien-Aujourd'hui en France . « On nous offre le choix entre deux approches : la facilité et le redressement (…) Nicolas Sarkozy est le plus crédible pour redresser le pays. (…) François Hollande laisse croire que l'on pourra toujours payer. »

Retour en Espagne pour terminer cette revue de presse

Sale semaine, l'économie est en berne et Barcelone et le Real n'apportent même pas la part de rêve dont certains auraient besoin. « Surprise, surprise », titre L'Equipe . Après les petits génies du Barca, les grandes stars de Madrid, sont tombées en demi-finale de la ligue des champions de football. Défaite face au Bayern Munich, aux penalties. Sergio Ramos, Kaka et Ronaldo ont après un match beau, interminable et épuisant.

Dans le quotidien sportif de Madrid, Marca , l'entraineur José Mourinho défend ses joueurs avec ce mélange d'arrogance et de flamboyance qui fait sa marque.

« Ceux qui manquent leur penalties sont ceux qui prennent le risque de les tirer. Ceux qui ratent sont ceux qui ont des couilles. 3 de nos joueurs ont échoué mais ce sont les meilleurs. Ces gars là ont couru comme des bêtes pendant 2 heures et puis ils sont tombés. Mais est-ce que vous voulez qu'ils jouent jusqu'à la mort ? »

Mourinho se consolera avec le championnat d'Espagne, le Real est en tête. « Oui, nous allons gagner le championnat, ce sera fantastique, mais nous voulons plus. Il y a un grand espace pour croitre. » Même l'entraineur du Real Madrid parle de croissance…

A demain.

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