Dans la presse ce matin, à l’est, vers « l’orient compliqué »…

« Nous sommes à Til Koçer, une agglomération du nord-est de la Syrie, écrit Paris Match, à la frontière avec l’Irak. Ici, les Kurdes des Unités de protection du peuple sont en première ligne contre Daesh. » L’envoyé spécial de Match, François De Labarre a rencontré quelques djihadistes fait prisonniers par les combattants kurdes. Abdullah Ahmed, 22 ans, qui récite : « nous avons pris les Yézidis pour les emmener à Mossoul, nous avons tués les hommes et violées leurs femmes. C’est normal, c’est un cadeau pour les guerriers, dit-il. » Rached Abdoul Khattab, 23 ans, lycéen à Mossoul, « et un tableau de chasse qui le rend aussi fier que ses bonnes notes à l’école », écrit le reporter : 11 personnes exécutées.

Et puis, Leith Ahmed Mohammed, 22 ans, « il aurait préféré mourir en martyr comme son frère ainé. Mais le sort ne l’a pas voulu, il est prisonnier. »

François De Labarre conclu sur le désintérêt de l’occident, sur la France qui « abandonne » les soldats kurdes. « François Hollande a toujours refusé d’intervenir auprès de ces combattants kurdes de Syrie, explique-t-il, sous prétexte que cela rendrait service à Bashar el Assad. En fait, la raison des réticences françaises se cache en Turquie : les hommes du bataillon kurde de Syrie sont proches du PKK turc, toujours inscrit sur la liste des organisations terroristes. »

L’orient compliqué. Incertain…

Comme le sort du pilote jordanien tombé entre les mains de Daesh, mais « accident ou missile, écrit le Figaro, l’incertitude prévaut sur les conditions du crash de son F-16 » Georges Malbrunot raconte : « immédiatement après la capture du pilote, des tchétchènes, membres de Daesh auraient voulu l’exécuter. Mais les irakiens s’y sont opposés. Et que peuvent-ils demander, si c’est bien la voie de la négociation qui est retenue ? L’arrêt de la participation de la Jordanie à la coalition anti-Daesh a d’ors et déjà été rejeté par le ministre de l’Information à Amman. »

De l’est au sud, un petit peu plus au sud…

Oui, revenez légèrement vers l’ouest et vous y êtes. Sur le continent Africain, en Mauritanie. Pour la première fois depuis l’indépendance en 1960, un homme a été condamné à mort pour « apostasie ». Blasphème contre Mahomet. En cause : un article publié sur internet pur contester les décisions prises par le prophète durant les guerres saintes. Paradoxe : la Mauritanie est l’un des Etats qui combat Aqmi, Al-Qaeda au Maghreb Islamique.

L’éditorial de Louis Bigot dans le républicain Lorrain traduit l’incompréhension : « cette sévérité de la justice tranche singulièrement avec l’engagement des autorités mauritaniennes contre le terrorisme au Sahel. Elle témoigne de la duplicité des régimes islamiques et des théocraties, imposant à leurs peuples la charia, tout en prétendant combattre ceux, qui, à l’image de Daesh, en feraient un usage perverti. »

Incompréhension et impuissance…

Des mots qui résonnent aussi pour ceux qui, ils y a dix ans, ont survécu au Tsunami en Asie du Sud-Est. Ce matin, vos journaux égrènent les récits des naufragés, des sauvés, des sauveurs, des sauveteurs. Ceux qui ont guettés les disparus.

Entre autres, cette initiative du Programme Alimentaire Mondial rapportée par le site internet du Guardian. En 2004, l’organisation avait demandé à des enfants de Banda Aceh en Indonésie, de dessiner le tsunami. Dix ans plus tard, ces enfants devenus adultes ont été réunis pour évoquer leurs souvenirs. Le quotidien britannique affiche une photo de Fir, 21 ans, policier, qui tient son dessin dans la main : un immense rouleau de vague noir, fixé au crayon, et les corps esquissés grossièrement qui flottent sur la mer. Une scène reproduite dix fois. Toujours en couleurs, toujours avec les corps. Seul le dessin d’Afia, 8 ans à l’époque, montre l’aide humanitaire : « c’est un étranger qui m’a sauvé la vie, dit-elle, je me rappelle que je tenais la main de ma mère, j’ai senti l’eau nous frapper dans le dos et soudain je ne serrais plus sa main. » Et l’histoire fini bien : sauvée séparément, toute la famille s’est retrouvée miraculeusement le lendemain….

Et nous, ici, en France, de quoi se préoccupe-t-on ?

De digérer Noël, Bruno. Trop mangé, trop bu… trop reçu aussi. Libération s’interroge sur la société de l’accumulation et ses 8 cadeaux de Noël par français en moyenne : « l’accumulation est un pouvoir, explique Valérie Guillard, spécialiste en marketing, c’est un signe de réussite sociale. »

De quoi se préoccupe-t-on ? De s’indigner que le jeu vidéo « offert au grand pour Noël » ne marche pas. C’est à lire sur lemonde.fr. Les serveurs des consoles X-Box et Playstation ont été attaqués par des hackers.

De quoi se préoccupe-t-on, donc ? Mais de la neige, bon sang ! La preuve avec ce petit encart publié dans le Bien Public : « sur notre site internet, l’article le plus consulté hier a été : premiers flocons de neige attendu ce week-end », avec plus de 36 000 vues.

De quoi se préoccupe-t-on ? De ce prix du pétrole… qui baisse à la pompe, certes, mais qui ne baisse pas assez. Pour Le Parisien, les distributeurs gonflent trop leurs marges.

Le même Parisien qui nous parle du nouveau chien de François Hollande. Un Labrador nommé Philae, offert par la fédération des anciens combattants français de Montréal : « le président a décidé d’accepter ce cadeau canin, « recevoir ce chien, c’est assurer la continuité de l’Etat et de la fonction présidentielle », sourit un collaborateur de François Hollande. » Le journal précise que tous ses prédécesseurs ont effectivement eus un labrador.

Et si le chien fait le président, le gaulois fait-il le français ? Dossier du Figaro Magazine. De quoi se préoccupe-t-on ? De défendre Astérix, « victime, écrit l’hebdomadaire, des stéréotypes et des caricatures », et pour cause, « l’essentiel de ce que l’on connait des gaulois vient de Jules César, qui avait tout intérêt à les présenter comme des barbares agressifs et sanguinaires. » Le gaulois est civilisé et raffiné. Tenez-vous le pour dit…

Du passé vers l’avenir, la presse se penche aussi sur le futur…

Un futur où certains savants rêvent de Frankenstein. Paris Match fait le portrait de Sergio Canavero, neurochirurgien à l’université de Turin, qui promet « une greffe de tête dans deux ans. » : « J’évalue une telle transplantation à 10 millions d’euros, dit-il, cette expérience ouvre la possibilité de la vie éternelle ou du moins, d’une extension de la vie. »

Cauchemardesque, mais pas irréaliste. « L’accélération du bricolage du vivant » fait aussi la Une du dernier numéro de France Culture Papier. Le chirurgien Laurent Alexandre y affirme : « il est tout à fait possible que nous soyons l’avant-dernière génération à mourir. »

Mais où va donc le monde ? Cette planète Terre dont bien peu d’homme ont pu constater la petitesse depuis l’espace. Buzz Aldrin fait partie de ceux-là, et le mensuel GQ, lui consacre un long portrait. C’est à lire sur le site américain de la revue. « The dark side of the moon », la face cachée de la Lune. La face cachée surtout d’un homme qui ne veut plus qu’on lui en parle, de la Lune. Pour lui, le monde doit aller vers Mars, en 2032 précisément : « alors maintenant, dit-il, Obama veut envoyer un homme sur un astéroïde ? Autrement dit, faire joujou avec caillou de type « Mickey Mouse de l’espace » ! Il faut qu’on se débarrasse de ce genre d’idées. Moi, je propose une nouvelle voie pour aller sur Mars ! »

A lire GQ, Aldrin passerait presque pour un doux dingue, impossible à suivre mais attachant. « Ce type doit continuer, conclue le magazine, dithyrambique, il est vieux, et il n’a plus beaucoup de temps, mais quelqu’un doit faire décoller cet homme. »

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