De l'Ardennais à Libération, la presse vit il y a 20 ans, quand les tempêtes Lothar et Martin dévastaient le pays. Orange risque de payer 2 millards aux employés de France télécom du temps du "harcèlement institutionnel", les Echos. Le Noel 1939 à Montceau-les-Mines d'un aviateur polonais, Journal de Saône-et-Loire

On parle de tempête ce matin...

Mais une tempête, deux tempêtes du siècle passé, et c'est une étrangeté de lire tant de journaux qui semblent dater d’il y a 20 ans, du 26 décembre 1999, quand la tempête Lothar dévasta au Nord l'Ouest puis l'Est du pays, suivie le lendemain au Sud par la tempête Martin... La tempête du siècle, les mots reviennent en boucle et vous verrez alors des photographies de milliers d'arbres couchés, de maisons éventrées, et vous lirez des souvenirs aussi frais et terribles qu'au premier jour: "Attention le toit tombe le toit tombe", criait le frère d'Isabelle à Romery dans la Marne, c'est dans l'Union et l'Ardennais qui se souviennent des repas à la bougie et aux lampes à pétrole en Champagne Ardenne dévastée... A Louvigné des désert, c'est dans Ouest-France, Jacques Lagrève y perdrait un poulailler et 16000 volailles, à Puttelanges-au-lac en Lorraine, Marie Koune allait mourir quand un sapin tombait sur elle sur le parvis de l’église, se souvient le Républicain lorrain qui consacre plus de dix pages à cette journée funeste où les arbres tombaient comme des dominos…

Et ce sont les mêmes mémoires ressemblantes et uniques dans la Montagne le Populaire du Centre l'Echo républicain le Bien public et le Progrès le Dauphiné, des mémoires de toute la France. Libération raconte la guérison de nos forêts d'Alsace où les insectes se sont nourris et les piverts se sont logés dans les troncs abandonnés, la forêt au long des siècles guérit sans nous mais elle est menacée par une tempête silencieuse, celle du réchauffement climatique dit Libé, et par un parasite, ajoute l’Union, un insecte tueur d'arbres, les scolytes, en sortirons-nous. 

Le Télégramme étrangement, ne parle pas de la tempête vingtenaire mais se demande, depuis la Bretagne encore tempérée, si demain, on pourra encore vivre dans le Sud de la France, et la sollicitude est glaçante. La Voix du nord me dit qu'on respire des pesticides en ville.

Allons. Le Figaro se drape dans notre gloire éternelle et me dit les jardins du château de Versailles dévastés il y a vingt ans et qu’on a réparé reconstruit en mieux, puisqu'après la tempête, on a respecté la mémoire et les emplacements des plantations royales. Je lis sur le site de France bleu qu'on a reconstruit aussi le moulin de Valmy, haut lieu de notre révolution, qui tiendra désormais des siècles. Y croyons-nous.

L'humanité se souvient qu'en 1999 elle célébrait le service public, ces tavailleurss de l'électricité notamment qui avaient rétabli le courant à la France, mais nos services publics sont affaiblis dit le journal communiste, nous serions moins prèts qu'autrefois à vivre les catastrophes...

Les hommes donc. Dans le Figaro, je lis un village des Alpes-Maritimes qui vient de sortir d'une autre méchanceté naturelle. Le 14 avril 2018, un glissement de terrain l'a coupé du monde, on vient enfin de rouvrir une route, un chemin.. . Ils ont appris entretemps, ces déroutés, comme on les appelle, la solidarité et la débrouillardises.

Les Echos témoignent d'un autre catastrophe, elle vieille une douzaine d'années mais qui a juste été jugée, celle des suicidés de France télécom, dont Orange, nouveau nom de la firme ex-publique, pourrait souffrir à son tour. Une petite phrase est passée inaperçue dans le jugement du 20 décembre dernier qui actait un harcèlement moral institutionnel de la part de l’entreprise. Tous les salariés de l'époque, 2007 et 2008 sont fondés à agir et à réclamer des réparations, ils et elles étaient 130000, et le risque s'élèverait à 2 milliards d’euros...

On parle aussi de guerres ce matin...

Et ayant fait le tour de nous mêmes il faut lire ce matin la Croix pour ces mots.

"Elle marche, spectrale, le regard fixe et sans âge. La couche de poussière sous laquelle son visage et ses vêtements sont ensevelis l’a transformée en l’une de ces âmes errantes qui hantent, la nuit, les cauchemars des Sahéliens. Elle porte dans ses bras, couvert de la même poussière blanche, du sable clair, un enfant, son fils. Un squelette de 10 mois, un petit bout en train de mourir." 

Et par la description de cette mère elle s'appelle Fadi, qui amène son enfant aux urgences de la ville de Dori, qui est venue en moto avec l'enfant malade pour fuir les bandits qui dévastent la région, la Croix nous fait entrer dans la tragédie du Burkina faso ravagé par la guerre et les djihadistes... Le nord du pays se disloque, voilà les tempêtes que l'on connait là-bas... 

La Croix encore et libération me racontent la syrie et la Noel des derniers chrétiens de la vallée du Khabbour où les turcs campent désormais.

Le Monde, dans un article glaçant, me raconte des enfants qui aujourd’hui ne font plus de rêves, dont le monde s'est écroulé et dont les cheveux parfois sont tombes d'un coup il y a 5 ans quand sont venues le bruit et la lumière des bombes, quand la guerre est venue à l'Est de l’Ukraine: « Maman je ne veux pas mourir disait son fils de 5 ans », à Ioulia, il semble aller mieux, le croit-on. Un livre dont Libération rend compte rappelle la grande famine en Ukraine du temps du communisme, l'Holodomor provoqué par la collectivisation des terres et qui emporta 5 millions de personnes. Le mal revient en cycle, dans les tempêtes...

Et de l'histoire pour finir...

Et d’autres charniers enfouis. 

Dans la forêt de Beaulieu sur Layon reposent, c'est dans le Courrier de l'ouest, les restes de 1362 soldats républicains tués face aux Vendéens insurgés le 19 septembre 1793, et transportés dans ce qui était alors une carrière d’argile. Le site longtemps laissé à l'abandon est veillé par une femme, Françoise Cerizier Parent, comme un hommage à des ennemis: elle se dit cette femme " royaliste tendance Bourbon". Erte royaliste ainsi, est-ce poésie.

Dans le journal de Saône-et-Loire, je vois la photo si belle en noir et blanc d'un homme en uniforme, qui pose au milieu d'une famille et porte deux enfants sur ses genoux, un petit garçon tire la langue, il s'appellait Lucien et n’a rien oublié. 

A Noel 1939, la famille Paczynski, des travailleurs immigrés venus de Pologne, accueillait à Montceau-les-mines un compatriote, l’aviateur Aleksander Pietrazak, un as de l'armée de l'air de Pologne, notre alliée qu'Hitler avait envahie. Après cette photo, nous perdrions la guerre, le père et les oncles du petit Lucien se battraient au maquis, l'aviateur Pietrazac irait en Angleterre être un as de la RAF et mourrait en 1945... A Pau me dit la Croix, on a fêté Noel dans les familles de militaires en pensant aux amis mort au Mali. Le courage aussi, revient par cycle comme les tempêtes.

Le bonheur également.

On a retrouvé à Bessans en Savoie un livre de chant de Noel du XIXe siècle me dit le le Dauphiné, qui me livre aussi les menus de fêtes d'il y a cinquante ans: « caviar glacé à la vodka, ragoût de crustacés, salmis de bécasse, noisette de chevreuil aux truffes fraîches et sa mousseline de marrons, bûche de Noël, ananas glacé ». Après la guerre on faisait bonne chère. On y avait bien droit. Je lis dans l’Ardennais que Bryan, 19 ans, va ouvrir sa propre boulangerie. Merci à lui d’exister.

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