Pour de la farine périmée, un pâtissier de l'Eure est prisonnier en Australie, Paris-Normandie, Ouest France. Le patron de Huawei charme l'Europe dans le Figaro. Un musée englouti à Marseille, la Provence. La mort de Roland Leroy, cheminot, résistant, communiste, ami d'Aragon et de Roger Vaillant, et âme de l'Humanité.

On parle d'un cardinal condamné pour viols sur mineurs... 

Et cette nouvelle tombée cette nuit en Australie n'est pas dans nos journaux de papier mais elle est à la une du site du Monde et elle déchire les grands journaux anglo saxons, tel le Guardian britannique que je vous incite à lire en détail ce matin, si vous parlez anglais, pour saisir l'ampleur d'un scandale... 

Le cardinal Pell avait été le troisième personnage le plus important de l'Eglise catholique, un proche du pape François et son ministre des finances, il était aussi une figure en Australie: il tenait une ligne de rigidité de moeurs absolue, obsédé par la condamnation du sexe et fustigeant l'homosexualité...

Mais le 11 décembre dernier, à l'unanimité du jury, une cour de Melbourne proclamait ceci.  En décembre 1996, après avoir célébré la messe solennelle de la Cathédrale Saint Patrick, Pell, archevêque de Melbourne, avait introduit de force son pénis dans la bouche de deux garçons de de 13 ans, les masturbant et se masturbant aussi bien. 

Et ce 11 décembre 2018, écrit le Guardian, Pell comprit qu'il irait sans doute en prison...

Le 11 décembre, il y a plus de deux mois, et pourtant nous n'en avons pas parlé et c'est une erreur et d'abord de ma part, qui lit pour vous les journaux, et cette erreur s'explique aussi si elle ne se justifie pas 

Pour la bonne marche de la justice, pour ne pas fragiliser une autre procédure qui visait le cardinal, le parquet de l'Etat de victoria avait décrété en juin dernier une censure absolue de toute information concernant l'affaire Pell... Et il n'y eut donc pas de gros titres. La nouvelle filtra pourtant, dans le Washington post, le 12 décembre, et le New york times publia un article dans son édition de papier, mais pas sur le web, pour qu'il ne puisse pas être lu en Australie, il est en ligne désormais.

En Australie, la cour de Melbourne avait écrit à plus de cent journalistes et responsables de journaux pour les avertir qu'ils risquaient la prison s'ils écrivaient sur le procès Pell. Le Herald Sun paraissait avec une une noire barrée de ses mots, "le monde entier parle d'un événement qui vous concerne mais nous ne pouvons rien vous dire"...  

Mais le monde entier n'en parlait pas, juste un peu, le Monde raconta le 18 décembre cette censure australienne, j'aurais pu m'en rendre compte. Ce mardi 26 février, la justice de l'Etat de Victoria a renoncé à la deuxième procédure contre Pell, et a donc levé sa censure et tout ressort, et au surlendemain du grand colloque du Vatican contre les abus sexuels, nous parlons d'un homme tout puissant de l'Eglise, gardien de ses moeurs et violeur d'enfants, j'aurais du vous en parler avant...

Un pâtissier français est retenu en chine…

Et cette affaire témoigne d'une autre puissance. L'homme s'appelle Laurent Fortin de Bourg Achard dans l'Eure, Paris-normandie nous en parle après Ouest-France, il était parti tenter l'aventure à Shangaï dans une chaine de boulangerie, "Farine bakery", mais la farine justement était périmée... Et d'une dénonciation, d'un contrôle sanitaire, d'une bronca des internautes chinois, Laurent Fortin s'est retrouvé en prison, puis en liberté conditionnelle et vient d'être condamné à deux ans et cinq mois de prison, avec sursis, ouf. Mais il ne peut pas quitter le pays avant la fin de ce sursis et et sa famille s'inquiète, mais ne le crie pas trop. Il ne faudrait pas fâcher les autorités chinoises.

Et cette affaire, mineure, dit deux choses. Elle est un peu vexante, cette histoire de pâtisserie française pas nette, cette semaine où du salon de l'agriculture nous célébrons nos gouts et tradition (que j'aime dans Midi Libre ce portrait d'un éleveur d'escargots du Gard)... Et elle illustre à quel point la Chine opaque nous inquiète?

Dans le Figaro, un chinois vient nous rassurer, monsieur Ken Hu président de Huawei, géant des télécommunications que l'on soupçonne de vouloir devenir notre maitre et d'être le faux nez de l'espionnage chinois. Mais Monsieur Hu nous le promet, jamais son entreprise ne nous espionnerait, au risque de perdre des marchés, et ce n'est pas notre intérêt à nous européens, de suivre les campagnes américaines, et Huawei veut un dialogue international et inclusif, fondé sur le droit la liberté et la coopération; les valeurs européennes! 

En Asie, lis-je dans le Monde, des voix s'élèvent contre la puissance chinoise. Dans la Tribune, hebdomadaire d'économie, que sur la plateforme de discussion Reddit, des internautes américains postent des Winnie l'ourson depuis quelques jours... Parce que Winnie  serait banni en Chine, utilisé pour se moquer du président Xi Jinping. Et Tencent, géant chinois est entré dans le capital de Reddit... La culture nous sauvera.

Et un homme de culture est parti. 

Qui aurait changé peut-être les destinées de la gauche s'il avait dirigé le parti communiste... Roland Leroy n'aura été que le directeur de l'Humanité, qui l'accompagne avec des mots choisis, la culture et la révolution, l'élégance de l'engagement, paris Normandie parle d'un homme immense, il était normand, et allez lire, vraiment, l'histoire de ce jeune cheminot qui entra dans la résistance, qui dans la guerre d'Algérie soulevait une caserne à Rouen, dont les 600 pioupious refusèrent d'aller combattre en Algérie, et qui fut l'ami d'Aragon et de Roger Vaillant, un prince, et de Jean d'Ormesson aussi avec qui il disputait pour l'honneur de la politique, et communiait dans le charme...

Roland Leroy s'en va dans un monde où l'on se bat encore mais la culture manque, elle nous donne la paix.

Dans la Provence qui barre sa Une d'une enquête sur les tueurs des guerres de la drogue qui ravagent les cités, écho à Valérie Pécresse qui avertit dans le Figaro encore que la crise des gilets jaunes masque des banlieues au bord de l'explosion... Dans la Provence, ceci: un musée va être créé au au fond de la mer, devant la plage des catalans, on y noiera des statues qui deviendront les ornements d'une cathédrale de silence...

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