Patrick Cohen : Dans la presse ce matin : crever la bulle... Bruno Duvic : Il a 13 ans, fait ses devoirs et se gratte la tête. La leçon porte sur l'identité nationale. "Merde, dit le gamin, fils d'immigré c'est français ou étranger ?" Ce dessin, on le trouve cette semaine dans L'Express. "BD, c'est l'ébullition" titre Télérama. "La BD en voit de toutes les couleurs" ajoute L'Express, à la veille de l'ouverture du Festival de la Bande Dessinée d'Angoulême. Une génération d'auteurs aborde le thème de l'immigration en France. Les artistes prennent la parole dans les journaux cette semaine, et dans un autre domaine, Jamel Debbouze qui remonte sur scène, n'est pas le dernier à avoir la tchache. On peut être agacé par les déclarations parfois à l'emporte-pièce, parfois politiquement correcte de Jamel. Mais dans cette interview, toujours dans L'Express, le compagnon de la journaliste Mélissa Theuriau a un joli sens de la formule et de la sincérité. "Mon égo, il pèse 300 kg, il est gras, il n'arrive plus à se déplacer. Mais au départ, il était squelettique. J'ai toujours eu envie d'exister, mais quand tu es arabe, handicapé, pas très grand, pas très beau, c'est compliqué ! Chaque fois que je parle de moi, j'ai l'impression de sortir les violons, mais je vous jure que c'était compliqué, difficile, humiliant. Tout cela nourrit la honte, j'avais honte de tout : de mes fringues, de mes parents, de mes cheveux, de mes pieds. Mais la honte est un moteur formidable !" Jamel explique qu'il a émergé au moment où sociologiquement, il se passait un truc. « La France était prête à entendre que les Arabes ne sont pas que des voleurs ! On pouvait se revendiquer Français. Moi, j'ai grandi ici : je suis un "icissien". « Mais tout n'est pas réglé, loin de là ! On n’est évidemment pas dans le monde de "oui-oui". Mais là, j'ai l'impression qu'on est dans le monde de "non-non". « On est en 2011 et la mixité du couple est encore un sujet de débat. Je reçois des messages me remerciant d'avoir épousé une Française, mais aussi énormément de lettres d'insultes. Aujourd'hui, je vois quand même des signaux. Mon fils s'appelle Léon Debbouze. Alors, je rappelle une chose simple : dès que les gens font connaissance, ça va mieux !" Et il décrit l'appréhension qu'avaient sa famille et sa belle-famille l'une envers l'autre. "Je n'avais pas breiffer mes beaux-parents sur le cérémonial du mariage marocain. Quand Mélissa s'est retrouvée sur le grand plateau, sa mère pensait qu'on allait la faire cuire !" Qu'est-ce qui vous fait courir aujourd'hui ? lui demande L'Express en conclusion : « Je veux plaire à ma femme et à ma mère ! » Patrick Cohen : Il y a les bulles de bandes dessinées et les bulles législatives... Bruno Duvic : "Récidivistes, Sarkozy veut durcir la loi" titre Le Figaro. Annonce faite hier, après la disparition de Laëtitia à Pornic. Laëtitia probablement victime d'un récidiviste dont le suivi judiciaire n'était pas correctement assuré. Faut-il pour autant une nouvelle loi ? "Bien sûr, écrit Jacques Guyon dans La Charente-Libre, on ne peut pas ne pas s'indigner comme le chef de l'Etat, mais force est de constater qu'une fois encore, il fait appel à son équation favorite : un fait divers égale une nouvelle loi. Or, force est de constater que cette sur-réactivité se traduit par une inflation de loi plus que par des résultats. Ce n'est pas l'arsenal juridique qui fait défaut, mais son application". Dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau donne quelques chiffres : sur 59 lois votées en 2009 sur les sujets les plus divers, trois seulement sont intégralement applicables. Rien que sur la récidive, rappelle Jacques Camus dans La République du Centre, cinq lois ont été votées ces dernières années. Guyon reprend dans La Charente-Libre : "Le bracelet électronique, par exemple, présenté comme une révolution. On a appris hier que seulement moins de cent sont en circulation en France". Résultat : les députés UMP se sont rebiffés hier, souligne Michel Vagner dans L'Est-Républicain. Ils n'ont pas caché leur scepticisme face à l'idée d'une énième loi. Patrick Cohen : Quoi d'autre dans la presse, Bruno ? Bruno Duvic : Bulles de chaleur... Peut-on jouer la Coupe du monde, l'été, au Qatar ? Il y fait jusqu'à 50 degrés. Alors, jouons l'hiver ! L'Equipe lance aujourd'hui le débat avec l'appui de Michel Platini. Le caricaturiste Chenez dessine un joueur français évidemment râleur : "C'est quand même très con de nous faire jouer en après-ski !" Bulle régionale et fragile... "L'enseignement du Breton manque de profs"... c'est la Une de Ouest-France aujourd'hui. Un peu plus de 200.000 personnes parlent Breton aujourd'hui. On en prévoit plus que 120.000 en 2017. Envolée comme une bulle... "Auto-Plus" publie le palmarès 2011 des voitures les plus volées. Sur le podium : la Twingo Un, la Smart Fortwo et la Megane Deux. Les autres sujets de Une... "Mélenchon, l'homme qui veut faire perdre DSK" dans Libération. Dans Libé encore, un dossier sur les ascenseurs toujours en panne. Le journal raconte l'histoire d'un jeune homme handicapé, coincé dans son appartement parisien depuis le 1er janvier. A la Une du Parisien, le rapport sur les conflits d'intérêt. Et puis, la Tunisie : "Paris-Tunis : pourquoi il faut révolutionner nos relations" dans L'Humanité. Patrick Cohen : Et à propos de la Tunisie, les artistes et le monde de la culture prennent la parole dans Télérama... Bruno Duvic : Et notamment cette libraire installée sur l'avenue Bourguiba, en plein coeur de Tunis. On a beaucoup vu sa vitrine, ces derniers jours à la télévision, puisque très vite après le déclenchement de la révolution, elle y a mis des livres interdits par le régime. Elle s'appelle Salma Jabbès. Elle raconte ce que c'est d'être une libraire la plus indépendante possible sous une dictature. "Ce n'était pas des actions héroïques, loin de là, dit-elle. On a fait ce qu'on a pu à notre petit niveau". Ne jamais avoir mis en vitrine, en 23 ans, la photo de Ben Ali, c’est déjà un acte. Ne pas avoir signé la circulaire ordonnant de trier les livres en fonction des intérêts de la Tunisie, c’est un autre acte. Vendre un manuel d'Histoire avec une caricature du dictateur peut vous valoir de gros ennuis : descente de police, fouille d'ordinateur et librairie fermée. Salma Jabbès a un sourire un peu las : "Il n'y a pas que l'argent dans la vie". Mais la Tunisie, là encore, ce sont qui ont de l'humour qui en parlent le mieux. La révolution est-elle contagieuse ? Ségolène Royal s'interroge dans une caricature de Charlie-Hebdo. Elle se demande si l'expression "révolution du Chabichou" est déjà déposée sur Internet. Et puis, comme toujours dans le monde arabe, les évènements politiques donnent lieu à de multiples blagues. Le "monde.fr" en publie quelques-unes, sur cette révolution toujours en cours, Ali Baba est parti, mais pas les 40 voleurs. Mais c'est surtout sa famille, et en particulier sa femme, ancienne coiffeuse, qui est accusée de tous les vices. Alors, une petite annonce circule de bouche en bouche. C'est une offre d'emploi : on cherche un nouveau président pour la Tunisie. C'est un CDD, les débutants sont acceptés. Qualités requises : orphelin, fils unique, stérile et chauve.

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