Aurélie Dupont se lâche contre son prédécesseur; Fillon ne lâche pas sa femme, Hamon et Valls lâchent leurs coups mais en douceur

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Vous commencez ce matin par des petits règlements de compte entre amis

« Mais qu’a-t-il secoué ? Rien du tout ! En 2 ans, personne ne secoue rien ! je ne suis pas contre le changement, mais faut avoir le courage de rester longtemps pour assumer ce qu’on promet de faire. Mettre le foutoir et répéter « faut que ça change, faut que ça change » puis partir sans avoir rien changé, c’est moyen non ? »

Qui parle ? Valls à Hamon, l’inverse ? Vous n’y êtes pas ! Cette charge, c’est Aurélie Dupont, ex danseuse étoile aujourd’hui à la tête de l’opéra de paris qui la mène. Contre son prédécesseur donc, Benjamin Millepied qui a claqué la porte de l’institution il y a tout juste un an, en dénonçant sa « sclérose ». Les 4 vérités d’Aurélie Dupont font la Une du supplément Styles de l’Express, et c’est du brutal !

A la Une de la presse ce matin, du « brutal » encore autour des soupçons qui pèsent sur la réalité de l’emploi occupé par Pénélope Fillon

« Sortie de route pour Fillon ? » s’interroge Paris Normandie le Havre, avec une photo du couple dans une voiture, François Fillon étant on le sait amateur de bolides, Marianne affiche « L’affaire qui peut faire tomber Fillon, la vérité si je mens », le dessinateur Kak à la Une de l’Opinion s’amuse à dessiner Fillon en Ulysse et Pénélope en Pénélope, le premier s’interrogeant devant un métier à tisser Fillon 2017« dis-donc pénélope, c’est juste une impression ou la tapisserie est moins avancée qu’hier ? ». Mais la palme de l’attaque, attaque de papier j’entends, revient à notre confrère Benoit Lasserre de Sud-Ouest, en première ligne hier à Bordeaux : « La grippe aviaire n’a pas tué tous les canards de France. Et celui du mercredi a lâché hier un encombrant boulet sur le candidat François Fillon. Sa venue à Bordeaux, où il devait médiatiser ses retrouvailles avec Alain Juppé a évidemment été gâchée par les révélations du volatile. » Dans le volatile, le Canard enchainé bien sûr. Et pan sur le bec : les éditorialistes soulignent tous le retour de boomerang pour l’intègre, voire austère Fillon. L’Humanité se gausse de ce » Pauvre Fillon, qui dans son storytelling idéal, aurait tant aimé tenir la fable du chevalier blanc de la politique ». Grégory Marin fait semblant de s’étonner : « manquer à ce point de rigueur, un comble quand on n’a que ce mot à la bouche ». Quant à la défense de François Fillon sur les « boules puantes » et la « misogynie » de l’article du Canard, elle est jugée peu convaincante. Le site les Nouvelles News rapporte toutes les coupures de presse qui prouvent que Pénélope Fillon a souhaité elle-même se forger cette image médiatique, de femme au foyer éloignée du rôle politique joué par son mari. Renaud Dély dans Marianne affirme que Fillon se trompe de défense, et de combat : « Avec la campagne pré¬sidentielle dit il, c’est la séquence de l’explication démo¬cratique qui s’est ouverte. Elle exige que ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions assument la plus parfaite transparence sur leurs pratiques politiques » Et de citer Mendès France, qui estimait que sans honnêteté de ceux qui jouent un rôle dans les institutions « il ne pouvait y avoir de démocratie ». Conseil de Dominique Jung dans Les dernières Nouvelles d’Alsace : « Au lieu d'apprendre aux candidats à soigner leur diction et leur apparence écrit-il, les coachs en politique devraient commencer par l'essentiel : la cohérence entre la parole et les actes." Le site du Huffington post compile lui, les tweets exhumés hier du désormais candidat «ll y a injustice sociale entre ceux qui travaillent dur pour peu, et ceux qui ne travaillent pas et reçoivent de l'argent public" twittait fillon en 2012. ».

« Depuis hier soir, Fillon doit bien regretter d’avoir inventé Internet » se moque le maire ps du 13ème arrondissement de Paris. Référence à une rodomontade du candidat il y a quelques jours à Las Vegas, qui se vantait d’être un peu à l’origine d’internet en France, puisque c’est lui qui avait libéralisé le secteur des télécoms

On passe au dernier débat, hier soir, entre les 2 candidats à la primaire de la Belle Alliance populaire. Avec un effet de surprise…

Aujourd’hui en France/le Parisien s’esbaudit littéralement : « pas de Ko, mais quel match ! ». Philippe Martinat et AVA DJAM SHI DI parlent d’un « vrai débat qui s’est installé». Et même poursuivent-ils, si tout les oppose, sur la laïcité ou l’économie, les 2 finalistes ont offert l’un des meilleurs débats politiques de ces derniers temps. Sans rien abdiquer, ni tomber dans le pugilat ». « Débat de clarification » également pour la Voix du Nord. Alors y a-t-il un gagnant,un perdant : Pierre Furbury dans les Echos s’en sort ainsi : « Benoit Hamon n’est pas sorti perdant d’un duel que Manuel Valls devait gagner ».

Une petite musique relevée néanmoins dans la presse ce matin, que chacun appréciera ou pas. Celle des éditorialistes chevronnés comme Jacques Julliard dans Marianne, Guillaume Tabard dans le Figaro ou encore Alain Duhamel dans Libération. Qui renvoie tout de go Benoit Hamon à la gauche « chimérique », celle qui préfère écrit il, le monde du rêve au monde de la réalité, celle qui est forcément promise assure-t-il, à panser ses plaies dans l’opposition ». On se demande presque pourquoi il y a eu un débat….

Débat sur les « fake news » et les « faits alternatifs » revendiqués par la nouvelle équipe Trump, nouvel épisode

Aux Etats-unis d’abord, où Alexandra Pétri s’est fendue dans le Washington Post d’une très amusante tribune, qui relate, l’investiture de Trump, telle qu’il aurait aimé la voir racontée. « Foule immense, tel un chemin allant jusqu’à la lune. Même le pape était là ! Merci d’être venu lui a dit trump. Vous plaisantez, vous êtes mon meilleur ami lui a répondu François ». La parodie se poursuit. La journaliste décrit Trump « touchant les gens dans la foule, les guérissant qui d’un cancer, qui de l’autisme, distribuant pains et poissons à tout le monde, dûment estampillés « made in america » bien sûr. C’était les oscars, c’était Woodstock, le Superbowl et même, c’était le sermon de Jésus sur la montagne » s’extasie la Fake journaliste

Too much ? oui évidemment, mais s’il y avait des gens pour croire quand même à cette version « alternative » de la cérémonie ?

et bien on apprend dans les Echos ce matin, que Facebook a l’intention, enfin, de monter au front en France contre ces fausses informations. Le réseau social le plus puissant du monde se défend d’être un media, mais a néanmoins décidé de consulter les media français pour tenter de mettre au point un dispositif anti-désinformation. Encore un peu dubitatifs, nombre d’entre eux musclent déjà leur propre département de « fact- checking ». Le Monde lancera d’ici quelques jours Decodex, un outil permettant d’indiquer si un site est parodique, satirique, orienté, ou véhiculant régulièrement de fausses informations

On termine Hélène par de la Bande dessinée

Pour le lancement du 44ème festival de la BD d’Angoulême, le Huffington post, Libération ou encore Sud-Ouest s’offrent aux dessinateurs de BD ce matin. Avec une jolie Une de Libé notamment, où Minetaro MOCHIZUKI nous propose une mise en abyme du journal, et un article passionnant de Simon Blin et Sonya Faure sur les nouveaux registres investis par la bande dessinée : celui des réflexions philosophiques, mathématiques ou sociologiques. « Le dessin de la bd permet de faire passer de la complexité comme une évidence » soutient l’un de ses concepteurs. Histoire de la logique, des situationnistes, de l’origine du monde ou de Freud. La promesse qu’en dessins on va peut-être finir par tout comprendre. Et bien, l’homme aux semelles de vent a d’ailleurs été dans ce domaine là aussi un précurseur ! Le Figaro nous apprend ce matin que Sotheby’s met en vente le 8 février 7 illustrations autographes, 7 dessins donc de Rimbaud enfant. « Peu doué » pour le trait reconnait un spécialiste mais cette mini bd rimbaldienne dit tout de même la précocité du futur poète à raconter son univers, sa précocité à être déjà critique vis-à-vis du monde qui l’entoure.

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