Aujourd'hui, cette question en une de Libération : la France est-elle en guerre ?

La "guerre" contre les terroristes, contre un soi-disant Etat islamique ... Libération nous rappelle que François Hollande comme Manuel Valls s'étaient bien gardés d'utiliser ce vocabulaire bélliciste en janvier 2015, après Charlie Hebdo et l'HyperCacher... La "guerre", elle, a fait irruption dans les discours après le 13 novembre, comme une évidence ...  Et pourtant, "se dire en état de guerre quand on parle d'attaques terroristes... c'est loin d'être une descripion neutre", nous confirme l'historienne Irène Hermann...

Typiquement, appliquer le terme "d'acte de guerre" au massacre de Nice... ça "nécessite de repenser l'assassin, non plus comme un cas isolé, mais comme le représentant d'une entité beaucoup plus importante"... Comme le dit le général Bertrand Soubelet, "proclamer la guerre c'est justifier l'adversaire dans son combat... et c'est très très risqué. On donne au premier déséquilibré venu... une légitimité de combattant, et on transforme chaque policier en cible militaire. Or cette guerre-là, la France a-t'elle les moyens de la gagner?"

Un signe qui pourrait nous indiquer que nous ne sommes PAS en état de guerre, c'est que, quand il y la guerre, les dirigeants politiques font un trêve, laissent de côté... les coups bas et les polémiques, au nom de l'union nationale. Rien de tel, on l'a bien compris dès l'immédiat après-Nice ... Ce matin, nos journaux reviennent sur la polémique autour de cette policière municipale niçoise, qui accuse le ministère de l'Intérieur d'avoir fait pression sur elle... pour masquer l'absence de la police nationale, sur la Promenade des Anglais, le soir du 14 juillet. "Nice, et si on arrêtait les polémiques", propose _Le Parisien Aujourd'hui en France, _qui zoome sur la haine, tenace, entre le niçois Christian Estrosi et Bernard Cazeneuve. Estrosi, plus grand-monde n'en doute, est à la manoeuvre derrière cette nouvelle boule puante... Et ça énerve, Place Beauvau, d'autant plus qu'il a été élu président de Région PACA en décembre, avec les voix de la gauche contre le Front National. Le Parisien cite un conseiller du pouvoir: "Aux régionales on a tous voté pour ce con, on fait campagne pour lui... et il passe son temps à nous chier dans les bottes". Dans l'entourage de François Hollande, on mâche à peine plus ses mots: "Il ne se passe plus une journée sans qu'on bouffe de la polémique à cause de Christian Estrosi".

Mais la polémique porte, à force d'être répétée et amplifiée... Le Figaro interroge Bruno Jeanbart de l'institut OpinionWay, pour qui, en terme d'opinion justement, "le mal est déjà fait, un doute s'est installé" sur Bernard Cazeneuve, ministre pourtant jusque-là populaire et incontesté. La conclusion, on la tient de ce ministre cité par le Figaro : "la question c'est: va-t'on résister à la panique générale?".

Un scandale d'Etat, un vrai... c'est l'Humanité qui affirme l'avoir levé ce matin.

Dossier spécial en Une sur "la machine à expulser les Roms", ou comment l'Etat s'arrange avec la Loi, pour expulser plus en plus vite. Ca se passe à Montpellier, où, procès-verbaux à l'appui, l'Huma nous explique que le procureur de la République et le Préfet ont littéralement monté un système de collusion, au mépris de la séparation des pouvoirs et du respect de la Loi. La méthode est simple: le procureur établit des réquisitions soi-disant pour rechercher des auteurs de vols ou de recels... cela permet aux policiers de débarquer dans les camps de Roms, et de saisir les papiers d'identité de ceux qui sont en situation irrégulières. Pour venir récupérer ces papiers, les citoyens roumains doivent se rendre en Préfecture... où on leur délivre une OQTF (obligation de quitter le territoire). Et tant pis si la plupart de ces Roms disent qu'ils reviendront, que de toute façon personne ne pourra les en empêcher... "Quand on discute avec les agents de la Police de l'Air et des Frontières", dit un travailleur social, "ils admettent que ça ne sert à rien... mais ça leur fait du chiffre à bon compte". Pour Jean-Emmanuen Ducoin, de l'Humanité, c'est donc bien "un scandale d'Etat", puisque l'Etat, au mépris total du droit, "trahit ses missions élémentaires: celle de l'urgence et de la solidarité, celle du devoir d'accueil dans des conditions humaines."

Nos journaux gardent aussi un oeil ce matin sur Philadelphie, aux Etats-Unis, et la convention démocrate qui lance la campagne officielle d'Hillary Clinton vers la Maison Blanche.

"Les démocrates désunis derrière Clinton", titre Libération... L'ancienne secrétaire d'Etat espérait un adoubement paisible cette semaine... c'est raté, "belle image d'unité et d'optimisme a volé en éclat après les révélations ce week-end de Wikileaks... Le site de Julian Assange qui a publié plus de 200 000 e-mails de la présidence du Parti Démocrate... où il apparaît clairement que tout a été fait pour favoriser Clinton et mettre des bâtons dans les roues à son rival Bernie Sanders pendant la primaire. Libé se fait l'écho des soupçons, selon lesquels ce sont les Russes qui ont orchestré cette fuite pour favoriser Donald Trump. Quoi qu'il en soit, les partisans de Bernie Sanders ont rué dans les brancards et semé le trouble sur la convention républicaine. Le site du Huffington Post France nous fait revivre cette première nuit mouvementée... malgré les appels à l'unité de Sanders lui-même, pas rancunier, pour qui "Hillary Clinton sera une présidente exceptionnelle"... discours marquant également de Michelle Obama, qui selon le Huff Post a illuminé la convention de Philadelphie avec son plaidoyer en faveur de la candidate démocrate... "Grâce à Hillary Clinton, a déclaré la Première Dame, mes filles et tous nos enfants considèrent désormais comme évident qu'une femme peut devenir président des Etats-Unis". On lui aurait presque trouvé une stature de présidentiable, à Michelle Obama!

Si tu vas à Rio, n'oublie pas de prendre... ta tente et ton duvet!

Ca pourrait être le conseil donné par Le Parisien, aux sportifs en route pour les JO. Cérémonie d'ouverture dans dix jours, les premières délégations arrivent au village olympique, et constatent que leurs logements ne sont pas toujours terminés... Le journal fait la liste des petits désagréments constatés : fuites d'eau, odeurs de gaz, toilettes bouchées... le village olympique n'est pas prêt, les délégations australienne et argentine ont du louer des chambres d'hôtel et des appartements en urgence pour ne pas se retrouver à la rue. Les premiers français à Rio, eux, sont bien installés dans le village, mais il reconnaissent qu'ils ont du faire eux-même des réglages de plomberie et d'électricité. Si tu vas à Rio, donc, n'oublie pas ta caisse à outils.

On reste dans les pages sports... avec L'Equipe qui publie une interview exclusive d'Unaï Emery.

Mais si, vous savez, le nouvel entraîneur du PSG... L'espagnol de 41 ans voit son arrivée au Parc des Princes comme un "grand défi"... et en fait il veut tout voir en "grand"... "Mon histoire m'a permis de grandir comme entraîneur, alors que je n'ai jamais été un grand joueur", reconnaît-il, "mon parcours doit offrir la possibilité au PSG de grandir... mais à moi aussi." Voir "plus grand" donc, pour le PSG cette année, forcément, ce sera la Champion's League ou rien..

Terminons  par un petit test... Est-ce que quand quelqu'un joue avec son stylo, ça vous énerve, ça vous agresse l'oreille et ça vous donne l'envie irrépressible de lui sauter dessus pour lui arracher des mains?

Non? tant mieux ça veut dire que vous n'êtes pas misophone, un mal auquel Libération consacre une double page aujourd'hui. Les misophones, ce sont ces gens qui se mettent dans des état de rage et de dégoût quand ils sont agressés par les bruits des autres : mastication, respiration, déglutition... Témoignage de Virginie, qui reconnait carrément avoir "des envies de meurtre"... contre son mari et ses céréales du matin, ou contre cette camarade de classe en cinquième qui mâchonnait son stylo pendant une interro, et qui l'a obligée à sortir de la salle, sans terminer l'épreuve. Emilie, elle, se voit régulièrement "attraper la tête de certains collègues bruyants... et la cogner jusqu'à ce que le bruit d'arrête". Mais elle ne le fait pas, les misophones ne passent jamais à l'acte... Il faut les comprendre : "on finirait en prison, condamnés à être enfermés avec des gens toute la journée. L'en-fer!" Comme quoi la prison a encore des vertus dissuasives sur certains assassins en puissance ...

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