Allez, devinez de quoi on parle ce matin... De la télévision publique, bien sûr... Les commentaires vont bon train, après les annonces du Président de la République hier... Et c'est peu dire que les éditorialistes ont du mal à applaudir Nicolas Sarkozy... "Incroyable : revoilà l'ORTF !", s'écrie Daniel Ruiz, dans La Montagne... Parce que ce que retiennent vos journaux, c'est essentiellement le fait que le président de France Télévisions sera nommé par le chef de l'Etat... Pour Libération, c'est donc "France Sarkovision"... Et Laurent Joffrin explique : "Le futur président d'une ORTF relookée sera, par définition, l'obligé de celui qui l'aura distingué... Sous les atours de la modernisation, nous vivons une formidable régression"... Alors bien sûr, il y a les précautions promises par le chef de l'Etat... à savoir, l'aval du CSA et le non-veto de l'Assemblée Nationale... "Des précautions de pure forme", juge, dans L'Alsace, Patrick Fluckiger... "A quand la réapparition d'un ministre de l'Information ?"... Pour l'éditorialiste, pas de doute : "Nicolas Sarkozy a posé une main de fer sur la télévision, et met fin à 35 ans de tentatives d'éloigner la télé française du pouvoir"... "Silvio Berlusconi n'avait pas osé... Nicolas Sarkozy l'a fait", écrit Michel Lépinay dans Paris-Normandie... "Tout ce toutim pour en arriver là... On comprend que l'opposition ait quitté en cours de route la commission Copé... D'ailleurs, des propositions de la commission, Nicolas Sarkozy n'a retenu que les pistes que lui-même avait fournies en la mettant en place"... Et Frank de Bondt, dans Sud-Ouest, décrit "une manoeuvre grossière mais habile... La suppression de la publicité n'aura finalement servi que de paravent à une opération politique"... Alors Nicolas Sarkozy a présenté cette réforme comme "un système démocratique, où l'on comprend qui fait quoi et comment"... Philippe Waucampt, dans Le Républicain Lorrain, confirme : "Sur le 'qui', le 'quoi' et le 'comment' de la chose, aucun doute possible... En revanche, sur son caractère démocratique, il est encore permis de rester perplexe"... Dans L'Humanité, Claude Baudry a retenu une autre phrase du Président de la République, hier... une phrase qui, pour lui, explique tout : "Mon souhait, c'est que les groupes privés soient puissants"... Alors vous l'avez compris, la critique est générale contre cette volonté de Nicolas Sarkozy de nommer le président de France Télévisions... "Il ne pouvait y avoir plus mauvais signal pour cette nouvelle télé publique", écrit Jacques Camus, dans La République du Centre... Et même pour Bernard Revel qui, ce matin, écrit "Sarkozy a raison"... "Il a raison : la publicité n'a pas sa place sur les chaînes publiques... Et, pour une fois, on pourrait lui reconnaître l'intention de faire un pari sur l'intelligence"... Même donc, pour l'éditorialiste de L'Indépendant du Midi, cette décision de nommer le président de France Télévisions "est une ombre au tableau"... Et il explique : "Lorsqu'on affiche l'ambition de rendre sa dignité à la télé publique, il faut avoir le courage d'oser l'indépendance"... Le seul éditorial à ne pas parler de cette nomination... c'est celui du Figaro... Il est signé Etienne Mougeotte... ex-numéro 2 de TF1, faut-il le rappeler... qui applaudit "la fin de la dictature de l'audimat"... et qui explique qu'elle sera la première conséquence heureuse, pour les téléspectateurs, de la suppression de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques... "France 2 et France 3 commenceront leurs grands programmes à 20h30, et obligeront TF1 et M6 à s'aligner"... Bon, et comment ça se finance ?, me direz-vous... Eh bien, comme annoncé, pas de véritable hausse de la redevance, juste une indexation sur l'inflation... mais une taxe sur la téléphonie mobile et Internet... Le porte-parole de la Fédération française des Telecom est à ce sujet très clair dans Le Parisien-Aujourd'hui en France : "Cette taxe sera répercutée sur les factures... Et pour un foyer comptant 2 adultes et 2 ados avec téléphones fixe, mobiles et Internet, cela représentera à peu près 12 euros de plus par an"... Alors au-delà des annonces présidentielles d'hier... si vous voulez en savoir un peu plus sur les relations entre le Président de la République et la télé... vous lirez, dans L'Express, les "histoires secrètes de l'interventionnisme présidentiel, de sa fascination pour le petit écran et de ses trente ans de réseaux personnels"... Le commentaire aussi de Denis Olivennes, dans Le Nouvel Observateur... Il pense au jour où il faudra redessiner le paysage audiovisuel avec cohérence... "La redevance pour l'audiovisuel public, la publicité pour les chaînes privées, la taxe télécom pour les productions de cinéma et de musique... Mais, conclut-il, espérons que d'ici là notre exception culturelle ne sera pas devenue un champ de ruines"... Alors voilà pour l'actualité française... L'Europe, elle, parle inflation et pouvoir d'achat... "Les banques centrales mobilisées contre l'inflation"... C'est la Une de La Tribune ce matin... une inflation qui, en effet, se retrouve également en Une de Die Welt... "La forte inflation ne connaît que des perdants", constate le quotidien allemand... "L'Italie réduit ses dépenses"... Là, c'est La Stampa, qui rapporte que la consommation n'a jamais été aussi mauvaise depuis 2005 dans la Botte... Et la consommation, c'était, jusqu'à présent, l'exception française... C'était toujours elle, depuis dix ans, qui tirait la croissance... Challenges, cette semaine, se penche sur la fin de cette exception... et note qu'il y a dans le pays "60 millions de consommateurs déprimés"... Capital, sur le même thème, note que "quand le pouvoir d'achat s'érode, les familles redécouvrent l'eau du robinet"... C'est l'une des conséquences de la crise économique... "Les temps sont durs pour les eaux en bouteille", explique le mensuel... Alors la cause de cette déprime, c'est, entre autres, la hausse du prix du pétrole... "Une hausse de l'essence qui ne serait pas si mal vécue si elle ne ravivait pas la peur du déclassement social"... un commentaire au détour du dossier du Point, cette semaine... un dossier intitulé "Classes moyennes : la dégringolade"... des classes moyennes toujours difficiles à cerner, mais qui, selon plusieurs études, passent leur temps à faire des arbitrages pour dépenser moins... Alors, que les Français se rassurent : ils ne sont pas les seuls... A lire dans Les Echos, ce changement d'habitude chez les Américains... "Automobile : premier recul du trafic aux Etats-Unis depuis 28 ans"... Au pays des drive-in, note le quotidien économique, les consommateurs adaptent leur comportement, et renoncent aux parcours inutiles en voiture... Ils freinent, en outre, leurs achats de véhicules trop gourmands en carburant... Et sinon, que lire d'autre ce matin dans la presse ?... "Mères porteuses : la fin d'un tabou", titre France-Soir... alors qu'un rapport du Sénat "préconise la reconnaissance de la gestation pour autrui"... "Cette pratique aujourd'hui illégale pourrait être autorisée à l'avenir pour les couples hétérosexuels ne pouvant avoir d'enfants", précise le journal... Dans Libération, sur le même sujet, un débat entre Elisabeth Badinter et Sylviane Agacinski... Les deux philosophes s'opposent sur ce sujet... La réforme des armées... et les fermetures de casernes annoncées... Des mobilisations se mettent en place dans les régions... "BA-103 de Cambrai : défense de fermer", titre La Voix du Nord... Pour montrer leur attachement à la base aérienne, des milliers de personnes sont venues hier former une chaîne humaine destinée symboliquement à protéger les 1.400 militaires et 110 civils qui y travaillent... Le retour des attaques de trains... Si vous pensiez que c'était réservé aux westerns... eh bien détrompez-vous... "Nouvelle attaque contre un train de marchandises"... Le titre fait la Une de La Provence ce matin... qui rapporte comment une bande a stoppé un convoi à Saint-Louis avant de piller les wagons remplis de matériel informatique... Le même scénario avait déjà eu lieu il y a deux mois... "Associations : la France qui bouge"... C'est la Une de La Croix, à l'occasion du Prix "S'unir pour agir", décerné aujourd'hui par la Fondation de France... Et puis, pour finir... Il fallait regarder la BBC, pour voir le second but de l'Allemagne... On parle de la demi-finale de l'Euro, remportée hier soir par les Allemands face à la Turquie... un match interrompu trois fois... En cause, explique Le Parisien-Aujourd'hui en France : de violents orages dans plusieurs pays d'Europe, qui ont entraîné une panne électrique du centre de retransmission internationale, situé à Vienne... La BBC, elle, avait mis en place son propre système de diffusion satellite... Le Parisien-Aujourd'hui en France qui raconte comment le standard de TF1 a été pris d'assaut par les téléspectateurs mécontents, sur le thème : "A quoi ça sert qu'on paie la redevance ?"... Alors on vous le redit : la redevance, c'est pour l'audiovisuel public...

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