Laetitia Gayet

Des hommes en colères.

Drôle d'atmosphère dans la presse ce matin.

Les échanges ont été tendus cette nuit à Bruxelles écrit LE MONDE sur son site. Un accord a été trouvé sur le dossier des migrants. L'Union Européenne abandonne les quotas obligatoires pour une répartition sur la base du volontariat. Mais Mattéo Renzi l'Italien dont le pays doit faire face à l'afflux de migrants a piqué un coup de sang : "Ou vous êtes solidaires. Ou vous nous faites perdre notre temps"

DIE WELT... DER SPIEGEL et CORRIERE DELLA SERRA ont relevé d'autres invectives. "Si ceci est votre idée de l'Europe. Alors gardez la. Vous n'êtes pas digne de l'Europe."

Pour justifier leurs exigences, écrit MéDIAPART, les dirigeants européens se défaussent sur leurs opinions publiques. Celles-ci sont réfractaires à toute idée d’accueil en période de crise. Mais la solidarité citoyenne est en train d’émerger. MéDIAPART dresse le portrait des anonymes qui aident les migrants. En Macédoine, une dame panse les plaies des Afghans qui remontent vers le nord à vélo. A Catane en Sicile, une jeune femme a mis en place un système d'alerte pour les Syriens perdus en mer. A Nice, des bénévoles de la Croix Rouge donne des soupes à ceux qui viennent de franchir la montagne à pied. Il n'empêche, la colère demeure.

Un autre homme est en colère ce matin, un avocat.

Maître Dupont-Moretti et contre MéDIAPART dont on parlait à l'instant. Dans un entretien à lire dans ACTEURS DE L'éCONOMIE et sur LA TRIBUNE.FR, l'avocat pénaliste s'en prend à Edwy Plenel le patron. Et voici ce qu'il dit. Micro caché, caméra déguisée, délations et même démarches entreprises auprès du Procureur pour demander des poursuites : les méthodes, héroïsées, d’Edwy Plenel et de ses séides sont abjectes. Elles reflètent l’état d’une société qui s’affranchit de règles de conduite, d’éthique et de courage les plus élémentaires. Ces pratiques salissent la profession de journaliste. Depuis quand adule-t-on des journalistes transformés en policiers ?__

Par médias interposé ce matin, POLITIS répond au contraire que la liberté d'informer aujourd'hui, est en danger. Avec la loi sur le renseignement, la directive européenne sur le secret des affaires. C'est au contraire le signe d'une démocratie qui fout le camp.

Pas content non plus, les chauffeurs de taxis.

Une illustration parmi d'autres à lire sur le site du PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE. Julien regarde affligé son van aux quatre pneus crevés et à la vitre arrière éclatée: «C'est mon outil de travail, ça va me coûter une fortune». «Pourquoi t'es venu travailler, tu savais qu'il y avait grève aujourd'hui», rétorque un taxi à ce chauffeur de «transport de personnes» à son compte qui assure ne travailler «ni pour Uber ni pour aucune application»

Yves Harté de SUD-OUEST ne voient dans ces manifestations, que l'expression d'une guerre entre nouveaux pirates et anciens nantis.

RUE89 résume. C'est comme au 19ème siècle, quand le chemin de fer a tué les diligences et les relais de poste.

Erwan Le Noan consultant en Stratégie abonde sur ATLANTICO. Le combat des chauffeurs de taxis est perdu d'avance. C'est le chant du cygne. UberPop oblige les anciens à se confronter à la réalité des Modernes.

C'est le principe de l'Uberisation de la société.

Prenons l'exemple de la famille Ladébrouille imaginée par LIBéRATION. Ou comment économiser voir gagner de l'argent via internet. Le garage de Rémi fait garde-meuble via le site jestoscke.com. 84 euros par mois. Il prend sa voiture pour aller à l'aéroport. Pour ne pas perdre d'argent, il va la laver pour pouvoir bénéficier du parking gratuit, en échange de quoi, sa voiture sera louée à un particulier. Son hôtel est réservé via booking. Enzo son fils, lui, a révisé son bac de philo, via un Mooc, un cours en ligne gratuit. Pour ne pas arriver en retard au lycée, il va sur Cityscoot pour voir si un scooter est libre. Sa femme, la femme de Rémi partage son open space avec une autre entreprise. Economique en période de crise. Le soir, quand elle rentre elle est rincée. Elle commande son dîner sur monvoisincuisine.fr. 8 euros, son fils va le chercher. C'est à trois pâtés de maison. Et ainsi de suite...

La vérité dans cette histoire selon Cécile Cornudet des ECHOS, c'est que le pouvoir est aujourd'hui, dépassé par le phénomène. Pire, selon USBEK & RICA, nos élites n'entendent rien à internet. Une anecdote relatée par une député Nouvelle Donne. A l'Assemblée nous avons un bureau des transports qui édite les billets de trains. Depuis un an, on est passé à la dématérialisation. Un jour, un député insiste pour avoir le billet papier. On lui répond qu'il est chargé sur sa carte et qu'il peut le visualiser sur internet. Ce dernier répond outré : "Internet ? Je n'y vais jamais !" Voilà où en est dit-elle. Comment voulez-vous que le numérique soit bien compris et bien traité à l'Assemblée?

La clé pour les entreprises traditionnelles pour ne pas être noyé, selon LIBéRATION, c'est peut-être s'uberiser soi-même. Un exemple rapporté par LES ECHOS et LE FIGARO ce matin. Après le co-voiturage, la SNCF a décidé d'investir dans la location de voitures entre particuliers via OuiCar. 28 millions d'euros investis. "Nous souhaitons prendre de l'avance, dit Guillaume Pépy, le patron de la SNCF. Nous avons le sentiment que cette offre entre particuliers va exploser dans les prochaines années."

On le disait tout à l'heure, il y a des hommes en colère ce matin. Mais il y a aussi des marins inquiets.

Laurent Bourgnon est porté disparu en Polynésie depuis hier. Laurent Bourgnon, c'est le marin qui a apporté les techniques de la glisse et la philosophie du surf au monde des transats pour LIBéRATION. L'organisateur de la Route du Rhum le décrit dans L'EQUIPE comme un poisson qui vivait dans l'eau. C'était le Petit Prince, dessine-moi le monde.

Les marins ont leur surnom. Florence Arthaud était la fiancée de l'Atlantique. Laurent Bourgon, son petit prince donc. Et LE FIGARO n'a plus d'illusion ce matin. La mer a repris son prince.

Mais il nous reste des femmes heureuses.

Et c'est à chacune son surnom. Celles du basket sont entrées hier, dans le carré des reines aux championnats d'Europe. L'EQUIPE salue le retour des braqueuses, ces basketteuses françaises qui se sont qualifiées hier soir, pour les demi-finales de la compétition en battant la Russie.

Les filles du foot sont aussi des filles heureuses.

Ce soir, elles affrontent l'Allemagne au mondial de foot, pour elles aussi une place en demi-finale. L'Allemagne meilleure nation au monde. Au delà du défi, ces filles, il faut le dire, sont chouettes.

Portrait touchant d'Elodie Thomis dans LIBé. L'attaquante que l'on a surnommé la Christine Arron du foot est la joueuse la plus rapide du monde. Mais elle court aujourd'hui derrière l'ombre d'un de ses frères mort l'an dernier. Un autre de ses frères dit d'elle, tu as vu comme elle est forte, comment elle se bat, cette lionne !

Portrait souriant de Wendy Renard dans L'OBS, la capitaine des bleues. 1m87, une tour de contrôle que l'on a surnommé surnommé ado, la nouvelle Pérec de la Martinique. C'est une défenseur avec un R, elle y tient, aux ongles manucurés, qui aime les jeux vidéos. Une fille de son temps quoi.

Laure Bouleau latérale gauche donne le ton à L'EQUIPE.

On a une génération qui a énormément travaillé. On veut gagner, on en a marre des larmes.

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