Une agression antisémite en 2014, racontée par "Le Monde" et "Le Parisien". Les Franco-Turcs pour Erdogan dans "Midi libre". Un enfant de 6 ans dort dans la rue avec son frère de 3 ans et sa mère, dans "Sud-Ouest". Dans "La Dépêche", deux hommes qui ont vu l'ourse défendre ses petits. Et les Stones dans "La Provence".

On va juger aujourd'hui, aux assises du Val-de-Marne, une agression antisémite vieille de quatre ans...

Une histoire que Le Monde, en kiosque depuis hier et Le Parisien racontent ce matin.

C'était le 1er décembre 2014, trois jeunes gens faisaient irruption dans un appartement de Créteil et la terreur prenait Jonathan et Laurine, qui, nous dit Le Monde a un visage rond, les yeux verts, et qui avait alors 19 ans....

"Elle a juste eu le temps de crier : "Jonathan !" Elle se souvient avoir été plaquée contre un mur, puis traînée avec son compagnon dans la salle de bains. Lui s'est vu coller un fusil à canon scié dans la bouche : "Dis-moi où est l'argent, sinon je te bute, on sait que ton père est juif et que vous avez de l'argent !" Après ce fut son tour : "Et toi, t'es quoi ?"  "Rien du tout. Mes parents habitent en Normandie." Une heure plus tard, elle était abandonnée dans une chambre de l'appartement dévasté, pieds et mains liées sur un clic-clac, tee-shirt relevé, à demi étouffée par ses sanglots et le scotch sur ses lèvres."

C'était un mois avant les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hypercacher, le gouvernement proclamait l'antisémitisme grande cause nationale...

Le Parisien a rencontré Jonathan, qui se souvient du gout du métal sa bouche. Il avait été gendarme, dans l'Eure, avant de revenir en région parisienne avec Laurine. "Cette affaire a détruit nos vies, mon amie et moi avons fini par nous séparer, mon employeur m'a licencié, ces images reviennent au moindre bruit…" Il témoigne "pour que les gens réalisent que cela se passe en France, à côté de chez eux".

A côté de chez nous... On lit, dans Le Parisien encore, le portrait de Guy S., cet ancien policier devenu brocanteur en Charente-Maritime, le chef supposé de ce réseau d'ultra-droite qui voulait tuer des musulmans. Un homme mince aux cheveux qui pendent au milieu d'un bric-à-brac, deux crânes, des vieilles montres, il tient un fusil... Sud-Ouest est allé à Tonnay-Charente prendre le pouls des voisins de cet homme "sympa et instruit", mais on comprenait bien qu'il était d'extrême-droite. Au Front national, qu'il fréquentait, on le trouvait vantard...

A côté de chez nous…

Quand la presse analyse le triomphe de l’hyper-président turc Erdogan, on lit sur le site du Parisien que des affrontements ont eu lieu à Mantes-la-Jolie entre pro et anti-Erdogan, on apprend dans Les Dernières nouvelles d'Alsace que, à Strasbourg, des partisans de Erdogan sont allés insulter des partisans de son rival, on lit, dans Midi libre, toute la sincérité de ces français d'origine turque qui ont voté pour Erdogan, comme Ayse a Lunel : "Les Turcs qui sont en France le voient bien que la Turquie a changé ! On n'envoie plus d'argent à la famille là-bas ! Les journalistes y vont fort contre nous."

Elle ne lui reproche que cela, à son président : "Il a trop ouvert le pays. Il y a trop de réfugiés syriens."

Tout à côté de chez nous.

Emmanuel Macron en visite au Vatican aujourd'hui...

Et cette visite capte les unes nationales. Pour La Croix, François et Macron ont besoin de mieux se comprendre. Pour Libération, ils ont de quoi s'opposer, mais pour Le Figaro, l'essentiel est ailleurs : François peut être un allié dans la crise de l'Europe, car l'union fut aussi une invention démocrate-chrétienne, et cette mémoire habite le Vatican...

Va-t-on parler Europe, mais aussi de charité ? Il y a dans Sud-Ouest un garçon qui fait chavirer les cœurs. Oresti a 6 ans, il est  né en Albanie, "un petit gars vif comme un moineau, au français impeccable, qui compte ses boutons de moustique, comme autant de médailles", et qui aime l’école – "J'écris en attaché, tu veux voir ?" – et qui joue au ballon après l'école sur l'esplanade de Meriadeck, où il dormira ce soir, car il dort sous une tente, avec son petit frère Oiert, 3 ans et sa maman Elza. La police les houspille à l'aube, parfois...

Ils sont ainsi des familles et des enfants enfants, à dormir dehors, tout à côté de chez nous. Oresti s'inquiète en regardant sa mère. A-t-il bien fait de parler aux journalistes ? Elle le rassure d'une caresse. S'il parle, il existe.

Et à la une de "La Dépêche", deux hommes qui ont vu l'ours !

Une maman ourse plus exactement, qui a chargé Vincent et Paul  qui se promenaient dans les Pyrénées. Ils n'en menaient pas large quand elle s'est arrêtée. Sans doute cette maman ourse ressemblait à Elsa la maman d'Oresti. Elle protégeait ses petits, à sa manière, les aboiements de la chienne des promeneurs l'inquiétaient... Cela fait la une et deux pages, car l'Ours divise. On l'appelait jadis "Lou Moussu", le Monsieur, me rappelle La Dépêche, car nous pensions qu'il nous ressemblait. Il fascine et inquiète, une icône.

Il en est d'autres. On célèbre dans L'Humanité, Libération ou Le Monde le retour de Banksy. Cet artiste de rue britannique, qui marque nos murs au pochoir, serait à Paris, dit L'Humanité "pour défier Macron", et les murs s'en souviennent : rue Victor-Cousin, dans le Ve, il fustigerait le libéralisme : un homme tend un os a son chien en dissimulant la scie avec laquelle il lui a scié la patte.

Dans Libération, on rêve devant les révolutions passées, la photo d'une barricade prise le 25 juin 1848 rue du Faubourg-du-Temple, quand le Paris populaire se levait contre la République bourgeoise. Le journal a photographié la même rue presque du même endroit hier, et tout se devine.

Dans La Provence enfin, on se souvient que nous fumes innocents et l'on célèbre d'autres gloires. Les Rolling Stones sont à Marseille ce soir et La Provence se souvient qu'en mars 1966, dans un concert mythique à la salle Valier, Mick Jagger avait reçu un barreau de chaise sur l'arcade sourcilière, et avait fini avec un œuf de pigeon. Nous étions sauvages et beaux.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.