Au Mexique, le culte d"un Narcos vendu en icône, le Figaro. Un commandant de la DGSI en prison, accusé d'avoir violé une jeun femme qu'il devait "déradicaliser", l'Ardennais. Allen Ginsberg, pour sauver la Terre, espérait "un parti de la panique tranquille", le Un.

On parle d'un saint ce matin…

Que l'Eglise catholique ne reconnait pas mais que l'on vénère à Culiacan dans l'Etat de Sinaloa, au Nord-Ouest du Mexique, où poussent le pavot et la marijuana et les cartels de la drogue, et Saint Jesus Malverde, qui  volait aux riches pour donner au pauvre, est le saint patron des narcos et d'un petit peuple qui n'aime plus l'Etat ni sa corruption, et dans la chapelle de Malverde où les bandits viennent bruler des cierges, on peut aussi acheter une icône profane, d'un homme avantageux portant une kalachnikov, le Chapo Guzman, le plus célèbre des narco trafiquants que l'on juge aux etats-unis du Nord, verdict attendu en juillet, et que l'on regrette chez lui.  "Comme je viens vénérer Malverde, d’autres placent leur foi dans le Chapo", dit  la pieuse Matilda au corsage rouge, tandis que dans les supermarchés, on entend des romances à la gloire du bandit...«Des pieds à la tête/Il est de petite taille/Mais de la tête aux cieux/Il est grand parmi les grands".

Et c'est dans le Figaro un superbe reportage aux confins de la mort, où l'on visite au cimetière une crypte où reposent deux bambins de 4 et 5 ans, enfants d'un baron de la drogue jetés du haut d'un pont par un cartel rival... Mais en dépit des cadavres, le mal fascine et toutes les valeurs sont inversées corrompues par la culture de la drogue, que le Président Obrador veut vaincre en faisant du social, il arrive bien tard dans un monde abimé...

En parlant du Mexique, je vois dans le Guardian une photographie d'un homme et de sa fillette noyés dans le Rio grande qu'ils avaient franchi à la nage depuis le Mexique pour rejoindre les Etats-Unis, le bras de Valeria, 23 mois, est encore enroulé autour du cou de son père Alberto. Au Mexique on compare la photo d'Alberto et Valeria à celle du jeune Aylan sur une plage de Grèce, qui en 2015, un moment,avait réveillé l'Europe...  

Dans  AOC, sur internet, je lis un beau texte, étrange et malaisant, de la journaliste Taina Tervonen. Pour le site « les Jours », puis un livre, « Au pays des disparus », elle était partie à la recherche des destins de passagers africains d'un chalutier rempli de migrant, ayant coulé en 2015 avec 800 personnes à bord... L'épave du chalutier est installée à Venise, à la biennale, de l’art donc,  la journaliste s'est assise en face de cette carcasse et a observé les passants, les curieux les émus qui chacun leur tour photographient ce qui fut un tombeau.

En France aussi, on s'inquiète d'être infiltré.

L'express affiche en une le Président turc Erdogan qui "inflitre la France" par ses militants et ses réseaux qui quadrillent la diaspora, Erdogan qui chez lui a perdu la mairie d'Istanbul mais persécute toujours ses opposants en justice, dit libération et qui chez nous, voulait ouvrir des lycées, le gouvernement français s'est fâché... Les peurs cousinent ce matin. Ce n'est pas la Turquie que vise la Provence  mais je cite "l'islamisme radical" qui infiltre la République,   "le fondamentalisme islamique a pénétré tous les pans de la société", complète Eric Diard, déoputé LR des bouches du Rhône, coauteur d'un rapport sur la radicalisation dans les services publics, qui après le Point fait les unes du figaro et de la Provence et deux pages du Parisien, mais ce rapport intrigue... Il livre des exemples que l'on garde à l'oreille,  ce douanier qui ciblait les passagers juifs, ou ces surveillants des Baumettes que l'on surnommait "le gang des barbus »… Mais en même temps il affirme qu'il ne traite que d'un phénomène marginal, et les journaux font leur choix. Le Monde salue un texte et un constat mesurés, mais le Figaro annonce un "rapport choc" sur l'islamisme et dénonce « l'islam conquérant » qui progresse par nos « lâchetés ». Joue-t-on de la peur, de la raison? Eric Diard, dans le Parisien affirme qu'il faudrait pouvoir révoquer plus facilement les agents de l'Etat en voie de radicalisation, sans que leurs avocats ne connaissent la totalité de leur dossier... ... Il dit aussi, Eric Diard, dans la Provence, que plus personne en France n'ose prendre une douche nu dans un vestiaire de foot.

Et là le député s'égare de raccourci, parce qu'on a lu samedi dernier et on peut encore le lire, en ligne, un article génial  dans l'Equipe magazine, sur cette question du nu et des douches du sport et des nouvelles pudeurs, car oui, le temps est loin où l'on photographiait au Cosmos de New York les bistouquettes de Pelé et Beckenbauer, mais dans nos pudibonderies, l'islam n'est qu'une composante, ainsi au rugby, ce sont les joueurs venus d'Océanie qui ont introduit au Quinze la douche en caleçon... Nous infiltrent-ils, les tonguiens?

Nous pouvons avoir peur, le mal existe pourtant. Le beau-frère d'un des assassins de Charlie hebdo a été condamné hier à neuf ans de prison, lis-je dans l'Ardennais, mais à la une du journal, une autre peur m'attend. Un homme chargé de notre sécurité est en prison. Cet commandant estimé, responsable de la DGSI à Charleville-Mézières était chargé de déradicaliser des jeunes femmes mineures, rattrapées sur le chemin du djihad en Syrie et se serait égaré dans sa mission... Autorisant les jeunes femmes à pénétrer les locaux top secrets de la DGSI dans les Ardennes et leur donnant des informations confidentielles, il a été suspendu pour cela. Et, on l'apprend ce matin, il aurait aussi violé une des jeunes femmes... 

Quitte à choisir les peurs, celle du climat n'est pas la moins honorable ni la moins justifiée. Quand les Echos me disent en une que la France n'est pas à la hauteur des enjeux climatiques, le Un, drôlement, se demande quel écologiste sommes nous, et exhume un texte du poète américain Allen Ginsberg, beatnik conscient, qui écrivait ceci... 

Feu Air Eau pollués

Et la Bête c’est nous –

Pensées sombres dans la nuit

Rien à faire pour arrêter ça –

Les gouvernements démentent, les Journaux Sérieux aussi –

Il faut un Président qui dénonce le démenti –

Un Parti de la Panique Tranquille

qui rétablisse l’équilibre de la nature.

Et on parle d'enfance pour finir...

Dans un chouette article du Monde qui rendra perplexe nos inquiets de la modernité, on nous apprend que sous la renaissance, petits garçons et petites filles aristocrates étaient vêtus à l'identique de robes et coiffes de dentelles, gender fluid, et ne se différenciaient qu'a partir de 7 ans, quand les garçons prenaient l'épée... C’est une expo à, Blois. petit jouet. Vous lirez aussi l’enthousiasme des journaux pour Toy Story 4 qui sort aujourd’hui, , mention spéciale à Télérama, ravi d’un nouveau jouet, « Fourchette », fabriquée d’une fourchette trouvée dans une poubelle par une petite fille… Recyclons.

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