Des salariés de la SNCF renoncent au statut des cheminots pour mieux gagner leur vie, le Parisien. L’adieu à une cokerie lorraine dans Society. L’industrie pharmaceutique a un avenir en France, l’Usine nouvelle. Victor Hugo admoneste les riches dans le Un. La gloire de l'alcool de sorgho, en Chine et dans les Echos

On parle d'un dragon...

Un Dragon qui quitte le Puy-de-Dôme pour la Lozère et son départ provoque la colère en Auvergne où l'on se sent méprisé, c'est la une de la Montagne exaspérée, France Bleu n'est pas en reste, et voilà un scandale français que la presse nationale ne voit pas encore, mais qui raconte tant de choses sur les blessures des territoires.. 

Dragon c'est le nom que l'on donne aux hélicoptères de la Sécurité civile, celui-là était basé à Clermont-Aulnat, il sera déplacé à Mende pour la saison estivale, décision administrative... La Préfète de Lozère l'a confirmé d'un tweet ravi mercredi, on peut la comprendre, on s'inquiétait en Lozère de ne pas avoir d'hélico pour l'été, d'habitude il vient de l'Hérault voisin mais il y avait eu une panne -je l'ai lu dans Midi libre- et du coup, c'est tombé sur les auvergnats.  Mais la préfète n'a pas eu la conquête modeste et a rebaptisé l'hélico Dragon 48, le numéro de la Lozère, un appareil qu'on connaissait jusqu'ici sous le nom de Dragon 63, comme le Puy-de-Dôme...  Et cette désinvolture ajoute à la colère. 

On vous explique dans la Montagne pourquoi l'hélicoptère est indispensable aux missions de secours, "des gens vont être en danger" dit le professeur Jeannot Schmidt, chef du pole Samu urgences de l'hôpital de Clermont qui n'a pas été consulté avant d'être dépouillé. Et face à ce dénuement, l'Auvergne se dresse, France bleu me dit que les réseaux macroniens auvergnats toquent aux bonnes portes, et Christophe Castaner dépêche aujourd'hui à Clermont-Ferrand le Directeur Général de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises... Trop tard pour dissiper ce sentiment d'avoir été pris de haut, qu'exprime l'éditorial de la Montagne écoutez bien ce journal.

  1. "Il est juste incroyable que l'État décide de déshabiller Pierre pour habiller Paul. De délocaliser un outil de sécurité indispensable au seul motif d'une pénurie d'appareils. On touche là à toutes les limites, sinon l'incurie, de la puissance publique. Reste le ras-le-bol d'être pris en permanence pour des citoyens de seconde zone. De payer à chaque fois l'addition venue de Paris./Combien de temps encore faudra-t-il tendre l'autre joue ?"

Ainsi au coeur de la France, la France se défait. Il est curieux de lire, dans la même Montagne que hier dans le même Puy-de-Dôme à Gerzat , on se mobilisait pour l'usine Luxfer, qui fabriquait des bouteilles d'oxygène et que son actionnaire britannique a fermé, et cette usine symbolise la désindustrialisation française. Tant de maux, hier se voyaient en Auvergne...

On parle aussi de cheminots...

Et d'une révolution peut-être qui couve à la SNCF et qu'annonce le Parisien. Dans cette entreprise où l'on a souvent fait grève pour le statut du cheminot, un bijou social qui garantit l'emploi et la retraite des travailleurs du rail depuis 1920, des cheminots, renoncent à ce statut, ils démissionnent de l'entreprise et sont aussitôt réembauchés dans des contrats de droit privés avec des salaires augmentés substantiellement... Jusqu'à 800 euros de plus par mois ! Ce sont des employés hautement qualifiés, dans la sécurité des trains, dans l'électronique, que les concurrents de la SNCF voudraient débaucher, car ils sont bons nos cheminots, et ils sont mal payés pour ce qu'ils valent. Alors, la SNCF, qui veut les garder, leur propose ce deal, les sous contre le statut. Steve, qui a été de toutes les grèves, a accepté, les collègues l'ont compris, les syndicalistes aussi, il redoutait leur réaction, il est soulagé et heureux de ne pas avoir quitté l'entreprise, il vilipende maintenant les combats d'arrière-garde. Ce qui semblait éternel, finalement, est fugace. 

Y verra t- on la fin d'un monde ou une vitalité? Je lis dans Society un reportage sur la fermeture en mai, en catimini au mois de mai de la cokerie de Serémange-Erzange, une nouvelle étape dans la disparition de la sidérurgie, et je lis, j'ai si souvent lu la beauté et la dureté de ce métier qui n'était pas disait-on en lorraine pour les « nareux », les délicats, le ciel jadis était orange de feu à Serémange Ezange, on y entends les oiseaux, le patron du restaurant le Temps qui passe, est content, sa terrasse n'est plus recouverte de suie , et Mme Zoulika, voisine de l'usine, ne subira plus les odeurs d'oeuf pourri de l'industrie éteinte, qui l'accompagnait jusque dans ses vacances en Tunisie, mais elle sait aussi Zoulika, ce que perdent les ouvriers de mémoire et de vie, elle leur faisait du café pendant les grèves.

Sommes-nous simplement ces pertes, ou avons nous aussi une vitalité. L'Usine nouvelle m'assure que nous avons les moyens, en France, de redynamiser notre industrie pharmaceutique, même si les principes actifs sont beaucoup partis en Chine, on ne va pas créer de nouvelles usines de chimie fine mais un tissus de PME existe, il y a une carte, l'Usine nouvelle me donne toujours foi en notre avenir. 

Et on parle des riches enfin... 

Qui s'en sont bien sortis dans la pandémie mondiale, me dit le Financial times dans son cahier Wealth, richesse, depuis les start-uppers en santé d'Amérique jusqu'au puissant Lim Wee Chai, leader mondial en Malaisie des gants en caoutchouc. Ils s'en sortent toujours mieux dans les grands drames, sauf tiens, à l'époque d la peste noire au 14e siècle, qui avait provoqué une hausse des revenus des paysans, la main d'œuvre-agricole s'étant raréfiée.

Je lis dans les Echos que l'entreprise la plus puissante de Chine, première au classement des capitalisations boursières à Shangaï, 230milliards d'euros, fabrique de l'alcool de sorgho, qui tire à trente degrés, le Moutaï désinfectait les plaises de l'armée communiste pendant ma guerre civile, et réchauffa les relations embryonnaires entre la Chine et l'Amérique dans les années 70, «Je pense que, si nous buvons suffisamment de Moutaï, nous pouvons tout résoudre », avait déclaré le secrétaire d'Etat américain, Henry Kissinger, Monsieur Trump devrait essayer. 

Le Un de cette semaine nous parle bellement de philanthropie. Ce n'est pas seulement pour les riches, mais enfin tout de même, Victor Hugo le savait;

Donnez, riches ! L'aumône est soeur de la prière.

Hélas ! Quand un vieillard, sur votre seuil de pierre,

Tout roidi par l’hiver, en vain tombe à genoux ;

Quand les petits enfants, les mains de froid rougies,

Ramassent sous vos pieds les miettes des orgies,

La face du Seigneur se détourne de vous.

Je lis dans le magazine du Monde, qu'en Allemagne, dans la Rhur on dresse une statue de Lénine, don du Parti communiste marxiste-léniniste du cru. 

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.