(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : coup de fouet et coup de stress

(Bruno Duvic) Et coup de feu ! On a tiré un coup de feu à l'Elysée. Pistolet Glock, calibre 9 millimètres. Le projectile a ricoché une fois avant de se ficher dans le mur des toilettes au rez-de-chaussée.

C'était le 10 avril dernier, un incident, le président n'était pas là. Les circonstances sont encore troubles. Selon lemonde.fr , un des hommes chargés de la protection rapprochée du président a fait tomber son arme et a tiré en tentant de la rattraper.

Un incident de plus, qui vient alimenter les doutes régulier : François Hollande est-il bien protégé ?

Fait exceptionnel : trois policiers et gendarmes du groupement de protection et de sécurité de la présidence confient leurs doutes au Monde . « Il y a des failles dans le dispositif, on ne peut pas faire correctement notre travail ». Quelles failles ? Des recrutements curieux : un fonctionnaire réputé alcoolique, un autre très perméable au stress. Des entrainements indignes d'une unité de ce niveau. Et des loupés flagrants : pas même un chien renifleur avant le passage du chef de l'Etat le 7 janvier à Charlie hebdo. "Ce jour-là, dit l'un des trois, nous l'avons emmené dans un espace suicidaire"

La patronne du groupement, la commissaire divisionnaire Sophie Hatt, a beau bondir quand on lui présente toutes ces objections, Le Monde les accumule. Sans parler des escapades présidentielles. Il y a un monsieur qui un beau jour faisait pipi dans les toilettes d'une station-service. Il a vu arriver à côté de lui un homme bien connu.

Coup de stress au travail

Et même plus que cela.

Thierry est resté une matinée entière dans sa voiture, hagard, sur le parking de l'entreprise.

Marie s'est effondrée en larmes lors d'une banale pause-café.

Françoise a tout cassé chez elle quand son mari lui a dit de ne pas se rendre malade pour le travail.

Un commercial, une cadre, une employée : trois cas de burn-out décrits ce matin dans Les Echos . Le burn-out ou "Labeur au ventre", manchette de Libération , une page fouillée d'enquête dans Les Echos . C'est la cohorte des grands brulés du travail : trois millions de salariés menacés à des degrés divers, selon le cabinet Technologia, qui avait travaillé sur le cas France Telecom.

Le mal du siècle pour l'édito de Libé . Siècle fait de réorganisations des conditions de travail, de management sous pression, d'omniprésence des e-mails et des portables, d'obsession des résultats dus à la financiarisation de l'économie.

Parole d'une médecin du travail : « Il y a 20 ans, 10% de mes consultations concernaient le stress, 60% aujourd'hui. »

Oui, le burn-out est une réalité, mais comment le reconnaitre ? Comment distinguer un coup de mou passager d'une saturation totale, faire la part de ce qui relève des vies personnelles et professionnelles ? Enjeux juridiques, économiques et politiques importants. Si c'est une maladie professionnelle, c'est aux employeurs de payer. Dans Libération ce matin, Benoit Hamon plaide pour la reconnaissance professionnelle du burn-out. Il déposera trois amendements dans le cadre de la discussion sur le projet de réforme du dialogue social aujourd'hui à l'assemblée. Il faut avancer dans un premier temps sur la définition, reconnait l'ancien ministre.

Ce projet de loi Rebsamen, qui fournit un cadre pour la représentation des salariés des petites entreprises, il fait la Une du Figaro ce matin mais pour une autre raison : « La colère des petits patrons ». Le texte va compliquer la vie des petites entreprises, disent-ils.

Autre réformes en cours : le compté pénibilité. Là aussi, les chefs d'entreprise dénoncent une source de complication. Assouplissement en cours, croit savoir L'opinion . Manuel Valls reçoit un rapport sur le sujet aujourd'hui

Coup de fouet en Europe ?

Regarde l'Europe changer.

A la Une de L'Humanité ce matin : « Les forces anti-austérité bousculent le paysage politique en Espagne. »

Les élections en Espagne après celles en Grèce, après la percée nationaliste en Ecosse, l'effondrement des travaillistes et les succès répétés du Front national en France… Analyse ce matin dans la presse : ras le bol des mesures d'austérité, de la crise qui n'en finit pas vraiment et des partis politiques traditionnels.

« Le bipartisme est en crise sur le continent européen » écrit Guillaume Goubert dans La Croix . « Vent de contestation tournoyant ajoute Patrice Chabanet dans Le journal de la Haute Marne , venu de la gauche radicale au sud de l'Europe, orienté vers l'extrême droite au Nord3.

C'est « L'Europe des peuples » qui continue de serrer le poing, pour l'édito de L'Huma .

Europe 2015, entre crises au pluriel et mouvement, collection d'images et de titres tirées du Monde daté de ce jour.

Page 2, la percée de Podemos en Espagne, Page 3 la revanche des conservateurs nationalistes en Pologne, Page 3 encore, le débat sur le Pacs qui progresse en Italie dans la foulée du referendum irlandais. Page 4 la peur des juifs de Belgique, un an après l'attentat contre le musée de Bruxelles. Comme en France certains songent à partir. Page 8, ce jeune Malien caché sur le compartiment bagage du train Milan-Paris, le train des migrants.

Page 10, les Grecs dans l'attente éternelle du sort qui leur sera réservé. Un petit patron d'Athènes se désespère devant sa boutique de robinetterie éternellement vide. Depuis l'annonce des élections, dit le président de la chambre de commerce, tout est de nouveau gelé".

L'Europe est en train de muer sous nos yeux. En son cœur et à ses frontières. Ouest France reportage de Marc Pennec à la limite Pologne-Ukraine. Les soldats ukrainiens qui venaient faire du petit trafic ne sont plus là, ils sont à la guerre. Ceux que l'on voit arriver, ce sont les plus riches, les bras chargés de sac de billets. Ils viennent placer leur argent à l'Ouest. Et les démons rôdent à la frontière comme ce nationalisme ukrainien qui se développe à nouveau, sous l'empire de la guerre et fait peur : on se demande quel est ce monstre en train de naitre de l'autre côté de la frontière.

Quoi d'autre dans la presse ?

De l'Ukraine à la Russie. Gérard Depardieu dans Vanity Fair : "Je suis prêt à mourir pour la Russie parce que les gens y sont forts. Je ne veux pas mourir comme un con dans la France de maintenant".

Petite grande victoire pour les ex-Fralib, c'est aujourd'hui que sort leur nouvelle marque de thé et d'infusions. Fralib, usine fermée par le groupe Unilever. Pour éviter le démantèlement, les salariés ont occupé les locaux pendant 1336 jours puis une partie d'entre eux a créé une coopérative. C'est à lire notamment sur le site de Politis .

L'un des plus grands footballeurs de ces dernières années va-t-il jouer la saison prochaine au PSG ? Le Barcelonais Xavi pourrait être prêté au club de la capitale, selon Le Parisien-Aujourd’hui en France. L'Espagnol, à 35 ans, a les jambes un peu plus lourdes que naguère mais il a de très beaux restes.

Et puis un jeune homme à qui on souhaite tout le courage du monde : Quentin Halys a 18 ans, il dispute le premier match de sa vie à Roland Garros. He bien ce sera devant 15.000 personnes sur le court central, face à Rafael Nadal. Quentin Halys, 304ème joueur mondial, finaliste de l'US Open junior l'année dernière, est philosophe dans L'Equipe : « Il y en a plein qui ont été ridicules face à Nadal. Si c'est le cas, un de plus, un de moins… ».

Après tout, les Espagnols disent en ce moment, Podemos, Yes we can. L'espoir est permis quelques heures encore.

A demain

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