La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par la pénurie…de journaux ce matin !

Un seul quotidien national dans vos kiosques, l’Humanité ! Avec une tribune pleine page d’un certain Philippe Martinez, numéro 1 de la CGT, titrée « la modernité, c’est le progrès social, pas la loi travail », « La CGT dénonce un gouvernement qui se radicalise, qui a fait le choix de l’invective et de l’autoritarisme, la CGT demande le retrait du projet de loi »

Tout en bas en petit, une mention « ce texte a été adressé à l’ensemble des quotidiens, l’Humanité le publie bien volontiers »C’est dit

Adressé ou imposé à l’ensemble des quotidiens, sous peine de se voir interdire de sortir de l’imprimerie ? il semble que l’adresse ait été un peu comminatoire. Coup de gueule ce matin de Nicolas Beytout: « comme tous les quotidiens nationaux, l’Opinion est interdit de parution ce jeudi 26 mai, une date qui restera comme un de ces moments où l’on peut avoir honte de ce qu’est devenue l’action syndicale…cette intrusion scandaleuse du syndicat dans les contenus des médias doit être dénoncée comme une déplorable atteinte à la démocratie »

Si le patron de l’Opinion est le seul ce matin à « outer » publiquement cet oukase cgétiste sur le contenu des journaux, hier sur les réseaux sociaux, plusieurs journalistes se sont émus d’une telle pratique, inédite, Nathalie Schuck du Parisien twitte « pas de journal en kiosque si la presse ne proclame pas sous soutien à la CGT. Hashtag flingue sur la tempe » François Xavier Bourmaud du Figaro : « la CGT exigeait une pleine page de Martinez ? il ne va pas être déçu en lisant le Figaro en PDF »…

Pas déçu effectivement, avec une photo sombre et inquiétante du leader syndical, doigt tendu et accusateur, avec ce titre : l’homme qui veut mettre la France à genoux. Et cet édito au vitriol d’Yves Thréard, « dictature cégétiste »

Tiens à ce sujet :dans un article publié sur le site Slate.fr, Jean Laurent Caussely regrette le vocabulaire partagé par gouvernement, opposition, patronat et parfois média pour parler du conflit : « prise d’otage, terrorisme social (ça c’est le figaro), radicalisation », « ne peut on réserver les mots de la violence armée à leur univers référent puisque malheureusement, l’année 2015 nous a rappelé qu’ils pouvaient encore servir dans leur sens le plus littéral ?» s’interroge t il. Ce qui est sûr, c’est que ce nouvel épisode n’est pas de nature à faire retomber la fièvre sémantique…

Ce côté « organe du parti » semble donner des idées à certains hélène ?

Sur sa page Facebook Jean-Luc Mélenchon, invité ce soir de l’émission politique de France 2 Des paroles et des actes, se tâte. Y aller ou pas ? Participer à la corrida dont l’invité fait office de taureau promis au sacrifice est une épreuve humiliante dit il. Mélenchon, qui est un habitué de l’émission récuse tout, ses contradicteurs, politiques, citoyens ou journalistes, les thèmes abordés, parce qu’il ne les connait pas à l’avance. « Madame le pen excédée et soumise à des changements permanents avait fini par refuser de participer. J’y pense écrit il ». Jean Luc Mélenchon qui songe donc à suivre l’exemple de marine le pen…Une petite tribune peut-être ?

Pénurie de journaux papier donc, en revanche sur le front de l’essence, ça va comment ce matin ?

Si le Havre libre titre encore ce matin, « Nouveau jeudi noir au Havre », beaucoup de vos journaux régionaux racontent un retour à la normal. Pour l’Est éclair , « les stations refont le plein d’essence », pour la République des Pyrénées, la pénurie est même un peu « bidon ». Sud Ouest titre également sur « l’essence qui coule à flot »…car à Bordeaux, loin des rumeurs, des images qui tournent en boucle sur les télés et de la carte des pénuries d’essence pas franchement fiable, la plupart des stations étaient hier aussi peu encombrées dit le journal, que bien approvisionnées. Même constat dans la Voix du Nord avec un retour à la normale dans les stations des hauts de France, après la fin du blocage du dernier dépôt pétrolier de Haulchin. La préfecture a d’ailleurs levé la plupart des mesures de réquisition pour les services d’urgence, et dit aujorud’hui qu’il n’y a jamais eu de pénurie, juste une surconsommation de précaution. Une consommation qui a triplé en quelques jours précise les Echos. Bref, maintenant que tous les réservoirs sont pleins, ça devrait aller mieux, même s’il reste encore ce matin évidemment, des stations fermées faute d’avoir été approvisionnées.

Je passe rapidement sur les ratiocinations relatives à la stratégie de sortie de crise du gouvernement au 8ème jour d’action nationale contre la loi travail, Laurent JOffrin dans Libération demande à chacun de « réfléchir », Le parisien explique que l’Elysée a bien un plan, « modifier l’article 2 de la loi » mais fallait pas le dire, c’est Bruno le Roux, rebaptisé le relou par Stéphane Le Foll dans un lapsus, qui a mis les pieds dans le plat trop tôt…car en fait tout le défi écrit Philippe MArtinat, est de « bouger sans bouger »…bref, de la dentelle parait il…ou de la haute politique…

Et si on faisait de la politique autrement ? certains se posent la question

2017, année citoyenne ? s’interroge le trimestriel « WE Demain », en kiosque ce matin…il y a bien sûr eu les noctambules de Nuit Debout qui ont manifesté cette aspiration, (tiens plus beaucoup de nouvelles dans la presse ces jours ci) et puis il y a tous ceux que We recense qui rêvent de faire bouger les lignes l’an prochain, des personnalités Alexandre Jardin, Corinne Lepage, Claude Posternak, Pierre Larrouturou, ou des collectifs qui réclament qui une primaire de tous les français, qui des lois élaborées par tous. Ces mouvements citoyens qui veulent hacker 2017 titre en Une le magazine…

A priori, formidable et vivifiant…Avec une petite réserve, les nouvelles formes de démocratie citoyennes ne sont pas toutes d’une transparence totale. Exemple, le site Change.org, sur lequel a été lancée la pétition contre la loi travaiL Le magazine Que choisir le passe à la question dans ce numéro de juin, et pose plein de questions, il rappelle surtout que ce site est un bizness comme un autre, que signer une pétition permet surtout au site de monnayer toutes vos données, adresse mail comprise par laquelle on vous proposera plein d’autres pétitions à signer !

On termine Hélène par un article à lire, pour le plaisir

« Il y a des plaidoiries que l’on voudrait pouvoir livrer ne entier » écrit pascale Robert Diard, qui suit pour le Monde le procès Bettencourt, et bien il y a des articles que l’on aimerait ici livrer en entier également. Non que ces plaidoiries disent la vérité judiciaire explique la journaliste, mais parce qu’elles parlent de la vie, qu’elles la font ressentir, pénétrer ». La plaidoirie en question, c’est celle d’un des avocats de François Marie Banier, jugé pour abus de faiblesse au détriment de la milliardaire, Richard Malka. Malka qui pour plaider la liberté de donner de l’héritière, cogne d’abord le mythe de la famille heureuse, « les bettencourt, ce sont les atrides lance t il, ils se dévorent entre eux », Malka qui exhume les phrases les plus cruelles d’une mère sur sa fille, « ma fille veut m’effacer, elle veut ma liberté, sa froideur me ronge »…l’avocat qui décrit Lilianne Bettecourt, comme une guerrière emmurée dit il, à qui on n’a pas laissé le droit d’aimer qui elle voulait aimer ». Condamner Banier, c’est condamner la liberté de donner, la liberté d’aimer ». C’est effectivement beau, cruel et amoral comme les Atrides,et c’est signé Pascale Robert Diard, à lire dans le Monde daté d’aujourdh’ui…en kiosque celui là, parce qu’il est sorti hier !

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