Sommet de l'Otan, rencontre Trump / Macron, il faut retenir la poignée de main. et peut-être les inquiétudes qui perdurent sur les accords de Paris sur le climat.

On commence par le premier rendez-vous international d’Emmanuel Macron

Sommet de l’Otan hier à Bruxelles, déjeuner avec le président américain, « Macron, premiers pas dans le monde » titre ce matin la Dépêche du Midi.

Alors que retenir de ces importants rendez-vous diplomatiques ? A la Une du Wall Street Journal comme du Figaro, la fameuse poignée de mains des présidents américains et français, comme pour nous rappeler que la politique n’est qu’affaire de virilité, de bras de fer avec gros muscles. Le correspondant du très sérieux New York Times décrit ainsi l’événement « le président américain de 70 ans et son homologue français de 39 ans se sont donnés la main, entamant un salut viril qui s'est achevé en poignée de la mort bon enfant. Mâchoires serrées, visage alternant entre sourires et grimaces, ils se sont serrés la main jusqu'à ce que les jointures de M. Trump pâlissent. Il a essayé de retirer sa main, mais M. Macron a agrippé sa main encore plus fort et a continué à la serrer. Finalement, la seconde fois, M. Trump s'est retiré et M. Macron l'a laissé partir." Analyse politique dans le Washington post de cette diplomatie de la poignée de main, «le président français a signalé par sa ferme poigne à son homologue américain qu’il n’était pas le seul mâle Alpha dans la pièce ».

Et sur le fond des sujets abordés ?

Sur le fond, de cette « discussion franche et amicale » comme l’a qualifiée Emmanuel Macron, on retiendra qu’il a surtout encouragé Donald Trump à ne prendre « aucune décision précipitée sur les accords de Paris concernant le climat ». Alors que cette décision est attendue d’ici quelques jours, Libération nous rappelle ce matin, que sur le sujet, les américains soufflent « le chaud et l’effroi ». A savoir, qu’ils hésitent entre une sortie totale de l’accord, poussés en ce sens par le très droitier conseiller du président Steve Bannon, et une révision à la baisse de leurs ambitions en terme de diminution des gaz à effet de serre, stratégie notamment défendue par sa fille Ivanka. En tout état de cause nous explique Isabelle Hanne, « choisir entre les deux scénarios, c’est arbitrer entre la peste et la choléra ». Mais au moins, relève l’ex négociateur américain des accords de Paris, dans le dernier cas, les Etats unis resteraient tout de même dans le jeu. L’engagement des grandes métropoles américaines, de certains états américains en faveur de l’accord pourrait d’ailleurs limiter l’impact d’un désengagement au niveau fédéral ».

Pour finir sur le thème « la politique est une affaire de mâles Alpha », on découvre dans le Parisien/Aujourd’hui en France, que pendant que nos grands hommes parlaient avenir de la planète, un programme spécial « premières dames » avait été concocté par le protocole. Visite au musée Magritte, escapade dans la plus vieille maroquinerie de luxe du monde à Bruxelles, et dîner sans leur conjoint avec un thème imposé : « l’enfance ». Ben voyons, de quoi parler d’autre entre femmes ?! Sur la photo officielle un brin archaïque de celles que l’on appelle donc les « premières dames », le Huffington Post relève que pour la première fois, posait « un premier gentleman ». L’époux du premier ministre du Luxembourg. Les deux hommes se sont mariés en 2015.

Dans la presse également ce matin, un manifeste et une question

« Une », provoc de Libération, une vieille dame nous fait un doigt d’honneur pleine page, mais c’est pour lancer un cri d’appel au sujet de toutes ces personnes âgées qui termineraient leurs jours en maison de retraite, contre leur gré pour une large partie d’entre elles. Un groupe de médecins, chercheurs, artistes et intellectuels signent un manifeste. « Parce que les « vieux » écrivent-ils, n’ont plus ni la voix ni la force de décider pour eux-mêmes se voient trop souvent imposer des conditions de vie contraires à ce qu’ils auraient souhaité, nous voulons inventer une autre façon de concevoir un accompagnement solidaire et fraternel jusqu’au bout de la très grande vieillesse. Pas de kit tout fait à proposer, mais il nous faut innover et inventer disent-il, pour que le grand âge cesse d’être ce monde à l’écart, silencieux, opaque, condamné à l’invisibilité »

Une question : « la justice française va-t-elle faire trembler le géant américain Apple ? » C’est le Parisien qui dévoile la nouvelle piste des juges en charge de l’enquête sur le crash du vol MS 804 d’EgyptAir en mai 2016. Ils s’intéressent à la piste d’un incendie dans le cockpit des pilotes, un incendie qui pourrait avoir été provoqué par l’iphone ou l’ipad du copilote. Des experts ont été nommés pour déterminer avec précision si ces appareils et notamment leurs batteries ont pu déclencher le sinistre et la catastrophe. Apple ne tremble pas encore et promet de collaborer avec la justice

Et puis enfin c’est vendredi, le moment de savourer les magazines

Avec un portrait à lire ce matin, celui de Jean-Luc Mélenchon signé Ariane Chemin dans M, le magazine du Monde.

Quelques scènes saisissantes : l’une le soir de la défaite dans la chambre 523 du Saint Christopher’s Inns, une auberge de jeunesse près de la gare du Nord où Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise attend les résultats. Pas de colère noire ou blanche, feinte ou sincère, pas de « vermine », de « parasites », de « crevards », les mots dont il aime user en public. Pas de « show», comme il dit. « Tout s’est passé dans sa tête », explique l’un de ses plus anciens amis. Personne ne connaîtra jamais la force de la tempête qui se lève sous son crâne ce soir-là, la collusion des sentiments muets qui produira une réaction chimique bizarroïde écrit la journaliste : refuser de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. « Méluche » a pris un masque de samouraï ». Sûrement parce qu’il y a cru à cette victoire. La preuve nous raconte Ariane Chemin, il avait tout prévu. Le chef de son gouvernement qui aurait également été Garde des Sceaux, au-dessous, treize ministres, et des hauts commissaires en mission ». Il avait même trouvé son secrétaire général de l’Élysée. Partage des richesses, planification écologique, sortie des traités européens, sortie de l’OTAN pour entrer dans la fameuse Alliance bolivarienne, taxes solidaires et protectionnisme, l’utopie était en marche. Ils y croyaient tant qu’une « chaîne du président », interactive, était à l’étude. Le nouveau chef de l’État, Jean-Luc Mélenchon s’y serait exprimé une fois par semaine, comme le président du Venezuela, Hugo Chavez le faisait le dimanche à 11 heures dans « Aló Présidente ». Et puis autre scène saisissante racontée dans ce portrait, la cérémonie de crémation au Père Lachaise en 2015, d’un des très proches de Mélenchon, François Delapierre mort à 44 ans d’une tumeur au cerveau. « Delap » presqu’un fils, qui avait théorisé pour la présidentielle de 2012 la révolution citoyenne dans les urnes, c’est lui qui aurait dû être candidat en 2017 assure aujourd’hui la légende. Ariane Chemin raconte le rituel de la cérémonie décidé à l’hôpital entre Mélenchon et le futur défunt. Mélenchon nomme le « cadavre » sur lequel est resté « figé le sourire narquois », dit il, certains regards se croisent furtivement, étonnés. Ils n’ont encore rien vu. « Camarade François Delapierre ?», lance la voix. « Présent, pour toujours et à jamais », répond le premier carré militant, comme les révolutionnaires chiliens quand ils rendent hommage à leurs morts. Une file se met en place autour du cercueil, foulard rouge autour du cou, main droite sur l’épaule droite de celui qui le précède, entonnant Grândola Vila Morena, le chant portugais de la « révolution des Oeillets ». Cette marche en rang est riche de sens : transmission, solidarité. Pour certains dans la foule, elle signe aussi au grand jour un « groupe sectaire »– « tous les codes pour maintenir un clan homogène et très radicalisé », suggère un membre de l’assistance d’alors, aujourd’hui encore un peu glacé ». A découvrir donc dans M, « les lignes de failles » de Mélenchon

Et puis à lire aussi, c’est un long week-end profitez-en, le récit de la trouble relation entre l’ex championne de tennis Marion Bartoli et son père, une relation pour le meilleur et pour le pire qui la conduira aux portes de la mort, papier signé Marie France Etchegoin dans Vanity Fair, assez glaçant, et enfin à découvrir dans le Parisien magazine, une facette méconnue de Najat Vallaud Belkacem. Ex ministre de l’éducation, candidate ps, en difficulté à Lyon, elle dévoile à Gaëtane Morin sa passion pour la chanson française, fan de Jean-Jacques Goldman en particulier. Mais surtout elle révèle écrire elle-même des chansons « J’écris en alexandrins souvent. Je parle de faits de société à la façon d’un Calogéro ou d’un Vianney. La chanson permet de dire l’indicible, la douleur. Elle est de salubrité publique ». Najat Vallaud-Belkacem peut-être bientôt aux Victoires de la musique !

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