Violée en Australie, une jeune française raconte dans Slate son parcours jusqu'à la condamnation de son auteur, dans un pays où police et justice prennent au sérieux les violence sexuelles. Les égouts gardent le témoignage de nos vies, jusqu'au Covid-19 qui signale son épidémie dans les eaux usées, le Monde, la Croix.

On parle d’un éditeur…

Qui prend sa retraite à 70 ans, me dit la Tribune le Progrès, Georges Chanon, animait en Haute-Loire depuis 1977 les éditions du Roure, elles étaient nées pour publier des ouvrages en langue occitane, puis elles avaient publié en français des auteurs marginaux mais engagés, une collection « histoire sociale », une biographie  d’ Amédée Saint-Ferréol qui fut au XIXe siècle un élu républicain de Brioude exilé par le second empire, ami de Victor Hugo et Eugène Sue… Les ouvrages du Roure se vendent entre 700 et mille exemplaires, ce n’est pas négligeable…

Mais mon coeur se serre de tendresse en comparant ce chiffre à celui que je lis sur le site du Journal du dimanche, 400.000, le nombres de livres mis en place dans les librairies qui en ont bien besoin, du dernier Guillaume Musso, la Vie est un roman, et ce est qu’un début... Et cela n’empêche pas la tendresse, et le JDD donc un mardi raconte Musso, avec une bonne distance en se souvenant de Balzac, « en chaque écrivain sommeillent un poète et un épicier » 

Musso qui s‘invite à l’imprimerie pour voir naitre ses livres est un artisan complet, mais pas seulement. Son livre «jubilatoire et machiavélique » fait ce matin la joie du ParisienNice matin, dont Musso est un pays puisqu’il vient d’Antibes, m’apprend que l’écrivain entre au Larousse, et lui raconte dans une interview comment ses personnages s’imposent à lui, il dit aussi que ce dernier ouvrage, il l’a écrit pour son petit garçon. Et, il y a du charme chez Musso qui convient aux bonnes histoires. 

Lui qui fut prof d’économie quand ses frères devaient agrégés de lettre veut montrer qu’il aime la littérature dit le JDD qu’il reçoit près d’une biographie d’Aragon son transfert il ya trois ans du commercial XO chez Calmann-Lévy, maison bicentenaire qui édita Flaubert et Alexandre Dumas, aurait été une affirmation… Il y a un an, Guillaume Musso se racontait au Monde, quoi de plus prestigieux: « Depuis l’adolescence j’ai appris à m’émanciper du regard des autres, disait-il;  j’ai une vie de rêve parce que j’ai le privilège de passer douze heures par jour dans un monde irréel, avec des personnages de papier. » 

Et on parle d’une histoire violente…

Qu’en ferait un auteur populaire… Elle commence en mars 2018 dans une boite de nuit australienne, quand une jeune française rencontre Luis, qui est vraiment très chou, avec ses yeux pétillants et son sourire jusqu'aux oreilles, elle va chez lui, ils rient et couchent ensemble, mais au milieu de la nuit, elle se réveille…

«  le premier truc que je constate, je suis de nouveau en train de faire l'amour. Il y a un truc bizarre, je ne reconnais rien. J'ai l'impression de ne pas reconnaître les cheveux de Luis. Je ne comprends pas pourquoi il tourne la tête sur le côté alors qu'avant il me regardait, je ne reconnais pas sa voix. Je pose mes mains sur ses épaules je hurle, ses putains d’épaules sont poilues, je suis sure que celles de luis n’avaient pas de poil. »

Et ceci  est le viol bien réel subi par la jeune femme, Luis avait proposé à son petit frère de profiter d’elle dans son sommeil…

Je lis ceci dans Slate,  qui publie un document-fleuve passionnant, car la victime a du talent et dans un style vif, drôle parfois, qui épouse chaque frémissement, elle raconte tout depuis le viol jusqu’à la condamnation du violeur…  et c’est ici au-delà que le document est passionnant pour les français.. En Australie, la jeune femme découvre  ce que sont la police et la justice d’un pays qui a décidé de prendre au sérieux les agressions sexuelles. La voilà entourée dès le commissariat, écoutée, accompagnée aux urgences par des policiers  qui font inculper aussitôt son agresseur potentiel, la voilà entourée des services sociaux, bénéficiant d’une aide psychologique payée, la voilà considérée par le parquet, qui qui la traite en partenaire, en alliée… Car la personne violée n’est pas considérée dans le procès pénal comme une victime, mais comme le témoin, essentiel d’un crime commis contre la société, elle n’a pas d’avocat, c’est le procureur et ses équipes, et la police, qui l’entendent et la protègent, l’amènent en confiance jusqu’à sa déposition, et il n’est pas question un instant qu’au tribunal les avocats de l’accusé puissent mettre en cause sa vie, ses moeurs son passé. Il ne lui arrivera pas à notre française ce qui est arrivé à cette femme canadienne Emily Spanton qui accusait des policiers de l’avoir violée quai des orfèvres, en avril 2014, et qui a du subir devant la Cour d’assises des facilités et des ironies sur sa tenue sexy, son comportement vulgaire ou son état d’ébriété, et six ans après l’affaire n’est pas close.. Je lis dans Slate une leçon.

Illustration : Cécile Bidault

On parle enfin des égouts…

Qui sont précieux, car les sédiments qui s'y superposent nous disent nos modes de vie … Depuis 2014 me dit la Croix ce matin, une équipe du CNRS analyse ainsi la mémoire d’Orléans. et a trouvé de la viande, du chou de la nicotine. Mais mieux encore,  en Amérique à New Haven mais aussi à Paris, dit le Monde, on a  trouvé dans nos eaux usées les traces du Covid-19, et on peut quantifier une épidémie est là avant même que ses effets cliniques apparaissent… Et partout sur notre planète, on regarde vers les égouts dans la communauté des virologues, face à une maladie qui échappe aux classifications antérieures…

Elle fait au moins un heureux cette maladie, bien qu’une étude scientifique ait entaché la chloroquine qu’il promeut et prescrit, mais le professeur Raoult n’en démord pas dans la Provence, il soigne, il sait ce qu’il a vu… Et sur le site de l’Express, le même professeur, développe dans une majesté foisonnante sa vision du monde, lui qui fait désormais revue commune avec le philosophe Michel Onfray: les hommes politiques sont des hologrammes qui n’influent pas sur le destin des hommes, les journalistes qui n'ont rien lu puisqu’ils n’ont pas lu Nietzsche, n’admettent pas que par les réseaux sociaux ils perdent le monopole de la parole, et lui Raoult dans ce champ de ruine se dresse, cultivé et sans borne, sa griserie fait plaisir à voir mais donne le vertige…

Le site Reporterre nous suggère de redécouvrir la planète en marchant doucement. Qu'en pensez vous docteur? 

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