(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les feux de l'amour...

(Bruno Duvic) La série fête ses 40 ans et TV Grandes Chaînes lui consacre un hors-série. Nous nous y plongerons à la fin de cette revue de presse. Pour le reste, plus de feu que d’amour dans les journaux, ce matin encore…

C'est un kiosque aux portes de la vieille ville de Nicosie. Un homme achète un jus de fruit. Il présente un billet de 50 Euros. Grognement du kiosquier. La boisson coûte 2 Euros 20. Il fint par accepter le gros billet et rendre la précieuse monnaie...

Cela fait dix jours que les Chypriotes vivent avec trois fois rien de monnaie distribué aux comptes gouttes. Les guichets des banques doivent rouvrir ce matin. L'ile est provisoirement sauvée de la banqueroute. 10 milliards d'aides européenne. En échange, restructuration. La seconde banque du pays disparait. Et les comptes de plus de 100.000 Euros sont surtaxés. Les actionnaires et les créanciers des banques subissent des pertes importantes.

Une fois de plus, l'Europe a finalement mis la main à la poche. Une fois de plus, elle demande des contreparties sévères. Une fois de plus, les commentaires sont négatifs ce matin.

Certes, on ne pourra plus parler d'économie casino. Mais une fois la roulette remisée au placard, que reste-t-il ? Pas grand chose. Pour Martine Orange, sur Mediapart , les Européens ont passé Chypre par dessus bord. Ce plan de sauvetage va conduire à une explosion du système bancaire mais aussi de l'économie chypriote.

Explication dans Libération . L'assistance financière s'accompagne d'un memorandum. Pas encore signé, déjà prêt : gel des salaires et des pensions, hausses d'impôt, retraite plus tardive. Les économistes tablent sur un recul de 5 à 7% de l'activité.

Car à part la finance, à quoi va carburer l'économie chypriote ? Pas de plan B. « Le pays aimerait savoir dans quel modèle s'engager », écrivent Nathalie Dubois et Jean Quatremer. On a bien découvert du gaz au large de Chypre, mais on en tirera de l'argent en 2020 au plus tôt. Et encore, si la géopolitique ne rattrape pas l'économie. Ces gisements de gaz sont aussi revendiqués par la Turquie, qui occupe le Nord de l'Ile.

Au passage, si on a donné une leçon à Chypre et son argent facile, il reste des paradis européens. Nicolas Cori présente le guide de voyage dans Libé . Si vous ne voulez plus de Chypre allez donc à Malte. Les dépôts bancaires représentent 167% du PIB. Pas d'impôt sur la fortune, pas de taxe sur les successions.

Il y a tout de même un tournant.

C'est à la Une du Financial Times : avec ce plan d'aide et le sacrifice d'une banque, le fardeau du risque n'est plus porté par les contribuables mais par les investisseurs, autrement dit, les créanciers des banques.

Chypre, titrent Les Echos , c'est « Le sauvetage qui fait peur aux banques ». Crainte de contagion sur les marchés. Craintes alimentées par le président de l'Eurogroupe, comme le raconte Le Figaro : il a parlé d'un « cas d'école », avant de se rattraper et d'évoquer un « cas particulier ».

En fait cette histoire fait peur à un peu tout le monde : dans Les Echos l'économiste Nicolas Véron revient sur la première intention de la Troïka : taxer tous les comptes bancaires. « Signal dévastateur. Au prochain problème, les gens s'en souviendront et retireront tous les capitaux.»

Conclusion provisoire ? On en revient toujours au même point : défaut de gouvernance en Europe. Et pourtant, mois après mois, les outils sont mis en place pour mieux décider en commun et pour atténuer la crise. Le supplément « Economie » du Monde y consacre son dossier. Mais c'est pour ajouter dans son éditorial : « Tout cela se fait dans le secret des négociations intergouvernementales. Les citoyens et députés souhaiteraient peut-être donner leur avis. »

C'est ce matin que la presse commente la législative partielle dimanche dans l'Oise

Et le Front National passé à un cheveu de la victoire. Dans Le Monde , reportage de Patrick Roger dans le canton de Hamel. Et cette impression d'abandon et d'insécurité, mille fois décrite. « Les uns après les autres, tous les commerces et services de proximité ont disparu. 'Je me suis fait dérober ma sacoche, explique un enseignant. J'ai déposé plainte à la gendarmerie. Ils n'ont rien fait alors qu'ils avaient le nom de celui qui a fait ça'. »

Interview d'un doctorant en science politique dans L'Humanité . Il a étudié les chiffres de très près. 43% de l'électorat PS du premier tour s'est reporté sur le FN au second tour et même 15% de l'électorat Front de Gauche. Il est vrai que l'échantillon est faible. Il faut donc relativiser ces pourcentages. Mais par rapport à juin dernier la candidate FN a gagné 2.000 voix avec une participation moindre.

Que faire pour endiguer cette progression ? demande Le Parisien à Julien Dray. « Le danger, c'est que les responsables politiques se comportent comme dans les années 30 en niant la réalité. S'il n'ya pas un retour à une politique de croissance, la peur d'un horizon sans lendemain peut nous amener à toutes les folies. »

Cette interview est placée en marge d'un article où Le Parisien mélange la législative de l'Oise et les propos de plus en plus virulents du Front de gauche vis à vis du gouvernement « Hollande face aux extrêmes »

« Je ne tire par un trait d'égalité entre Mélenchon et le Pen, répond Julien Dray. Mais on ne combat pas le FN en employant ses instruments. Attention à ne pas diviser la gauche au point, comme dans les années 30 (il y revient), de laisser le fascisme s'installer. Ces derniers jours montrent qu'il y a un danger. »

« Salopard, toi-même », c'est la Une de Libération ce matin. Le journal constate qu'injures et insultes volent entre le gouvernement et ses opposants. Au risque de déliter le débat public.

Le débat à droite, il tourne autour de cette manifestation très importante dimanche contre le mariage pour tous. « Les opposants préparent déjà la suite », titre Le Figaro . Au delà de la bataille des chiffres et les polémiques sur les affrontements entre la police et quelques manifestants, il y a toujours ce sentiment de la part des manifestants de ne pas avoir été entendus. Dominique Quinio les soutient dans La Croix : « Comment comprendre que le gouvernement ne sache pas au moins trouver les mots pour saluer cette révolte imposante ? »

Quoi d'autre dans la presse ?

L'hommage a Jean Marc Roberts, le capitaine des éditions Stock qui a succombé hier à un cancer. « Le crooner des lettres est mort » titre Le Parisien. Dans Libération , Hommage de Patrick Modiano, Christine Angot et Marcela Iacub.

« Une soirée de rêve » à la Une de L'Equip e. France Espagne en éliminatoires de la coupe du monde de football. Une victoire, « Ce serait énorme », titre encore le quotidien sportif.

Fleur Pélerin star dans le pays où elle est née. Le Figaro raconte sur une page le voyage de la secrétaire d'Etat à l'économie numérique en Corée du Sud. Ouverture des journaux télévisés : elle est plus connue que Sophie Marceau !

Et puis "Les feux de l'amour" ont 40 ans. Cela valait bien un hors-série du magazine TV Grande Chaines . Vous pouvez attendre d'aller chez le dentiste pour le lire. Vous pouvez aussi vous le procurer rapidement, car c’est assez fascinant.

98 pages consacrées aux « Feux de l’amour », y compris les mots fléchés ! Visite des coulisses, interview des acteurs, historique de la série et arbres généalogiques des personnages au cas où vous auriez raté un ou deux épisodes.

Et ça donne de l’espoir… Il n'y a que dans « Les feux de l'amour » qu'un personnage tombé d'une falaise ou renversé par un camion réapparait miraculeusement. Ou, comme l'écrit Candice Dupret, qu'une esthéticienne écervelée se transforme en redoutable femme d'affaire en deux coups de cuiller à pot. A pot antirides, évidemment.

A demain

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