Le Parisien a vu un camion frigorifique devant un hôpital. Le pouvoir redoute les procès d'après-crise, le Monde, et Xavier Bertrand prend date dans la Voix du Nord et le Courrier picard. A Ekatrerinenbourg en Russie, huit joueurs d'échecs disputent un tournoi majeur dans un étage d'hôtel où l'air est filtré, l'Equipe.

On parle d’un homme debout…

Mais il ne le sait pas, cet homme, qu’il est déjà debout, que son corps a été placé en position quasi verticale, alors qu’il dort encore d’un coma artificiel, intubé, relié à un respirateur, mais on l’a redressé pour que la gravité pousse sur son diaphragme,  pour stimuler sa respiration, pour retrouver le réflexe vital avant de lui enlever son tube… Elle est dans Libération cette image d’un homme debout parce qu’il va vivre, captée par un grand reporter, Jean Paul Mari, qui en a couvert des guerres  et qui chronique le quotidien d’un hôpital en Ile-de-France, et nous emmène dans ce service réanimation où tout se joue en termes simple, huit personnes ont été détubées ces derniers jours, quatre vivantes et quatre mortes.

Mari me montre 24 lits tous occupés que veillent cinq médecins urgentistes, douze infirmières, huit aides-soignantes,  et sur les lits, des hommes et femmes, la cinquantaine en moyenne, souvent en surpoids, la tête inclinée sur le côté, l’un d’eux est debout…

Dans le Parisien me vient une autre image, celle d’un camion frigorifique qui s’est garé devant un hôpital de l’assistance publique, le même que libération, un autre, qu’importe, un camion frigorifique qui suppléera  la morgue de l’hôpital si elle ne peut pas absorber ceux qui ne passeront pas…

Et entre l’homme debout et le camion se décrit cette vague du Covid 19 que les hôpitaux attendaient en Ile-de-France, qu’ont déjà subie le Haut-Rhin et Mulhouse que que le président Macron visitait hier et que l’Obs raconte dans un long reportage sur une ville saisie comme par par une bombe bactériologique lancée dans un métro bondé…

C’était le Haut-Rhin, c’est l’'Ile-de-France où les hôpitaux poussent les murs et constatent ce qui leur manque;  le professeur Timsit, qui dirige la réanimation  à Bichat ,fait le compte dans le Figaro. « Les écouvillons que nous utilisons sont fabriqués en Italie. Or l’usine a été mise à l’arrêt et l’Italie a utilisé les stocks. les masques et les blouses, ça va. En revanche, il nous manque des mousses de positionnement pour les patients en réanimation,  qui leur évitent d’avoir des escarres, et le matériel qui permet d’humidifier les voies aériennes. Nous commençons cruellement à manquer de curare, nécessaire à la sédation profonde. Il y a aussi un gros problème d’approvisionnement en pousse-seringues électriques. »

Il espère Timsit que d'autres régions aideront la sienne en lui prêtant du matériel. Mais la crise va être longue...

Et cette crise devient un enjeu politique...

Pour les interrogations qu'elle amène sur les libertés publiques et sur les surveillances des individus qu'impliquera la sortie du confinement, va t on nous suivre par nos téléphones portables, puisqu'il faudra nous suivre, pour savoir si nous ne croisons pas, ne répandons pas le virus: le tracking fait la Une du Républicain lorrain, l'incertitude des DNA, le dossier de l'Opinion, pour qui  nous ne sommes pas prêts officiellement à suivre l'exemple asiatique...  Mais on a  su par géolocalisation que 17% des Parisiens ont quitté la ville… Télérama inventorie les ressources de la technologie de surveillance, et a de la mémoire. E 1916, le New York Times publiait les noms et adresses des personnes touchées par  la polio… Que se passerait il à l’ère des réseaux sociaux?

Politiques aussi, les débats sur l’impréparation française  et qui se règleront dans l'après-crise devant les tribunaux, la cour de justice de la République peut-être. Le Monde dans un article informé nous dit que le pouvoir politique s’interroge sur les risques juridiques de la crise, et redoute d’être mis en accusation.

Dans le Courrier Picard et la Voix du Nord, Xavier Bertrand  pend date en interview,  Président des Hauts-de-France et opposant au Président de la République dit-il, et ancien ministre de la santé qui LUI nous avait laissé 1,4 milliards de masques. Xavier Bertrand demande une prime d’Etat de quelques centaines d’euros pour ceux qui empêchent le pays de s’arrêter: « Ce ne sont pas les gros salaires qui travaillent  À l’issue de cette crise, il ne faudra pas avoir la mémoire courte », dit-il pour ceux qu’on a "considéré comme des invisibles". Qui est "on" ?

Le Journal de Saone-et-Loire salue deux chauffeurs de bus, un éboueur et quelques autres salariés indispensables, mais qu’on n’applaudit pas à 20 heures. Les inégalités et les rancunes s’exacerbent avec la maladie et le confinement, dit l’universitaire François Dubet dans une tribune au Monde. 

Le Monde encore, Mediapart et Ouest France, m’informent qu’à la faveur du confinement, les violences contre les femmes augmentent. L’union sacrée est ici une vue de l’esprit. 

La Vie parle des plus démunis…

Qui ne peuvent rentrer nulle part, puisque chez nous, c’est la rue, disent des SDF que l’hebdomadaire est allé rencontrer. àToulouse. La Vie est un journal précieux, qui non seulement ouvre les yeux sur un malheur sans rival, mais aussi nous propose pour tenir dans le confinement l’exemple et le conseil de moines, dont c’est le métier… 

Comme chaque matin on trouve des consolations.

Sud -Ouest me dit que Stéphanie Moussu, actrice peut  nous lire de beaux textes au téléphone. Le Figaro a la grace de se ressembler et nous invite aux joies de la joaillerie, car nous aurons des bijoux dans l’après-crise, les créateurs sont inspirés par les guerres et en 14-18, quand les allemands donnaient leur or pour l’empire, on fabriquait à Berlin des bijoux de métal qui eurent longtemps la cote. De quoi les nôtres seront ils fait?

Dans un monde de doute, des esprits supérieurs poursuivent leur route me dit l’Equipe. Dans un étage privé où l’air est filtré du Hyatt Regency d’Ekaterinenbourg en Russie, huit joueurs d’échecs se passent les mains au gel et disputent le tournoi des candidats qui désignera celui qui affrontera le champion du monde Magnus Carlsen. Le français Maxime Vachier-Lagrave, 29 ans est de la fête grace au forfait d’un grand maître qui redoutait le coronavirus, MVL mène le tournoi, c’est peut-être sa meilleure année. 

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