En France, un exploitant agricole se suicide tous les deux jours. Chez les paysans de 45 à 64 ans, le taux de suicide dépasse de 30 à 40% celui des hommes du même âge. Les chiffres sont dans la dernière enquête de l'institut de veille sanitaire. Et encore, ces données sont certainement sous-évaluées. Il y a deux ans, Bruno le Maire, alors ministre de l'agriculture, parlait de plus d'un suicide par jour.

Isolement, surcharge de travail, stress, endettement, manque de reconnaissance, voilà les mots dont souffrent les paysans. Et le silence aussi. "Dans le monde agricole, on meurt et on se tait", dit un céréalier de l'Aisne à Nathalie Dubois dans Libération , qui consacre deux pages à ce sujet.

Dans cette région de l'Aisne, exemple de Catherine Fourceaux, dont le mari a mis fin à ses jours l'année dernière. C'est après sa mort, en plongeant dans les papiers de la ferme qu'elle a découvert dans quel engrenage de mensonge il s'était retrouvé piégé. L'exploitation était en cessation de paiement depuis 3 ans, et son mari interdit bancaire.

L'année dernière, après que Bruno Le Maire a sonné l'alarme, la Mutualité sociale agricole a mis en place des cellules de prévention du mal être. 1000 bénévoles, 80 salariés. Témoignage d'une juriste en Haute Garonne : « j'ai eu des cas de personnes qui n'avaient plus ouvert leur courrier depuis 5 ans ».

Renouer le dialogue, prendre du recul. Gilles, le céréalier de l'Aisne en a fait une priorité : « Maintenant, je m'oblige à dégager, à prendre des vacances. Si on ne sort pas de la ferme, c'est mort. »

La vie aux champs et cette curieuse histoire, sur le site Bastamag . Un vigneron bio de Bourgogne encourt 30.000 Euros d'amende pour avoir refusé de polluer, en quelque sorte. Refusé en tout cas de traiter son vignoble à l'insecticide. Demande de la préfecture, alors qu'une maladie de la vigne avait été repérée en Saône et Loire. Lui vit en Côte d'Or, limitrophe. Il refuse de se plier au principe de précaution. Il est convoqué au tribunal.

De la joie... en Iran

Ce n'est qu'une trêve, « Six mois de trêve pour sortir de la crise iranienne », titre Le Monde , qui revient sur l'accord de ce week-end. Mais au moins il y a de l'espoir. Y compris en Iran. Témoignage d'une jeune photographe qui vit à Téhéran, elle décrit l'ambiance dans la capitale : « C'est comme si une nouvelle ère avait commencé. Beaucoup de gens se rassemblaient devant les marchands de journaux et débattaient de l'accord nucléaire. Dans l'air, il y a eu de la joie et de l'étonnement. Téhéran est vivant aujourd'hui. »

Un autre message, sur l'un des réseaux sociaux. « Je n'arrive pas à croire qu'il est possible de se réveiller le matin, de suivre l'actualité et de rire de joie. Il est donc possible que la question du programme nucléaire soit enfin résolue. »

Allégresse mais aussi colère en Iran. Le Monde relève encore ce message sur Google + : « L'histoire va témoigner qu'une personne nommée Zarif (le ministre des affaires étrangères) a mis fin aux progrès du pays en échange de 4 milliards de dollars sans que les droits de l'Iran soient reconnus. »

Accord intérimaire, mais puisque les sanctions sont allégées, les affaires reprennent.

Les sociétés françaises vont-elles réussir leur retour en Iran ? Hier je vous citais les analyses et éditos qui applaudissaient la ligne de fermeté de la diplomatie française dans les négociations. Cette ligne dure pourrait compliquer les choses pour Renault, Peugeot et les autres. Dans Le Monde , témoignage d'un homme d'affaires dans le secteur du pétrole : « Beaucoup de rancœurs se sont accumulés contre les français, notre image est catastrophique. »

Dans le nouveau jeu d'échec régional, le Qatar prend un peu plus de place chaque année. Explosion économique, cadences infernales. Dans les dix ans à venir, pour la coupe du monde 2022 et au delà, vont être construit à Doha et à proximité : un réseau de métro, des routes, un aéroport, une ville nouvelle, des stades climatisés et des buildings à tour de bras - pour le seul siège de Qatar Petroleum, 9 tours, un hôtel et 5.000 places de parking !

En richesse par habitant, le Qatar est devenu le pays le plus fortuné au monde. Qui pour construire tout cela ? Des centaines de milliers de travailleurs migrants, « soutiers du miracle Qatari », titre Les Échos , qui leur consacre une page. Pas une semaine sans qu'une organisation internationale donne de la voix contre leurs conditions de vie. Face à cette pression, Les Échos relèvent de touts petits changements. Quelques inspecteurs du travail, des sanctions un peu plus sévères pour les entreprises. Mais il y a de la marge : "Ici les gens ne sont pas bons, dit un chauffeur de taxi népalais. Je dois conduire 18 heures par jour et ma société me pique une partie de mon salaire"

Quoi d'autre dans la presse ?

La remise à plat fiscal ça se complique... Chacun sort sa priorité de son chapeau. ‘Prenons en main la réforme fiscale ! », titre L'Humanité . Dans l'éditorial, Michel Guilloux appelle sur avec le Front de gauche le 1er décembre pour la justice fiscale et sociale. En attendant la fin du quinquennat, il faudrait se résoudre à voir augmenter la TVA dans moins de 2 mois.

Le Figaro tape sur les fonctionnaires. « La retraites des fonctionnaires, un gouffre pour l’État ». Seul un quart des pensions de la fonction publique est financé par les cotisations des agents de l’État. Les contribuables doivent payer la différence : 37 milliards cette année.

Réforme fiscale, « Le grand pari ». Libération tente de défendre le Premier Ministre dans cette affaire. « Il engage une réforme nécessaire et pertinente ».

Certes mais verra-t-elle le jour ? L'Opinion en doute. Pas de consensus sur la retenue à la source ou le quotient familial, des tabous mortifères à gauche sur l'ISF ou la redistributivité, des risques de frondes sociales sur les niches. « Le champ des possibles se restreint, il est proche de zéro. »

Que pense vraiment François Hollande de cette remise à plat et de la désignation annoncée et en partie seulement confirmée de nouveaux directeurs du trésor et du budget à Bercy pour porter cette réforme ? Indiscret du Figaro . A propos de ces mouvements à Bercy, le président aurait glissé au ministre de l’Économie : « Tu étais au courant de ça toi ? »

Et un anniversaire...

30 ans pour le magazine Beaux Arts . 30 ans et un credo défendu par son rédacteur en chef Fabrice Bousteau. « L'art est une actualité ». Cela fait donc 30 ans d'actualité sous le regard des peintres, des designers, des vidéastes. Dans ce numéro, on voit défiler, le bicentenaire de la révolution black-blanc-beur en 1989, les œuvres de Daniel Buren, l'homme aux colonnes, la naissance du musée Guggenheim à Bilbao, une machine à caca qui a eu beaucoup de succès, la nuit blanche et le palais de Tokyo à Paris. Mais la première image, ce sont des aspirateurs exposés dans les années 80 par un ancien courtier de Wall Street nommé Jeff Koons. Un ancien de Wall Street fait fortune en exposant des symboles de la société de consommation. L’Art est effectivement une actualité.

A demain !

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.