On commence par des bonnes nouvelles !

Les jeunes sont généreux ! Dossier à lire dans La Croix , où l’on apprend que les moins de trente ans sont pour la première fois champions du don. Bascule historique, car l’an dernier, ils ont donc plus donné que les séniors, contributeurs jusque-là les plus généreux, en déclarant aux impôts 1,8% de leurs revenus. Une générosité qui a ses domaines de prédilection, environnement, international et enfance en danger, et ses pratiques particulières : participation à des portails de collecte solidaire avec la volonté de donner au plus près de soi. Thomas , 28 ans explique par exemple qu’il ne se sent pas lié à une organisation de solidarité en particulier. «Je passe à l’action, raconte-t-il, en réponse à la demande d’un proche ou en fonction de l’actualité ».

L’actualité, tragique, qui suscite d’ailleurs sur Internet des appels à la générosité. Des cagnottes en ligne ont en effet été ouvertes pour venir en aide aux familles des victimes du 13 novembre. Appels aux dons relayés par des sites spécialisés dans le financement participatif. Les montants recueillis varient pour l’instant de 1 300 à 150 000 euros…

Des jeunes généreux donc, et des jeunes qui veulent s’engager..

Le 20 novembre dernier,Sarah Roubato , jeune anthropologue, poste sur son blog une « Lettre à ma génération, moi je n’irai pas qu’en terrasse» écrit elle, agacée de voir fleurir sur les réseaux sociaux, le mot d’ordre «tous en terrasse » ou des photos de copains, une bière à la main clamant « on résiste ». L’Humanité raconte ce matin comme cette lettre, hébergée par Mediapart a fait un « carton », un million de vues affirme le quotidien, suscité des réponses et initié un dialogue au sein de la jeunesse : comment répondre au défi politique du terrorisme ? Réactions vives de jeunes qui estiment souvent que la France a été attaquée non pour ce qu’elle est, disent-ils, mais bien pour ce qu’elle fait, ou ce qu’elle n’a pas fait… Portraits de jeunes dans L’Humanité , qui s’engagent,Denis à Bobigny qui entend redoubler d’ardeur pour mener le combat pour l’émancipation des jeunes,Sihmane qui se bat contre les discriminations racistes. La réponse sécuritaire ne saurait suffire disent-ils tous, à combattre Daech.

L’Etat d’urgence justement, décrété au lendemain même des attentats, commence à susciter les premières contestations…

Perquisitions administratives considérées comme abusives, on l’a évoqué dansLe Journal de 8h , mais aussi paroles d’assignés à résidence qui commencent à émerger.

Témoignage dans Aujourd’hui en France/Le Parisien , de Rachid, chef d’équipe à Air France , qui le 15 novembre, a vu débarquer chez lui la police vers 23h « Ouvrez ! Police ! j’ai eu très peur, confie t il, j’ai cru que c’était des voleurs, ou même des terroriste s ». Il est donc assigné à résidence avec obligation de pointer à la gendarmerie quatre fois par jour. Motif invoqué sur l’arrêté préfectoral« considéré comme très radical et s’étant publiquement félicité des actes terroristes du 7 janvier ». Rachid dément en bloc les deux accusations, sa femme renchérit, « Il n’est pas du tout radical. En vacances, je suis en maillot et lui en short. On est outrés de devoir se justifier » dit elle…la préfecture pourrait demander la levée de son assignation à résidence « On ajuste en temps réel , explique le ministère de l’intérieur, on s’efforce de réagir de manière proportionnée »

Les restrictions de manifestation liées à l’état d’urgence, également dans la ligne de mire de certains, notamment ceux qui entendaient se mobiliser pour la conférence climat.Les Dernières Nouvelles d’Alsace confirment que dans la région, toute manifestation publique est interdite, de la corrida d’Illkirch-Graffenstaden à la marche pour le climat à Strasbourg, toutes sauf les marchés de Noël.Tribune dans Libération , notamment signée par l’économiste atterréFrédéric Lordon ; intitulée « Bravons l’état d’urgence, manifestons le 29 novembre ». « Depuis dix jours écrivent les signataires : «Les écrans ressassent la gloire des valeurs françaises, eh bien s’il existe quelque chose comme une valeur française, c’est d’avoir refusé depuis au moins deux siècles d’avoir laissé la rue à la police ou l’armée. La mobilisation à l’occasion de la COP21 est un enjeu primordial, nous n’acceptons pas, poursuivent ils que le gouvernement manipule la peur pour nous interdire de manifester »

Ceci dit, l’état d’urgence semble effectivement avoir parfois bon dos…Hier, La Voix du Nord relayait la décision du préfet du Nord d’interdire toute vente d’alcool après 20 heures, et ce, jusqu’à la fin de l’état d’urgence.. Depuis, les commentaires affluent sur le site du journal nordiste, beaucoup pour se moquer : « Les terroristes venaient de Belgique. La bonne bière vient de Belgique. Il faut donc que les gens arrêtent d'acheter de la bière après 20h pour ne pas financer Daech. C'est pourtant simple » ! a posté Arthur.

En politique, la campagne régionale a repris ses droits…

Et on se demandait en début de semaine, «À qui profite la guerre ? », la réponse ce matin du journalLe Parisien est sans équivoque «Les attentats dopent le FN » titre le journal, sondages à l’appui. Alors face à un FN boosté, que faire ? Confession d’un député socialiste,Yann Galut , qui ne laisse pas d’étonner : « C’est vrai qu’on ne parle que de ça, quel va être notre score, est ce qu’on maintient nos listes, est ce qu’on les retire ? je sais que c’est très difficile à croire, mais rien n’est arrêté , affirme-t-il, seule chose convenue entre socialistes : se retrouver au soir du premier tour pour se coordonner… ». C'est déjà ça.

Mais en fait ce qui agite aujourd’hui les élus, c’est le vadémécum de la laïcité rédigé par l’association des maires de France à l’intention des édiles. Un vadémécum qui tombe en plein contexte de terrorisme et de réaffirmation de nos «valeurs françaises », et en pleine préparation de Noël. D’où les remous. Too Much titreL’Opinion sous la plume de Béatrice Houchard . Polémique sur les crèches de Noël dans l’enceinte des mairies, que l’AMF juge peu compatibles avec la laïcité, polémique à nouveau sur les cantines scolaires, l’AMFdit non aux menus de substitution, polémiques même sur les baptêmes de navire ou de bâtiments. Les élus de droite s’insurgent « C’est la loi de 1905 dans sa version intégriste » s’écritHervé Mariton , « On confond laïcité et laïcisme » disent d’autres. Bruno Retailleau , président de Les Républicains du conseil général de Vendée a bien l’intention de réinstaller sa crèche cette année : « Répondre aux enjeux actuels , affirme-t-il,c’est affirmer notre identité plutôt que de la mettre en berne »

Affirmer son identité, c’est ce que fait, ce matin, Le Courrier Picard, qui a décidé d’afficher sa Une en picard ! je suis incapable de vous traduire les titres ! mais Daniel Muraz , en français cette fois, nous explique le symbole « S’il est une terre qui s’y connaît de manière charnelle et intime avec les guerres et la violence aveugle, c’est bien la Picardie. Pendant longtemps, des hommes et des femmes ont exprimé leur douleur et leur espérance dans ce patois… aujourd’hui la région et ses habitants sont debout » Le picard à la Une donc comme symbole de résilience.

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