La phrase est courte, cinglante, définitive : "Je crois à la force du lien entre nationalité et citoyenneté". Signé Dominique de Villepin, dans une interview qu'il accorde aujourd'hui au "Parisien". C'est donc un "non" au vote des étrangers ... Un "non" surtout adressé adressé à Nicolas Sarkozy. Comme le dit Vanessa Schneider dans "Libération", Dominique de Villepin n'aura pas tardé à censurer la dernière saillie de son ministre de l'Intérieur. Ce que Jorge d'Hulst, dans "Libération Champagne", qualifie de marquage à la culotte entre le Premier ministre et Nicolas Sarkozy... Ca commence à faire sérieusement désordre, aoute notre confrère. Effectivement, l'affaire trouble jusque dans les rangs de l'UMP... D'où ce titre de "Libé" : "Vote des étrangers : Sarkozy giflé par les siens". Alors : pourquoi cette déclaration du ministre de l'Intérieur sur le vote des étrangers... Calcul politique, posture ou conviction sincère... Eh bien, "Le Canard Enchaîné" apporte cette réponse : Pour Nicolas Sarkozy, c'est tout simple, nous explique-t-on...Comme il l'a confié mardi matin à des amis : "On n'a pas arrêté de me dire que mon discours était trop à droite, et qu'avec le Karcher, j'avais frappé trop fort. Je rétablis donc l'équilibre avec le vote des étrangers, comme je l'avais fait en m'opposant à la double peine. J'élargis mon spectre... Ca prouve que je suis libre et inclassable". Ah bon..Sarkozy croit qu'il va gagner sur tous les tableaux... Non, il va perdre, affirme le député UMP Nicolas Dupont-Aignan... Qui conclut... Fine mouche... Ca fait un moins pour la Présidentielle ! Il paraît en tout cas que cette initiative ravit l'Elysée... Le ministre de l'Intérieur joue avec le feu, aurait dit Jacques Chirac à ses conseillers... Quant à Dominique de Villepin, "Le Canard" lui prête ces propos : "Ca, c'est une véritable connerie, qui va troubler profondément l'électorat UMP"... C'est la version privée et colorée de sa déclaration publique dans "Le Parisien". En tout cas, si ca continue, les Français vont avoir besoin d'une boussole pour suivre la politique. Jusque-là, on considérait Nicolas Sarkozy comme plus à droite que Dominique de Villepin... Or, il se prononce pour le vote des étrangers... Proposé par la gauche, rappellons-le, mais jamais mis en place par la gauche quand elle était aux affaires... Et pendant ce temps, François Bayrou se positionne... Si le vote du budget est un acte politique fondateur... Budget qu'il n'a pas voté... Alors l'UDF de François Bayrou est devenu hier un parti d'opposition, estime Jacques Camus dans "La République du Centre". Oui, cette fois, il a franchi le Rubicon, reprend Michel Noblecourt dans "Le Midi Libre"... Voilà la preuve qu'il a entamé sa campagne militaire pour gagner la Présidentielle, ajoute Jean-Claude Arbona, dans "La Nouvelle République du Centre-Ouest". Même sentiment dans la presse nationale, avec ces titres... "François Bayrou met un pied dans l'opposition", pour "La Croix... "Bayrou bascule dans l'opposition", pour "Libé"... Ou encore "Bayrou prend son indépendance"... Ca, c'est le titre du "Parisien"... C'est ce qu'on appelle un combat acharné. Alors que la plupart des journaux ont tourné la page "privatisation de l'EDF"... "L'Humanité", en revanche, ne lâche pas le morceau, si vous me permettez l'expression... Avec encore un titre choc : "Contre la privatisation : état d'urgence"... Et quatre pages à l'avenant... Mais en page 5, surprise ! Que voit-on ? Ainsi qu'en page 7... Deux grands encarts publicitaires pour l'actionnariat chez EDF. Deux pleines pages appelant à devenir actionnaire. Etonnant, tout de même... Véritable schizophrénie... Dont le journal, évidemment, est conscient... D'où ce mot, que publie la direction de "L'Humanité" à l'adresse de ses lecteurs... Un texte assez long et alambiqué, expliquant que le combat continue contre EDF, mais que la publicité finance la presse, et qu'il ne faut pas, justement, qu'elle oublie les journaux d'opinion qui, eux, ne l'oublient pas... Enfin bref... En une phrase comme en cent : il faut bien vivre ! Allons maintenant en Irak, avec "Le Figaro", qui nous livre un reportage de guerre, mais pas seulement... C'est, plus précisément, la vie quotidienne à Bagdad, devenue la ville la plus dangereuse du monde... Totalement hors de contrôle. Et l'adoption de la Constitution, pour l'instant, n'y change rien... Si le pouvoir s'organise, dans la rue c'est toujours le chaos... La rue, surnommée quelquefois par les GIs "territoire apache". Bagdad, vous en revenez, Adrien Jaulmes... C'est vous qui signez ce reportage dans "Le Figaro"... La peur dans la rue, le stress permanent, comment ça se traduit, concrètement... Des ministres protégés par des murs de béton. * Vous qui revenez de Bagdad, est-ce qu'on peut parler d'anarchie. Oui, c'est le journal "Le Monde" qui nous le révèle, dans sa grande page "Horizons"... Contrairement à l'idée reçue, plus de 6 accidents aériens sur 10 sont dus à des facteurs humains. Incompréhension entre pilotes et contrôleurs au sol, problèmes d'autorité dans le cockpit, stress... Tout cela porte un nom : erreur de pilotage, comme celle-ci... Vous allez voir, c'est un cas d'école. Il est 11 h 29, ce 20 décembre 95 : le commandant s'adresse aux passagers : "Mesdames, Messieurs, bonsoir, je suis le capitaine Tafouri... Et nous avons commencé notre descente vers Cali". Or, juste après son annonce, le pilote américain va se tromper en programmant l'ordinateur de vol. Il inscrit R, pensant sélectionner "Rozo 1", nom de code du couloir aérien qu'il veut emprunter. Mais pour l'ordinateur, R signifie "Romeo", une direction à 245 kilomètres de là. L'avion opère alors un virage brutal... Surpris, le commandant de bord débranche le pilote automatique... "Où allons-nous ?", s'interroge-t-il... Deux minutes plus tard, la réponse arrive... Mortelle... Le Boeing 757 s'écrase près du village de San José de la Cordillera, à 2.700 mètres d'altitude. C'est l'erreur humaine type... Il y a aussi toutes celles qui sont générées... C'est un comble... Par la pratique de l'anglais. Il y a tellement de nationalités différentes qui interviennent dans le trafic aérien mondial, que quelquefois, à cause des accents, pilotes et contrôleurs ne se comprennent pas. Le poids des mots... Vous imaginez les conséquences. Il arrive aussi qu'il y ait des conflits d'autorité dans le cockpit. Alors on forme les pilotes, copilotes et autres à remettre leur égo dans leur poche pour accepter les remarques des différents membres de l'équipage. En tout cas, selon les experts, si d'ici à 2020 la fréquence des accidents ne baisse pas... Compte tenu de l'augmentation du trafic, il y aura une catastrophe par semaine. On va terminer avec LA question qui, espérons-le, ne tue pas : faut-il avoir peur de la grippe aviaire ? Avouez, qu'entre ceux qui nous disent "oui", ceux qui nous disent "non" ou "peut-être", on a du mal à s'y retrouver... Là aussi, il faudrait une boussole. Vous savez que le gouvernement a décrété hier le confinement des volailles dans 21 départements... Rappelons que le but est d'éviter que les millions de canards et d'oies sauvages qui survolent en ce moment le pays ne viennent partager le repas des volailles françaises... Habituellement élevées en plein air, elles sont donc confinées dans des hangars. Cela étant dit, confiner un poulet de Bresse, c'est un peu comme placer une star en détention... Fût-ce de façon préventive... La présomption d'innocence en prend tout de suite un coup dans l'aile. Mais s'il n'est pas question de discuter le principe de ce confinement, explique Didier Pobel dans "Le Dauphiné Libéré", on en perçoit bien, en revanche, le revers : jeter le doute sur une appellation d'origine contrôlée, qui ne tolère aucun soupçon, qui plus est à deux mois des fêtes. Alors, les pouvoirs publics et leur communication en font-ils trop en matière de précaution ?, s'interroge Patrice Chabanet dans "Le Journal de la Haute-Marne"... On le saura plus tard, mais en attendant mieux vaut l'excès de précaution que le laxisme, écrit-il. Moralité : mangeons du poulet rôti, comme le dit Jacques Guyon dans "La Charente Libre"... Car s'il est une chose de prouvée, de parfaitement avérée, c'est que le virus ne résiste ni au four, ni à la cocotte. Amusant. Le plus drôle, puisqu'on peut aussi en sourire, c'est le dessin du "Canard Enchaîné" qui, forcément, s'y connaît en volaille... On y voit un coq qui dit à une poule : "Viens poupoule, viens !"... "Non, pas ce soir, j'ai la grippe". Bonne journée... A demain !

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