Le Figaro, qui est allé rencontrer les sections antiterroristes de la brigade criminelle de la Préfecture de police :

Une soixantaine de policiers « «Fouineurs», «chasseurs», «curieux», animés par «l'envie d'aller voir là il faut pour gratter», des policiers méthodiques vers lesquels convergent tous les bruits de la peur… 

Parole de flic.

«Dès qu'il y a un soupçon avec une connotation religieuse, cela tombe dans ma boîte. Je reçois une cinquantaine de messages par jour: il ne se passe pas une journée sans que l'on ait un interpellé qui crie “Allah akbar” sur fond d'alcool… Je prends tout, même les choses les plus anodines. Un type qui regarde longuement une patrouille Sentinelle, un barbu vu en train de filmer un site sensible ou un Tchétchène fiché S qui s'est fait arrêter pour un vol de collant de femmes… Toute information peut servir, c'est un réflexe de flic. »

Enquête passionnante. Parce qu’elle nous replonge dans ce qu’est le métier de la police, cette quête du détail et de la patience… Et cette modestie est l’opposé absolu de tous les discours publics globalisants sur le terrorisme et l’islam… Et quel dommage que l’enquête soit mal servie par le titre de Une du Figaro : « Comment l’antiterrorisme lutte contre l’islam radical »… On a l’impression d’une lutte culturelle… La police contre le terrorisme islamiste, eut été plus juste, mais moins confortable intellectuellement !

On peut lire, c’est le complément idéal, dans Politis, l’interview d’un sociologue, Fabien Truong, qui travaille sur la fabrication de la délinquance et du terrorisme dans les quartiers populaire et qui a travaillé sur Amedy Coulibaly, le tueur du magasin hypercacher, qui avait été, avant, un enfant violent de Grigny…

Truong explique pourquoi le mot « radicalisation » ne signifie plus rien quand on parle de jeunes gens ayant connu la mort et le deuil… 

« On ne s’improvise pas guerrier jihadiste, Coulibaly et les frères Kouachi sont arrivés à leurs fins parce qu’ils savaient tenir un secret, se procurer des armes, agir en condition de stress intense, être capables de tuer un policier. Cela ne vient pas de l’islam mais d’une sociabilisation juvénile délinquante très prolongée… »

Et c’est presque plus inquiétant…

Le procès d’Abdelkader Merah suscite le malaise dans les journaux…

C’est le titre d’un article de Libération : « Procès Merah : malaise en cour »… 

«Une lourde ambiguïté plane sur la cour d’assises spéciale de Paris après trois semaines de débats à la limite du supportable, mais aussi très à côté de la principale question qui vaille : Abdelkader est-il complice des crimes de son cadet ? »

Et tout est dit…  On ne sait pas prouver qu’Abdelkader Merah a été l’inspirateur ou le complice des crimes de son frère Mohamed. La dépêche, et d’autres journaux, racontent comment Me Dupont Moretti a secoué le juge d’instruction de l’affaire…

On lit dans l’Obs un article très fort sur le bouillon de culture de la famille de Mohamed Merah… Une famille marquée par la violence, l’antisémitisme, le ressentiment et l’abandon…   On est saisi par Théodore, neveu de Mohamed Merah, que ses oncles et tante voulaient endoctriner enfant : « Ils voulaient m’emmener à la morgue pour m’habituer à la mort », dit-il au tribunal… 

On lit, on est secoué… Mais on n’a pas encore la preuve qui se dérobe…

Des destins brisés dans la presse…

Qui sont souvent le dernier témoignage de notre passage sur terre… 

Je lis cela dans la Voix du Nord, l’édition d’Armentières… qu’un homme est mort mardi dans une usine belge, Clarebout Potatoes à Warneton, mais lui était français de Wattrelos, il nettoyait le sol sous un monte-charge et le contrepoids –la masse qui équilibre la machine lui est tombé dessus, il n’avait pas été bloqué… On lit aussi que l’ouvrier s’appelait Rachid, que ses collègues se sont rassemblés hier devant l’entreprise pour montrer « qu’ils ne sont pas des numéros ». On lit aussi que ce n’est pas le premier accident mortel à Clarebout Potatoes, et s’il n’y avait pas la Voix du Nord, on ne le saurait pas…

On meurt et les journaux parlent de vous. Parfois, on a été célèbre avant et quand on meurt, plus de mots vous accompagnent. Ainsi de Philippe Vecchi : « Avec son style crooner, œil de velours, bouche charnue, visage osseux, sa décontraction faussement nonchalante » … Vecchi qui était du Canal plus des grandes heures, et que l’on a retrouvé mort chez ses parents près de Roanne où il était revenu après la gloire…

 « Veni Vidi Vecchi » est le titre du papier de Didier Péron sur ce journaliste passé par Libération avant d’entrer en télévision et de s’y consumer… Vecchi, « Avalé, digéré et recraché par le Moloch télévisuel » et mort à 53 ans…

Tous les destins ne se valent pas mais on est troublé en lisant dans l’Equipe ce qui est arrivé à Hatem Ben Arfa au paris saint Germain… confiné dans une oisiveté humiliante pour avoir déplu à ses dirigeants… Et on lit dans le quotidien sportif que tout s’est joué pour un mot, le 8 avril dernier, quand l’Emir du Qatar Tamim Al Thani, propriétaire du club, est venu l’entrainement de ses vedettes, une plaisanterie qui a déplu…

Et c’est ainsi que l’on disparait, surdoué et millionnaire ou pas… quand on offense un plus puissant que soi…

Un peu de spiritualité apaisée pour conclure…

On célèbre le cinquième centenaire de la Réforme, c’était le 31 octobre 2017 que le prêtre saxon Martin Luther, placardait un manifeste contre la corruption de l’église de son temps…

Et cet anniversaire sera célébré à partir de demain à Strasbourg, et dans nos journaux. « La fête » dit Réforme ! Le journal protestant s’amuse, les français, sondés, citent l’ombrageux Jean Luc Mélenchon parmi les protestants célèbres… Mais plus sérieusement, l’ambassadeur d’Allemagne en France affirme « l’influence et le rôle dans la vie publique des protestants »… 

On entend cela aussi dans Libération dans la bouche d’un historien, Patrick Cabanel, qui voit dans les protestants une sorte de noblesse républicaine…

Mais cela n’est rien en comparaison d’une découverte : on découvre la figure de Luther… Dans Réforme, Luther, inventeur d’une religion mais aussi de la communication politique. Réforme raconte qu’il développait son influence en popularisant ses portraits en Europe…

Et plus encore, il aimait la musique, c’est dans Télérama… Il y voyait un art sacré, un instrument de propagande religieuse et il inspira, « il créa Bach »… Luther qui composait lui-même, aussi. Ainsi, « Ein feste Burg ist unser Gott », c’est une forteresse que notre Dieu… 

MUSIQUE

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