Quand s'approche dit l'Obs un "fascisme tropical", Slate, Le Monde, la Croix, racontent la décomposition du Brésil et l'avenir atroce qu'il augure. Dans le New York Times, Caetano Veloso pleure un ami assassiné. Gad Elmaleh est parti se prendre des bides en Pennsylvanie pour apprendre le stand-up, conte Vanity fair!

On parle de WhatsApp ce matin... 

La messagerie WhatsApp que nous utilisons pour envoyer sur le smartphone de Mamie les photos des petits en vacances mais qui est au BRESIL le vecteur de la haine qui encercle l'élection présidentielle. 

C'est raconté par le Monde, qui reprend un scandale soulevé par la Folha de Sao Paulo, quatre services spécialisés dans l’envoi de messages en masse sur WhatsApp ont signé des contrats de plusieurs millions de dollars avec des entreprises qui soutiennent Jair Bolsonaro, le candidat d'extrême droite favori du second tour dimanche... 

Et les dégâts sont considérables, dans un pays où WhatsApp, a supplanté les courriels et les SMS, avec un atout maitre :  WhatsApp application familiale et de petits groupes chaleureux, incite à la confiance. Et les électeurs de Bolsonaro ont admis ainsi que Fernando Haddad, le candidat de gauche, voudrait généraliser un kit gay pour enseigner l’homosexualité aux enfants de l'école primaire... Dans la Croix l'avocate Maria, elle, a reçu sur son WhatsApp familial, des images de Venezueliens mangeant dans des poubelles, et chacun sait que la gauche veut transformer le Brésil en Venezuela... 

Le Brésil fascine les journaux par sa décomposition ET par un nouveau monde atroce qu'il laisse augurer, un fascisme tropical dit l'Obs, un monde régressif et imprévisible, dont les structures ont disparu. Le journal en ligne Slate a exploré ces effondrements. Il raconte la défaite d'un catholicisme de gauche, qui s'engageait auprès des pauvres, dans les luttes sociales et dans des messes colorées au coeur des bidonvilles, débordé par les évangélistes, dont l'idéologie a éteint la conscience politique! "Une relation privée, personnelle, avec Dieu, avec lequel vous allez trouver des solutions à vos problèmes..." Et s'il n'y a plus de politique, tout est possible. Dans Slate encore, l'ancien patron de l’audiovisuel public brésilien, Ernesto Bussi, résume sa tragédie. "Bolsonaro est une antiquité qui nous arrive du passé via WhatsApp. Son logiciel est celui de l’idéologie militaire brésilienne du XIXe siècle"...

Dans le Monde encore un long reportage sur la chute de Rio de Janeiro qui fut la ville merveilleuse, quand Lula disait que Dieu était brésilien. Le Monde raconte les mouvements sociaux avant la coupe du monde de 2014, l'humiliation d'une défaite contre l'Allemagne, la saleté et la corruption et la crise économique, et cet aboutissement infernal, l'incendie du Musée national qui portait la mémoire d'un pays partie en fumée. Il reste la colère, la peur, la mort; car avant la propagande, il y a ceci: on meurt au Brésil de délinquance; 15 homicides chaque jour à Rio dit le Monde, où les véhicules blindés des militaires encerclent déjà des favelas, la mort et l'armée dans les rues, comme avant, comme avant?  

Dans Slate, un vieux dominicain, Frei Netto attablé à Ipanema, envisage de revenir à la clandestinité comme dans les années soixante. Dans le New York Times, le grand musicien Caetano Veloso se souvient qu'il fut en prison sous les militaires, et pleure son ami Moa do Katende, maître de capoeira poignardé par un partisan de Bolsonaro, et prédit des temps sombres pour son pays, quand s'avance un ancien capitaine porté l'application de nos vacances... 

Et en Europe, Emmanuel Macron veut se battre contre les nationalismes...

Ce qui est la une du Figaro, qui décrit avec doutes et pincettes la stratégie du président français contre le hongrois Orban et l'italien Salvini : "Il n'y a pas une demande de repli nationaliste mais une demande de protection" ponctue le politologue Dominique Reynié. 

Elle s'apprécie peut-être cette protection dans les colonnes de l'Indépendant car la famille Mitaj, des albanais menacés par un clan mafieux dans leur pays, ont été expulsés vite fait par avion, hier, les professeurs d'Amarilda, 16 ans, soeur de Kévin 10 ans, protestent dans le journal.   

Dans le Figaro on fait de la diplomatie avec le président Macron qui veut séparer les républiques tchèques et slovaques de la Hongrie et de la Pologne nationalistes. Mais question au premier ministre tchèque Babis dans le Monde. "Après les élections européennes préféreriez-vous toutefois faire alliance avec le libéral Macron ou avec le souverainiste Orban ?", réponse, "Aucune idée" dit-il mais il ajoute, l'Europe, "c'est le village assiégé d’Astérix". "On a le droit de défendre nos frontières, notre style de vie, l’héritage de nos ancêtres, notre culture.".

A propos de Tchèques, Libération raconte dans le détail le millionnaire Daniel Kretinsky, qui est entré au capital du groupe le monde et possède déjà Marianne. Il a tous les attraits d'un de nos entrepreneurs modernes et cultivés, un occidental, mais qui tient sa fortune du transport du gaz russe. Cela dit, cette semaine, quand le magazine des Echos raconte les doutes de notre géant EDF, Marianne  soutient le moral du pays dans un bel éloge, sur le terrain, du made in France. 

Faut-il, avec soupçon, regarder les journaux? La question de la presse et de l'information revient partout. Si WhatsApp est le sujet du Brésil, Fox, en Une du magazine du Monde, est le sujet de l'Amérique.

Faut-il vérifier aussi les media insoupçonnables ? Vous lirez, dans Mediapart et le Bondy Blog, une contre-enquête acerbe contre « Inch Allah »,  le livre de jeunes journalistes pilotés par les vétérans de l'investigation du Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, sur l'islamisation de la Seine Saint-Denis. Les jeunes journalistes auraient accumulés les poncifs sur un département pauvre, alors qu'ils tenaient un vrai sujet: les dysfonctionnements des services de renseignement, qui ont privé la Seine-Saint-Denis de surveillance de l’islamisme radical entre 2010 et 2013... 

Et un homme qui se réinvente...

Qui a connu la gloire et un palais princier, et qui est parti découvrir l'Amérique, Gad Elmaleh dont Vanity Fair raconte l'aventure Outre-Atlantique, Elmaleh arepris son métier à la base pour se risquer au stand-up, cet art des blagues rapides sur une scène toute proche du public, cet art de la classe ouvrière  inventés par des comiques dont les parents étaient des immigrés, et le français Gad est allé se taper des bides dans des centres commerciaux comme à Pittsburg en Pennsylvanie... Mais il est de nouveau vedette, lis-je, à nouveau champion du monde!

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