Ce matin, j'ai envie de vous parler d'elle. Ce qu’on peut dire d’elle, c’est qu’elle a fait un parcours politique sans faute ces dernières années… Un parcours couronné de succès… Avec une victoire électorale majeure… Femme de gauche… La cinquantaine, un ancrage chrétien qu’elle ne cache pas… Elle s’est prononcée contre le mariage des homosexuels… Elle se prépare… Prête à se lancer dans la compétition présidentielle …. Les sondages lui sont favorables. Alors… Ira-t-elle ? Oui, Elle ira ... Si elle est en situation…. Comme on dit en politique… Rendez-vous dans 3 ans. Pourquoi 3 ans ? Parce que c’est d’Hillary Clinton dont je vous parle… A la faveur d’un article dans "Libération"… D’un portrait de cette femme dont la prochaine maison pourrait être blanche… Mais cette fois, elle ne l’occuperait plus comme Première dame des Etats-Unis, mais comme Présidente… Ce qui, au passage, créerait une situation cocasse : La Première dame serait un homme… Je ne sais pas comment on dit dans ces cas-là… Le Premier homme… Qui serait donc Bill Clinton… Ancien Président... il reviendrait à la Maison Blanche pour organiser les garden-parties et les bonnes oeuvres… Avouez que ça aurait de l’allure… Ce serait une sorte de deuxième effet Clinton. De l’allure ? Oui… Tout comme ce casting improbable, mais qui fait saliver tous les médias américains, nous dit "Libération" : Hillary Clinton contre Condoleezza Rice… Au Chili également, pays perçu comme le plus conservateur d’Amérique latine, le futur Président sera probablement une Présidente : la socialiste Michelle Bachelet, favorite pour le scrutin du 11 décembre. Et puis il y a le cas de l’Allemagne, où l’on peut se poser la question de savoir si, pour Angela Merkel, le fait d’être une femme a été un atout ou un handicap ? Sur ce point, "Libération" nous rappelle qu’elle a tout fait pour que la question ne se pose pas… D’ailleurs, elle n’a pas évoqué la question des femmes dans sa campagne. Et la France dans tout ça ? Là, ce n’est pas très audacieux de prédire que le second tour, en 2007, n’opposera pas Ségolène Royal à Michèle Alliot-Marie… Mais on l’évoque… Ce qui traduit, pour Jean-Michel Helvig de "Libération", que les esprits sont de moins fermés à la question d’une femme Présidente. Hier, c'est donc Michèle Alliot-Marie qui n'a pas exclu de se présenter, même si ce désir est beaucoup plus susurré que déclaré... En revanche, l'interview donné par Ségolène Royal dans "Paris Match" jeudi, dont nous avons parlé longuement dans la revue de presse, a vraiment déclenché quelque chose... D'où ce dossier de "Libération" intitulé "Présidentielle : les femmes s'en mêlent"... Et ces nombreux commentaires dans la presse... Comme celui de Jacques Guyon dans "La Charente Libre", qui estime que ce qui agace ces messieurs, ce n'est pas tant que Ségolène Royal affiche ses ambitions, mais qu'elle a les moyens de les réaliser. En osant se déclarer, reprend Jorge d'Hulst dans "Libération Champagne", Ségolène a eu le mérite de briser un tabou et d'ouvrir une brèche dans laquelle Michèle Alliot-Marie s'est engouffrée dès ce week-end... Le mot de la fin revenant à Olivier Picard dans "Les Dernières Nouvelles d'Alsace" : Si notre monarchie républicaine n'a jamais imaginé sérieusement, jusqu'à présent, qu'une femme pouvait entrer à l'Elysée, elle doit réviser ses codes non écrits, et son inconscient. J'en termine avec ce grand portrait de Ségolène Royal, que publie "Marianne", à partir du livre que l'un de ses collaborateurs, Daniel Bernard, vient de publier, sous le titre "Madame Royal"... "Et si elle les mettait tous d'accord ?", titre l'hebdomadaire... Oh bien sûr, on peut se demander comment cette femme, certes intelligente mais plus préoccupée par des questions d'heure d'hiver et d'été que par des débats aussi nobles que celui sur la VIème République, est devenue favorite parmi les 7 premiers présidentiables de gauche... Juste derrière Jack Lang... Si l'on en croit le sondage publié par "Le Journal du Dimanche"... Et pourtant, on ne peut s'empêcher de se demander... Et si elle avait une longueur d'avance sur la plupart des hommes de pouvoir ? Même si son rêve, confiait-elle un jour de printemps 2004, ce n'est pas de devenir la Hillary Clinton française... Mais plutôt de ressembler à Isabelle Adjani. HEURE A sec, la Sécu... Ce n'est pas nouveau... On connaît l'antienne... Et toujours la même question : comment financer... "Le Figaro" nous révèle aujourd'hui que, par le biais d'une cotisation patronale sur l'intéressement, les entreprises participeront ainsi au financement de la Sécurité sociale. Le montant de cette cotisation sera de 7,5%, ajoute le journal, précisant qu'elle devrait rapporter quelque 400 millions par an. A sec les facs : ça, c'est "L'Humanité" qui nous le dit en Une, et qui publie une enquête fouillée sur les budgets des universités : totalement épuisés... Une situation d'impasse, avant même que la rentrée n'ait commencé. En la matière, la fac de Rouen est un cas d'école, si je puis dire... La faute à un désengagement chronique de l'Etat, analyse "L'Humanité"... Une faute qui menace la cohérence pédagogique et l'avenir de la recherche. A Rouen donc, la fac bouillonne... Les enseignants ont décidé de ne pas redémarrer les cours... Les étudiants ont rallié la mutinerie... Juliette, 22 ans, raconte à la reporter de "L'Humanité" : "Je suis en deuxième année de physique... Parfois, en travaux dirigés, on nous demande d'apporter des petites cuillères, parce qu'on manque de spatules". Pour anecdotique qu'il paraisse, ce témoignage en dit long sur la pénurie qui débouche quelquefois sur des situations ubuesques. Illustration... La fac de Rouen est sous la menace de coupures de courant et de chauffage... Pour factures non payées, j'imagine... Eh bien, en juillet, les enseignants-chercheurs ont reçu un courrier stipulant que les heures supplémentaires ne leur seraient pas payées, sauf à faire le choix de se priver de chauffage. A sec, les Restos du Coeur... Non, heureusement, mais côté finances, ça ne va pas fort... Ce qui ternit un peu, et même beaucoup, ce 20ème anniversaire des Restos... Le 20ème anniversaire de l'idée, plus précisément. C'est en effet le 26 septembre 85 que Coluche lançait "une petite idée, comme ça", qui allait pourtant déboucher sur l'une des plus grandes aventures humanitaires en France. Or, aujourd'hui, les Restos du Coeur risquent de perdre une partie de leurs aides européennes, alors qu'ils n'ont jamais autant servi de repas... D'ailleurs, le président des Restos, Olivier Berthe, le dit clairement dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France", qui consacre son dossier d'ouverture aux Restos... "Pas question de fêter cet anniversaire, personne n'a le coeur à ça... D'abord, parce que dix fois plus de gens ont faim en France... Dix fois plus qu'il y a vingt ans... Et puis aussi parce que nous avons des problèmes financiers, et aussi des problèmes de locaux... La pression immobilière est telle que les villes ne nous trouvent plus d'endroits où installer nos centres. A Paris, par exemple, on n'avait que 5 sites... Ce qui est très peu... Celui de Rambuteau a fermé au printemps... Aucun autre site ne nous a été proposé". Thierry Borsat, bonjour... Vous êtes rédacteur en chef au journal "Le Parisien-Aujourd'hui en France"... La Une, plus 2 pages complètes consacrées au sujet... C'est le principal dossier du journal aujourd'hui... Vous êtes les seuls à le faire... C'est ce qu'on appelle un choix éditorial... Qu'est-ce qui vous a poussé dans cette direction ? * Est-ce que le profil des gens qui vont aux Restos a changé... Vendredi dernier, la revue italienne "Limes" a jeté un sacré pavé dans la mare, en affirmant que Benoît XVI a été élu en quelque sorte par défaut... Parce que son principal rival, le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio, a fait savoir qu'il ne souhaitait pas monter sur le trône... Dossier dont s'est emparé le quotidien romain "La Repubblica", qui vient de récupérer le journal intime du cardinal-électeur qui a parlé... Sous couvert de l'anonymat, bien sûr... Ce qui amuse "Libération", qui parle d'une "gorge profonde" au Vatican... Le cardinal explique qu'en fait, l'Argentin n'aurait pas dit "non merci", mais qu'il n'a séduit que peu de votants, à cause de son passé pas très clair sous la dictature des généraux. Le journal intime du cardinal bavard se termine sur une image curieuse... Celle de Joseph Ratzinger en train de tenir la comptabilité des votes au moment du dépouillement... Et décidément, ça balance au Vatican... Puisque dans son journal, le cardinal lâche une information qui en surprendra plus d'un... Le soir... Les cardinaux se réunissent autour d'un bon cigare. Vous me direz... L'élection d'un Pape, c'est toujours une histoire de fumée.

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