"Le feu de Vulcain, les foudres de Zeus pour une tragégie grecque" comme le titre Le Parisien. "Une catastrophe national" reprend Le Figaro qui publie une photo satellite. Des colonnes de fumée qui montent du Péloponèse. Le bilan dépasse maintenant les 60 morts. Dans La Provence, un pilote français de Canadair que le gouvernement a envoyé en Grèce, affirme qu'il n'avait jamais vu ça : "J'ai survolé des zones incendiées qui font peut-être 20.000 ou 30.000 hectares, a-t-il indiqué. A titre de comparaison, les Calanques de Marseille couvrent 5.000 hectares. C'est pire que ce que l'on peut imaginer, pire que ce que l'on voit à la télé". "Des flammes et des larmes", titre le Dauphiné, et dans son éditorial, Hélène Pilichowski se demande pourquoi : "Pourquoi tant de flammes sur ce Péloponèse si prisé des touristes ? On en vient, dit-elle, à espérer que la sécheresse et la canicule de l'été en soient les responsables, tant l'idée d'une origine criminelle nous horrifie. Et pourtant, on a de bonnes raisons de penser que des pyromanes sont passés par là". Ce qui fait naître des "pulsions vengeresses" à l'éditorialiste du Dauphiné : "Après tout, nos lointains ancêtres avaient raison de craindre ces foudres, de croire au mauvais génie du fils de Zeus que les Romains ont baptisé Vulcain. Sauf que dans le cas présent, il ne s'agit pas de la colère d'un dieu mais de la folie des hommes". Alors bien sûr, d'autres éditorialistes invoquent le dérèglement climatique. "Les fantômes des athlètes d'Olympie, écrit Philippe Larue dans La Provence, fuient devant les flammes, et près des plages de rêve que nous rallions grâce aux vols à bas prix, nous découvrons l'envers du décor : la nature mutilée, surexploitée, qui ne parvient plus à se reconstituer". Et Patrice Chabanet enchaîne dans Le Journal de la Haute-Marne : "Pour le coup, la tragédie grecque a glissé des mains des dieux de l'antiquité, pour être happée par les mécanismes météorologiques. Le site d'Olympie qui a survécu à deux millénaires de guerres et de paix, se voit menacé à son tour par des flammes assassines". Le site d'Olympie, mais Alexandre Morel dans La Montagne en cite d'autres : le mont Hymette, chateau d'eau d'Athènes, ravagé par les flammes, tout comme les pentes du Pentélique dont ont été extraits les marbres qui produisirent les chefs-d'oeuvre de Périclès. Il n'est pas un lieu ravagé par les flammes dans la Grèce d'aujourdhui qui ne réveille ces références dont procède depuis 25 siècles notre civilisation. Voilà pourquoi, l'éditorialiste trouve totalement justifiée l'aide dont la Grèce est l'objet de la part de la communauté internationale en général, et de l'Union européenne en particulier. L'aide si on veut, semble dire Jean-Claude Kieffer dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace. "Les terribles incendies qui ravagent la Grèce posent la énième fois la question de l'assistance européenne. Non pas sous forme d'un fonds après la catastrophe, mais pour intervenir sous forme d'accord multinational de sapeurs-pompiers, correctement équipés en bombardiers d'eau et en engins de génie. N'en doutons pas, poursuit Kieffer, lundi prochain, lors de la séance de rentrée du Parlement européen, la question sera reposée... et après quelques mots de compassion et une minute de silence pour les victimes, la commission se chargera d'une interminable étude, une de plus, ou déterrera la précédente. Car, dit l'éditorialiste alsacien, une vraie protection civile européenne, avec de vrais moyens, se heurte aux mêmes égoïsmes nationaux". Et si on parlait de la rentrée. Non, vous ne rêvez pas, elle est déjà à la Une de Libération et de France Soir. France Soir qui nous dit que l'ardoise va être salée, surtout si vos enfants vous réclament des produits griffés, les cartables Untel dont on ne pourrait se passer en cour de récré au risque de perdre la face. Bref, selon France Soir, une rentrée en seconde générale, vous coûte plus de 569 euros, et même une rentrée en maternelle coûte 46 euros. Tiens justement, la maternelle. Comme l'école primaire, elle est montrée du doigt par un rapport sévère. Un rapport que le Haut Conseil de l'éducation remet aujourd'hui à Nicolas Sarkozy. C'est la Une de Libération. "L'école au piquet" titre Libé. Selon ce rapport accablant, 40% des élèves sortirait du primaire sans maîtriser les connaissances de base. La maternelle et l'élémentaire paraissent s'être résignées à l'échec des élèves qui accumulent les insuffisances,dit le Haut Conseil qui fait le détail : 100.000 enfants ont des lacunes trop importantes pour pouvoir être comblées, mais il y en a également 200.000 qui ont des acquis fragiles et insuffisants en lecture et en calcul. "L'heure est grave, écrit Renaud Dely. L'heure est grave si, dès le plus jeune âge, l'école ne parvient plus à corriger à l'intérieur des salles de classe, les inégalités qui apparaissent hors de ses murs". Et l'éditorialiste de Libé se tourne vers le président de la République : "Puisqu'il aime à récuser toute forme de fatalité, Nicolas Sarkozy a là, toute lattitude de mettre en oeuvre ce volontarisme qu'il n'a de cesse de mettre en scène. Le président promet d'aller encore plus loin dans l'ouverture ? interroge Renaud Dely. Il a une occasion en or de le faire sur le fond, en réorientant des crédits et en réhabilitant des enseignants désignés à la vindict publique comme responsables d'un naufrage qu'ils s'efforcent d'éviter". Eh oui, c'est la rentrée. L'école, la hausse des prix. "Elle pèse sur le pouvoir d'achat des Français" nous dit Le Figaro, qui parle de la baguette à 1 euro avec un point d'exclamation. Alors comme le souligne Les Echos, il faut de nouveau coup de pouce pour stimuler l'économie. L'immobilier et l'innovation devraient venir au secours de la croissance. Une "croissance hésitante", selon Les Echos. D'autant plus, nous dit La Tribune, que "la crise financière n'est toujours pas réglée". Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, craint un durcissement exagéré du crédit et donne rendez-vous aux banques mercredi. En tout cas, cela n'entame pas, pas encore, la confiance des Français. Les sondages sont toujours au beau fixe pour Nicolas Sarkozy. Après l'Ifop du Journal du Dimanche hier, c'est le TNS-SOFRES du Figaro qui confirme que l'état de grâce continue à l'issue des 100 premiers jours à l'Elysée. 71% des personnes interrogées jugent positive l'action de Sarkozy. Même chez les sympathisants de gauche, il y a une majorité relative, 48%, pour approuver la politique du président. C'est la politique étrangère qui est la mieux notée. Et en politique intérieure, c'est la sécurité et la justice qui réalisent les meilleurs scores. Du coup, on se réinterroge sur le rôle du Premier ministre. "Qui connait Monsieur Fillon ? écrit Jérôme Arnoux dans L'Alsace. Où est-il allé en vacances cet été ? Il faudrait poser la question à son chauffeur. A-t-on vu Monsieur Fillon courir sur une plage, tel un éphèbe en maillot de bain ? Si oui, personne ne l'a pris en photo car tous les objectifs étaient occupés à immortaliser les nombreux joggings présidentiels". "Maigre consolation, reconnait Jérôme Arnoux, les sondeurs continuent d'interroger les Français sur sa popularité : à ce jeu-là, Monsieur Fillon suit Nicolas Sarkozy à la hausse comme à la baisse. Mais 10 points derrière, aussi docilement qu'un toutou en laisse. Pourtant, un jour ou l'autre, le chef de l'Etat aura besoin de mettre en avant ce fidèle cerbère. Mais il faudra pour cela que l'état de grâce ait pris fin. Alors, et alors seulement, Monsieur Fillon aura le privilège de jouer le rôle qu'ont connu tant de ses homologues de la cinquième République : d'abord celui de punching ball et, peut-être, une fois qu'il aura bien encaissé, celui de fusible". Un rôle qu'a bien connu Raymond Barre. Les hommages se sont succédés tout le week-end pour saluer la mémoire de l'ancien premier ministre, mort samedi à Paris. Gaulliste du centre, "économiste rigoureux" comme le qualifie Le Figaro. C'était un "pédagogue du libéralisme" dit Les Echos. Alors que pour La Croix, c'était le symbole de la rigueur en politique. "Mais, dit Dominique Gerbaud, il était trop indépendant pour réussir pleinement en politique. Trop intraitable, trop brusque, pas assez diplomate pour créer le parti politique dont il aurait eu besoin pour accéder à la présidence de la République". Et c'est Nicolas Baret qui s'interroge dans Le Figaro : "N'aurait-on pas dû davantage écouter le meilleur économiste de France qui, disait-il, préférait être impopulaire qu'irresponsable". Et, questionne encore l'éditorialiste : " Pourquoi les électeurs préferent-ils les promesses et le rêve au langage de la vérité. Est-ce une question que l'on peut poser encore aujourd'hui ?"

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