(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : de la lune à la terre

(Bruno Duvic) "Après le succès de la mission Apollo 11, Hergé adressa à Neil Armstrong un dessin où l'on voyait l'astronaute américain accueilli sur la lune par Tintin, Milou, Haddock et Tournesol. Le dessinateur avait ajouté cette dédicace : 'en croyant à ses rêves, l'homme les transforme en réalité'"

Guillaume Goubert rappelle cette anecdote ce matin dans La Croix et il ajoute : « après le 21 juillet 69 (...) nous avons perdu l'ingénuité des années 60. »

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Du rêve américain à l'horreur américaine. La Une de Libération met en scène ce retour sur terre.

Deux photos en couverture…

…En haut : Armstrong sur la lune. C'est le rêve.

En bas, Mitt Romney. C'est l'horreur.

Dans cette Floride d'où la mission lunaire s'est envolée il y a 43 ans, le Parti républicain s'apprête donc à faire de l'ancien gouverneur du Massachussetts son candidat à la présidentielle.

L'horreur américaine selon Libé car jamais depuis les années 50, le Parti républicain ne s'était risqué autant à droite - diminution de la place de l'Etat et des impôts, remises en cause d'une série de programmes sociaux, restriction du droit à l'avortement, mais maintien des dépenses militaires.

Commentaire d'un historien des Etats Unis, Goeffrey Kabaservice : quand les gens souffrent économiquement, ils se raccrochent à Dieu et à leurs fusils.

Le programme du tandem formé par Mitt Romney et son co-listier Paul Ryan, même Les Echos le jugent très conservateur. Et dans sa chronique aux Echos , le spécialiste de politique internationale Dominique ajoute ceci : "L'Amérique peut être légitimement obsédée par le spectre de son déclin relatif, voir dans le caractère abyssal de ses déficits la source majeur de ses problèmes (... Mais) le Parti républicain prend le risque de perdre définitivement les classes moyennes dans les Etats clés.

De la crise à la crise. Au risque de forcer le trait, dans cette histoire américaine, le magazine de photographie Polka fait un parallèle entre les années 30 et aujourd'hui.

La photographe Mel Karch a repris les vieux clichés datant de la Grande dépression et a mis en scène une famille américaine dans la même situation. Même jeune femme à l'air inquiet sur le pas de sa porte et qui tient son bébé dans les bras.

Les pages suivantes montrent des européens confrontés à la dureté des temps. Image de ces Grecs qui donnent le bain à leur bébé à la lueur d'une lampe à gaz.

C'est le temps de l'émigration pour les Européens. Sur slate.fr , un article en ligne depuis quelques jours dessine « Les quatre visages de l'émigration espagnole ». L'année dernière, pour la première fois depuis longtemps, ceux qui ont quitté le pays pour aller trouver une vie meilleure ailleurs sont plus nombreux que ceux qui l'ont rallié.

4 visages, le premier est ceux de ces jeunes diplômés qui vont chercher un job ailleurs. Ils regardent cette émission sur la télé publique espagnole qui donne des conseils pour trouver du travail en Allemagne. En Allemagne ou ailleurs. « Fuite des cerveaux », disent certains à propos de cette hémorragie de jeunes diplômés. "On ne part pas, ils nous virent", répondent les Indignés.

Le deuxième visage, c'est celui de ces Sud-Américains, installés en Espagne ces dernières décennies et qui retournent dans leur pays d'origine. Témoignage d'une équatorienne : quitte à vivre mal autant vivre mal dans son pays.

Il y a aussi ceux qui ont moins de diplôme mais veulent partir coûte que coûte dans un pays européen qui a l'air de s'en sortir, au Nord. Au risque d'aller dans le mur. La télévision norvégienne diffuse des reportages sur ces Espagnols arrivés avec quelques économies vite fondues et qui dorment dehors ou font la plonge dans les restaurants. On les appelle les réfugiés de l'Euro.

La quatrième évaporation de richesse sur laquelle on n'insiste pas assez en Espagne, selon slate , c'est l'évasion fiscale. L'argent perdu équivaut à près d'un quart de la richesse nationale.

L'Europe cherche toujours la porte de sortie.

Alors que le pacte budgétaire n'est pas encore en vigueur, « Merkel veut un nouveau traité européen » nous dit Le Figaro à la Une. "Nous avons encore besoin de plus d'obligations communes, plus de cohérence pour réduite les différences de compétitivité au sein de l'Union européenne", dit la chancelière. Le projet porté par Berlin, explique Le Figaro , donnerait à la cour de justice européenne un droit de surveillance sur le budget des Etats membres et un droit de sanction sur les mauvais élèves. L'idée n'est pas nouvelle, il s'agirait manifestement de l'appuyer un peu plus.

L'Humanité demande déjà que l'actuel pacte soit soumis à referendum. Selon un sondage publié par l'Huma, 72% des Français le voudraient.

Alors est-ce la crise ? En tout cas à la Rochelle, Bruno Dive, dans Sud-Ouest , a reniflé un parfum de nostalgie ce week-end. Etrange atmosphère à l'université d'été du parti socialiste. « D'un parti qui a conquis en un an l'Elysée, le gouvernement, la majorité de l'assemblée nationale et du Sénat, on attendait plus de ferveur ». Etrange atmosphère à Nice où étaient réunis les amis de Nicolas Sarkozy. « La vérité, conclut Bruno Dive, est que la marge de manœuvre des partis politiques s'est beaucoup réduite. Voilà bien longtemps qu'ils ne peuvent plus promettre la lune. »

Alors à la Rochelle, les doutes commencent à poindre, écrit Mediapart .

C'est l'histoire d'un Ayrault trop discret. Le Monde de ce week-end a déjà consacré un long article au Premier Ministre. Libération en remet une dose : des critiques commencent à s'élever sur la passivité du chef du gouvernement."Il répète à longueur d'interviews qu'il aime les coins reculés de la France, cet été on a été servis" dit un parlementaire. "Hollande voudrait que ça bouge plus vite », confie un proche du président. Alors le Premier Ministre a multiplié les apparitions médiatiques ces jours-ci. Il est capitaine de pédago, titre Libé .

Les critiques sur l'inertie du gouvernement, c'est encore du Sarkozy, selon Ivan Drapeau dans La Charente Libre . Comme si nous étions toujours sur le rythme de l'hyperprésident.

Drapeau écrit : « comment interpréter autrement ces sondages selon lesquels les Français s'impatienteraient déjà. Il n'est pas interdit de donner à la gauche un peu de temps pour lui adresser les reproches qu'elle ne manquera pas d'encourir. »

Sarkozy omniprésent…

Derrière le duel Copé/Fillon qui se dessine pour la présidence de l'UMP, il est encore là, selon Christine Clerc dans Le Télégramme .

« Le vrai duel se joue moins entre Copé et Fillon qu'entre Sarkozy et son ancien Premier Ministre. C'est le mépris de l'ancien président qui a fait naître chez François Fillon l'ambition présidentielle, c'est le style impulsif de Nicolas Sarkozy qui a poussé une partie de la droite à voir en lui un recours. »

La campagne de l'UMP se jouera-t-elle à la télévision aussi ? Dans Le Figaro , le directeur de l'information de France télé Thierry Thuillier propose que France 2 organise un débat entre les candidats.

Séquence nostalgie dans la politique française, séquence émigration en Europe, séquence crispation en Amérique…

En relisant l'édito de La Croix hommage à la conquête de la lune les valeurs de confiance et d'audace qui l'accompagnaient, pour retrouver de l’énergie, on a songé à cet Américain né dans une famille pauvre de la Nouvelle Orléans. Il a traversé le 20ème siècle et ses horreurs une trompette à la main et la pipe fendue jusqu'aux oreilleS. Il s'appelait Armstrong. Louis Armstrong.

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