(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les échéances approchent

(Bruno Duvic) Ceux qui ont survécu racontent ce matin dans le Herald Tribune . Tout a commencé par un drôle de bruit, comme le pschitt d'une bouteille de Pepsi qu'on débouche.

Puis l'odeur, qui brulait les yeux et la gorge. Et les effets, immédiats et dévastateurs.

« Attaque chimique ! » ont crié les rebelles dans leurs talkies-walkies. Les haut-parleurs des mosquées exhortaient les habitants à fuir ou monter sur les toits pour mieux respirer. « C'était comme le jour du jugement dernier », dit un activiste.

Le 21 août, c'est "indéniable", dit désormais la diplomatie américaine, le régime syrien a mené une attaque chimique contre son peuple. Et comme l'écrit Alain Barluet dans Le Figaro , « une mécanique accélérée s'est mise en marche », une intervention armée est beaucoup plus qu'une hypothèse. Dernier signe de cela dans la presse ce matin, la tribune de Tony Blair, l'ancien Premier Ministre britannique, dans le Times de Londres : « Halte aux atermoiements, il faut agir».

Agir où, comment et pourquoi ?

Pourquoi ? Pierre Haski répond sur le site rue89 .

Si les 100.000 morts et 2 millions de déplacés ne suffisaient pas, cette attaque chimique du 21 août sera peut être l'événement qui aura changé la donne.

Pourquoi ? Au delà de l'humanitaire, le conflit dépasse désormais la Syrie. Possible contagion régionale. Haski reprend l'expression de Jean-Pierre Filiu, chercheur très militant pour une action ferme contre Assad : « Il ne s'agit plus de morale élémentaire mais de sécurité collective ».

Option la plus probable ce matin : des frapes aériennes dites chirurgicales pour affaiblir le régime. Le cas du Kosovo pourrait servir d'exemple relève La Croix . Une coalition sous l'égide de l'Otan. 78 jours de bombardements contre des sites de l'armée, la télévision serbe, des usines, des centrales électriques.

La guerre fut gagnée. Slate.fr se souvient que les bombardements avaient fait 1.200 victimes civiles en moins de trois mois.

Et la question sans réponse ce matin, c'est celle du jour d'après

Pierre Haski reprend la main sur rue89 . Il faudra faire face aux réponses du régime syrien, en Syrie, mais aussi ailleurs, jusqu'au cœur de l'Europe.

Et il faudra composer avec une opposition morcelée qui compte en son sein des éléments djihadistes ouvertement ennemis des pays occidentaux.

Une attaque au sol après les avions et les missiles ? « Forget it, répond, à l'américaine, le chef d'Etat major français Edouard Guillaud dans Le Parisien-Aujourd'hui en France . Pour intervenir efficacement, il faudrait plusieurs centaines de milliers d'hommes. » Ce n'est pas le Mali ni même la Libye.

Dernier élément, si les Etats Unis semblent plus offensifs depuis ce week-end, l'opinion américaine reste très réticente relève le quotidien L'Opinion . Même après l'attaque chimique, seuls 1/4 des américains sont pour une intervention. Pour eux, la guerre en Syrie, c'est le visage du photographe américain Mathew Schrier, otage torturé pendant 7 mois. Otage des combattants anti-Assad.

En France, les échéances approchent dans le dossier des retraites

La surprise du père Jean-Marc !

Première journée de consultation hier à Matignon. On imaginait à l'avance la sortie des délégations : la CGT fâchée, la CFDT rassurée et le Medef en pétard.

Mais il y eut « Le geste surprise du gouvernement » en direction des patrons comme titrent Les Echos . Les cotisations seraient bel et bien relevées pour combler le déficit des régimes de retraites. Mais en contrepartie, les cotisations pour la branche famille de la Sécu seraient réduites d'autant voire davantage.

Imaginez les patrons ? « Quoi un gouvernement socialiste fait un geste en notre direction ? » Les Echos relèvent d'ailleurs qu'il a fallu un bon quart d'heure à la délégation pour préparer sa réaction face à la presse. Bilan ce matin dans les journaux : encore pas mal d'éditos sur le thème, "on ne réforme pas on bricole", la colère de L'Huma après cette ouverture faite au Medef : « Il va falloir pousser fort », comprenez « manifester nombreux dans la rue le 10 septembre ».

Mais c'est aussi une méthode qui se dessine, méthode dite des tâtonnements dans Le Journal de la Haute-Marne .

Hier je citais l'édito de Jean-Marc Chevauché dans Le Courrier Picard sur le mode « Ayrault tout juste bon à prendre des tomates ».

Cette méthode Ayrault, dans La Charente libre , Jean Louis Hervois n'y voit pas que du mauvais.

« Pédagogie de la parole, de la confiance affichée, de la pendule qui tourne, de la solide poignée de mains, du rabâchage calculé. Ainsi avance la réforme des retraites dans les mains d'un Premier Ministre qui traverse les champs de mine avec ce sourire d'écran télé qu'il affichait dimanche soir sur France 2. Il déroule à l'infini l'énoncé du problème, il rogne les angles, donne quelques indices aux uns et aux autres. Est-ce là le nouveau contrat social dont la gauche rêvait ? Les exemples ne manquent pas de réformes qui ont capoté pour avoir voulu aller trop vite et trop loin. »

Cela dit, quelques mines déposées par d'autres peuvent toujours exploser ici ou là. Celles qui sont ce matin à la Une du Parisien par exemple. EDF, SNCF, Air France : pour faire des économies, ils envisagent de rogner les avantages accordés à leurs salariés - billets de train et d'avion gratuits ou à prix cassés et électricité au rabais. De quoi gonfler les cortèges le 10 septembre.

Quoi d'autre dans la presse ? Les inquiets du jour ?

Alors que les chiffres du chômage sont attendus ce soir, 1900 emplois sont en danger à Marseille. Calcul de La Provence qui recense les cinq grandes entreprises en difficulté dans la région.

Les gloutons du jour

Nos Smartphones, tablettes, ordinateurs et surtout tout ce qui les met en réseau. L'économie numérique consomme 10% de la production mondiale d'électricité. Le chiffre est dans Les Echos . C'est l'équivalent aujourd'hui de l'électricité utilisée il y a près de 30 ans pour éclairer le monde entier. Ce qui coute cher en énergie, ce sont tous les appareils, câbles et serveurs qui font tourner le réseau et permettent d'afficher une vidéo sur nos téléphones en un clin d'œil.

Les volailles du jour

Après les pigeons et les poussins, voici les plumés à la Une de La Voix du Nord . Des entrepreneurs de Roubaix se regroupent pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme des contrôles abusifs et systématiques de l'administration

Le 'Alors" du jour

« Alors » il était comment Antoine de Caunes au grand journal hier soir ? Il était comme ça :

MAGNETO

La voix un peu blanche, quelques petites hésitations... Verdict dans la presse ce matin, « trop sérieux et stressé ? » se demande le Huffington Post , « tendu » pour Rue89 , en rodage pour le Parisien. Peut mieux faire. L'échéance c'est dans un ou deux semaines, quand les émissions concurrentes sur cette tranche stratégique de l'access prime time feront leur rentrée elles aussi.

Au grand journal, il reste des réglages à faire : hier le chroniqueur Augustin Trapenard est longtemps resté autour de la table sans rien dire. Sa chronique a sauté, problème de conducteur.

A demain !

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