Souriez, c’est la rentrée !

Si vous êtes encore en vacances, d’abord vous avez bien de la chance et puis je m’excuse par avance, car nous allons ici parler de la rentrée. Rentrée politique, rentrée médiatique et rentrée scolaire également : c’est le thème qui domine dans les journaux ce matin. Fini les Unes et les dossiers sur les destinations de rêves, les voyages à pas cher ou les meilleurs campings et même si l’on n’a pas envie de penser ‘retour au boulot’, tout nous y ramène ce dimanche, avec tout d’abord une info qui concerne les écoliers : les chiffres des dernières tendances du marché des fournitures.

C’est à lire dans PARIS-MATCH, où l’on apprend que le stylo plume disparaît peu à peu des trousses. Il n’a pas encore été totalement supprimé des listes fournies aux élèves, mais ses ventes sont en chute libre : divisées par deux en neuf ans. Une chute qui a entraîné celle des ventes de cartouche d’encre, d’effaceur et de papier buvard… Certains, sans doute, se désoleront que les élèves n’apprennent plus les pleins et les déliés. D’autres, en revanche, se féliciteront de ne plus voir leurs enfants revenir les vêtements tout tâchés… Car à la place du stylo plume, c’est le roller doté d’une gomme que préconisent maintenant de nombreux instituteurs : ses ventes ont quadruplé ces huit dernières années.

Sachez par ailleurs que les protège-cahiers n’ont plus la cote non plus. Ils sont progressivement supplantés par les cahiers à couverture polypro. En revanche, et assez bizarrement, le marché des bâtons de colle ne cesse de progresser ! « Sans doute parce qu’à l’école, il y a dorénavant plus de feuilles à coller », avance un expert en papeterie. De moins en moins de plumes et plus en plus de colle : voilà donc la tendance de cette rentrée scolaire.

Et de la colle, il en faudra sans doute pour le chef de l’Etat, dont le visage fait la Une du PARISIEN DIMANCHE. De la colle pour tenter de redécoller dans l’opinion…

Comme on le lit aussi dans LE JOURNAL DU DIMANCHE, sa popularité s’est encore effondrée : selon le baromètre IFOP, la cote d’Emmanuel Macron a perdu 14 points en un mois. En juillet, il avait déjà connu une chute de dix points, ce qui fait qu’aujourd’hui, près de 60% des sondés se déclarent « mécontents » ou « très mécontents » de son action… « Macron, attention danger », titre l’hebdomadaire, tandis que LE PARISIEN souligne que les couacs et les errements ont émaillé l’été, tant à l’Assemblée que dans le gouvernement : couacs fiscaux et parlementaires, couacs sur les APL, sans oublier la démission du général De Villiers et les critiques, mardi dernier, formulées par François Hollande, lequel a publiquement mis en garde contre « des sacrifices qui ne serait pas utiles »…

Mais, selon le quotidien, le président de la République a décidé de réagir. « Opération reprise en main » : de Matignon au groupe La République en Marche, les hommes et les femmes du chef de l’Etat sont priés de monter au front pour défendre sa politique en faisant taire les polémiques. De cela, il sera question lors du séminaire gouvernemental de rentrée organisé demain.

C’est ainsi que le Premier ministre devrait, à l’avenir, davantage « occuper l’espace » : série de déplacements le mois prochain, et série d’interviews – notamment sur France Inter dimanche. Selon le CANARD ENCHAINE, Emmanuel Macron se serait agacé cet été que le chef du gouvernement « n’imprime pas auprès de l’opinion ». Message reçu cinq sur cinq, nous dit-on : Edouard Philippe ira plus souvent au charbon. En tentant d’éviter les flottements perceptibles lors de sa prestation de jeudi sur BFMTV. A plusieurs reprises, à des questions précises, il a répondu « Je ne sais pas »… « C’est vrai qu’il a été un peu coincé, admet l’un de ses conseillers, mais c’est honnête de sa part de dire qu’il ne sait pas quand il ne sait pas. Il est humble et sérieux. » Sauf que, malheureusement, l’humilité n’est pas forcément une qualité en politique…

Dès lors, même les ministres ont été invités à « occuper l’espace » et une brigade spéciale de députés devrait passer à l’offensive ! L’Elysée a identifié une petite dizaine de snipeurs potentiels – des snipeurs En Marche : tous ont moins de quarante ans, ils passent bien à l’image et devraient désormais s’exprimer davantage pour défendre le président dans les médias…

Et du reste, Emmanuel Macron lui-même s’exprimera davantage. « Pour lui, c’est le moment de parler », titre ainsi le JDD. Notamment à la radio, comme sur les réseaux sociaux.

Sérieux changement de stratégie… Jusque-là, le mot d’ordre c’était : de l’image mais peu de parole. De quoi susciter le désir, tout en donnant du prestige aux rares mots prononcés – surtout ne pas faire comme ses prédécesseurs, qui selon lui, parlaient beaucoup trop et à trop de monde – et surtout à trop de journalistes… Et puis jeudi dernier, lors de son déplacement dans les pays d’Europe de l’Est, il a finalement fait du « off » dans l’avion avec des confrères… Visiblement, le chef de l’Etat a donc acheté des bâtons de colle, pour redécoller dans l’opinion, tout en tentant de recoller les morceaux avec la presse.

Cela dit, c’est un autre visage politique qui fait la Une ce matin du JOURNAL DU DIMANCHE : celui de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui livre sa vision du pouvoir et, surtout, de la gauche… « Il y a un autre chemin possible », assure-t-elle à l’hebdomadaire, « un autre chemin que la dérégulation ». Elle précise également qu’elle n’envisage pas d’adhérer à En Marche, mais qu’elle pas à se définir comme « opposante ». A sa Une, le journal évoque tout à la fois l’interview de la maire de Paris et les difficultés du président de la République, d’où ce titre en deux phrases : « Macron s’enlise, Hidalgo prend date ». D’emblée, je me suis dit qu’il y avait une contrepèterie, mais j’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé.

Sur le plan politique, on notera également le soutien de Brice Hortefeux à Laurent Wauquiez dans les colonnes du JDD : son soutien pour la présidence du parti Les Républicains. « Je retrouve en Wauquiez, dit-il, l’envie de Sarkozy ».

On notera par ailleurs que les syndicats ne savent toujours pas précisément ce que contiendront les ordonnances sur la loi travail – dès lors, c’est toujours la perplexité qui domine chez les partenaires sociaux, à quelques jours de la présentation desdites ordonnances. « Jamais un texte n’a autant été mis au secret », analyse Emmanuelle Souffi dans LE JOURNAL DU DIMANCHE.

Çà et là dans la presse, on trouve par ailleurs de longues pages consacrées aux 20 ans de la mort de la mort de Lady Di… C’était dans la nuit du 30 au 31 août 1997 – un accident de voiture sous le pont de l’Alma… Dans LE TELEGRAMME : témoignage d’Annick Cojean, la dernière journaliste à l’avoir rencontrée. Elle évoque « une femme libre, mûrie par les épreuve et dénuée de complexes »… Et puis dans LE PROGRES, autre témoignage inédit : celui de Pierre-Alain Muet. A l’époque conseiller à Matignon, c’est lui qui était de permanence la nuit de l’accident, et ce qu’il raconte, ce sont les coulisses politiques : le coup de fil du préfet, le Premier ministre Lionel Jospin qui revient en urgence à Paris, et le chef de l’Etat totalement injoignable… Plus tard, on apprendra – confidence de son chauffeur, que Jacques Chirac était absent de l’Elysée… Cette nuit-là, il dormait chez l’actrice Claudia Cardinale.

Enfin, un petit mot sur la rentrée à France Inter. C’est demain que débute la nouvelle grille et pour l’occasion, interview d’Antoine de Caunes dans LE PARISIEN DIMANCHE… Il dit au journal sa joie de rejoindre la chaîne, sur laquelle il animera, de 16 heures à 17 heures l’émission Pop, pop, pop ! « J’aime bien les titres à la con », explique-t-il… Allez, pop, pop, pop, même si vous êtes en vacances, souriez, c’est la rentrée !

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