Au G7, le Président Macron a aussi choisi la pintade du dîner, cuite aux herbes, les ailes farcies de formage blanc et Sud-Ouest nous raconte les agapes des grands. Dans le Monde, un anthropologue passionnant sur la forêt amazonienne et ses peuples. Dans Slate, en photos, l'intimité des voitures de vétérans américains.

Violences conjugales
Violences conjugales © Getty / Kittisak Jirasittichai / EyeEm

On parle de pintade ce matin!

La pintade fermière de de la famille Tauzin a Saint-Sever, que Michel Guérard chef triplement étoilé a servi dimanche aux grands du G7, elle avait notre pintade les ailes farcies de fromage blanc, cuite aux herbes, foie gras accompagné d’un gratin sur braise avec une mousse de sauce verte... Elle fut  précédée d'une soupe «  zéphyr de truffes noires et blanches flottant dans un potage à base de blancs de poireaux et de pommes de terre ». Et nous pouvons envier les agapes des grands de ce monde, que Sud-Ouest, édition basque, me décrit copieusement... et rend une vérité charnelle à ce G7 biarrot qui fut me dit la presse un bon moment de France.. dont le Président Macron parle à l'oreille de Donald Trump dans la Croix, et l'enlace dans Libération, Macron prèt à organiser une rencontre entre Trump et le président iranien, la Une du New York Times... Et le Président n'a pas fait que cela, il a aussi me dit Sud Ouest choisi la pintade pour régaler ses hôtes, et il a trouvé le repas "formidable".

Et voilà donc ce qu'un somment nous fait, Sud Ouest comme les confrères analyse le culot et la volonté du chef de l'Etat, mais mieux que les confrères nous fait spectateurs et peut-être groupies des grands de ce monde et de leurs compagnes. Mesdames Trump et Macron avec de jeunes surfeurs, Mme Abe, épouse du premier ministre japonais se fait ouvrir un musée et trouve que Biarritz et le japon ont beaucoup en commun, la pêche à la baleine... Et puis donc ces repas qui nous disent la France, conclut Michel Guérard, puisque la cuisine est associée à notre histoire depuis Carême, le cuisinier de Talleyrand... 

Talleyrand, ce maitre diplomate qui en 1815 d'une france vaincue fit un acteur du monde quand une sorte de G7 dansait à Vienne en congrès...

La presse heureusement est son propre antidote, et les journaux tempèrent l'extase, la planète n'est pas sauvée d'un sommet bien mené. On lit déjà sur les sites que le Brésil a refusé l'aide du G7 pour combattre le feu dans la forêt amazonienne. On lit dans l'Humanité que nous français ne sommes pas impeccables pour la petite part d'Amazonie que nous possédons en Guyane. On lit dans le Figaro une carte mondiale des forêts incendiées, l'Afrique est maculée de rouge, comme l'Indonésie, et en Sibérie des millions d'hectares de forêt boréale ont été ravagés depuis juin... On lit enfin sur le site du Monde un entretien passionnant avec un anthropologue, Philippe Descola, spécialiste de l'Amazonie équatorienne. Descola explique le sort des habitants de la forêt amazonienne, paysans et indiens spoliés avant même les incendies, il décrit l'illusion des villes brésiliennes sur la forêt dont on croit qu'elle pourra toujours se régénérer, il pointe notre hypocrisie d'européens dont les vaches sont nourries du soja amazonien, et il plaide pour que nous renoncions à nos idées simples sur les souverainetés des Etats, il faudrait  que des territoires et les habitants qui les portent, un fleuve brésilien mais aussi la Loire par exemple, deviennent des personnalités juridiques dotées de droits... Lisez ce savant, moins glamour, mais aussi nourrissant qu'une pintade, même d'un chef pour les dieux...

On parle aussi de forêts françaises...  

Qui sont dans Libération un objet de désir... Des hommes et des femmes enlacent des arbres, les caressent,  yeux bandés dans les bois et se laissent griser par les odeurs d'humus, de décomposition... Cela s'appelle des bains de forêts, cela requinque, cela vient du Japon et cela se pratique en France dans la Drôme, et c'est l'article le plus sensuel d'un numéro spécial de Libération consacré aux forêts...  C'est le moment, tant l'arbre aimé est fragile, et à lire notre presse, on découvre, loin du feu spectaculaire de l'Amazonie, tant de menaces près de chez nous. Dans le Morvan, un insecte, le scolyte, assassine les épicéas, dit l'Yonne Républicaine. Au bois de Frémontiers, les frênes sont condamnés par la chalarose un champignon venue d’Asie, dit le Courrier picard. Dans l'Aube me dit l’Est-éclair, les arbres grillent de coup de soleil dans la canicule... Et à Nonards en Corrèze, un étudiant déprimé qui brulait de vieux papiers qui lui rappelaient de mauvais souvenirs, a fait bruler 5000 hectares de forêt... Et on ne sait en lisant cette histoire dans le Populaire du Centre si l'on doit d'abord pleurer les arbres ou plaindre un jeune homme en errance, doublement orphelin, trois fois interné en hôpital psychiatrique. La misère humaine vaut celle de la nature.

Dans Slate, vous verrez des photos poignantes, des natures mortes de métal et de plastique et de déchets qui disent tout, tout doucement, des vies balayées par la violence, elles sont exposées aux rencontre d'Arles, ce sont les intérieurs de voitures de vétérans américains, des anciens soldats qui ont livré l'intimité de leur véhicule au photographe Matthew Casteel, et c'est un cendrier débordant de mégots, un pistolet près d'une assiette sur le siège passager où repose un hamburger à moitié mâché et tout le reste se devine, de ce que l'homme fait à l'homme. A Perpignan, c'est dans l'indépendant, un jeune homme, coiffeur, accompagnée d'une amie violoniste, coupe les cheveux des gens perdus dans la rue. L'homme se console aussi. 

Et pour finir la mort d'une femme, dans la Dépêche...

Qui avait 26 ans, et que son compagnon a tuée dimanche soir à Toulouse de vingt coups de couteaux avant de se lacérer la poitrine, mais lui vivra... Cela s'appelle un féminicide, une femme tuée par ce que femme, il y en a eu 96 en France cette année. Le meurtre est raconté par une voisine alertée par des cris, et qui a pris la jeune femme dans ses bras, elle l’a vu mourir, on ne lit pas ceci sans être bouleversé.  "La victime était recouverte de sang. Elle me tendait le bras et me disait : aidez-moi ! aidez-moi ! J’ai été chercher une serviette de toilette. J’ai appliqué des points de compression avec la serviette. J’avais en même temps les pompiers avec moi au téléphone. J’ai attendu les secours et je lui disais de tenir bon. Elle se débattait et je n’avais personne autour de moi pour m’aider."

A quelque pages dans le même journal, la Dépêche, une autre jeune femme, merveilleuse de vie, elle s'appelle Coralie. Elle fabrique des peluches à partir des dessins que lui envoient des enfants, parfois malades. Ses doudous biscornus sont tout ce qu'on désire. 

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