Ca va mieux.

Au FIGARO qui s'interroge ce matin, où nous en étions un an avant, chaque élection présidentielle, et à LA CROIX qui affirme que 2017 symbolise le désir de renouveau et le rejet de la classe politique, les chiffres du chômage de mars apportent une nouvelle donne ce matin... au personnel politique. 60.000 demandeurs d'emplois en moins. Le chiffre est impressionnant souligne LES ECHOS. Si ce n'est, trop beau pour être vrai. Un tel recul ne s'était pas vu depuis 2000. A un an de la présidentielle, on ne laisse pas passer le temps écrit Cécile Cornudet. On ne craint pas les superlatifs. Et c'est donc logiquement que le gouvernement s'est jeté sur les bonnes nouvelles. Trop heureux de justifier le "ça va mieux" de François Hollande lors de sa dernière émission télévisée.

Ca va mieux. Le FIGARO dans ses pages saumon confirme, mais nuance. C'est une bonne surprise dans un contexte social tendu. A l'heure où syndicats, étudiants, lycéens et intermittents appellent à manifester demain.

Ca va mieux. Mais le mouvement Nuit Debout reste un caillou dans la chaussure du gouvernement.

Entre compréhension et fermeté, il hésite écrit LE FIGARO. Le journal dresse le portrait de ce peuple de gauche constitué, selon lui, principalement de la classe moyenne de l'est et du nord de Paris mêlée à des utopistes et des anarchistes. Mais tous sont des déçus du socialisme. Camille, en master de musicologie. "Les tags et les vitres brisées des agences bancaires, ça me fait marrer" dit-il. Mais attention dit un tract. On ne rencontre pas, place de la République, les casseurs décérébrés que les médias décrivent. Juste des briseurs de frontières. Ca fait un bien fou dit une chargée de communication dans une grande école de commerce. On rencontre des gens ouverts. Plutôt des gens qui n'ont rien dans le cerveau pour Nicolas Sarkozy dont les propos hier, à Nice ont été repris par le site du HUFFINGTON POST et LIBERATION. Des gens manipulés par des gourous, pour le cinéaste Romain Goupil dans LE FIGARO.

Mais des gens s'organisent

C'est à lire dans LE MONDE. Entre les forces de l'ordre, les manifestants et les casseurs, des collectifs s'organisent dans la rue et sur les réseaux sociaux pour surveiller et contrer ce qu'ils considèrent comme des violences policières. Alexis Kraland est un jeune reporter indépendant. Il suit les manifestations avec sa caméra. Les médias traditionnels dit-il, se focalisent trente secondes sur les violences et diffusent ensuite, l'interview des leaders syndicaux. Lui préfère présenter les manifestations de manière chronologique et montrer les raisons des éventuels débordements. Tous les arguments recueillis sur le terrain, servent ensuite aux avocats quand il y a interpellation par exemple. Et bien sûr, toutes ces initiatives sont relayées par les sites militants et les réseaux sociaux.

Et Internet participe à ce mouvement politique

C'est même une partie intégrante du mouvement. Rappelez-vous. Le mouvement contre le projet de loi travail est né d'une pétition en ligne. Pour LIBERATION, ça montre comment la viralité du Web nourrit la mobilisation dans la rue. Ce qui change explique Caroline de Haas à l'origine de la pétition contre la loi travail, c'est la force de frappe et le rôle des signataires en tant que relais de l'information. Alors question posée par L'OPINION ce matin. Quelle valeur l'information a t'elle aujourd'hui ? Les chaînes d'information assistent à l'émergence des applications vidéos en direct sur internet. Depuis le mois de janvier, l'application Périscope est devenue une des plus téléchargée en France. On doit ce succès, en partie, à la vidéo de Serge Aurier. Vous savez. Ce joueur de foot du PSG qui n'hésitait pas à traiter de fiotte Laurent Blanc son entraîneur. Mais aussi à Rémy Buisine.

C'est lui qui a pris les premières images du Bataclan le 13 novembre dernier. Depuis fin mars, il fait office de reporter intégré à Nuit Debout. Il relaie les images du mouvement sur son site, via Périscope. Le 18 mars, lors de l'arrestation de Salah Abdeslam, de son côté, I-Télé a aussi diffusé les images d'un périscopeur. Quoi faire de ces images qui viennent d'inconnus ? Les chaînes de télé réfléchissent. Car il y a une donne à prendre en compte. Le droit à l'image qui un jour posera problème et la course à l'audience.

La course à l'audience, la course aux abonnés, les médias sont à la peine en ce moment.

La course aux abonnés, elle est chez Canal+. Le site LES JOURS révèle ce matin, que Canal en a perdu 200.000 sur le premier trimestre. La faute à la concurrence de Netflix mais aussi de Bolloré dit le site. Un cadre, qui a fini par quitter le groupe récemment, raconte : "Bolloré, c’est un mode de management très particulier. Comment arriver en un rien de temps à faire que les salariés ne soient plus fiers de dire “Je travaille pour Canal+” ?

A France Télévisions, l'écran aussi est brouillé selon L'EQUIPE. Le groupe doit dévoiler son dispositif pour les JO, mais le malaise qui règne dans l'entreprise touche aussi les sports. Quel avenir pour Stade 2 ? L'émission qui a à la 40aine, perd des télespectateurs. Il y a le problème de l'âge des journalistes. Gérard Holtz a 70 ans. Bilallian le patron aussi. Il y a le problème des ménages, que les journalistes animent moyennant finance, chez des sponsors. Il y a le soucis de ces journalistes absents en dehors des évènements qu'ils commentent. Et puis il y a la lourdeur des équipes. Une journaliste qui vit au Brésil dénonce ces équipes qui mettent 5 jours à tourner un sujet que l'on met nous, deux jours à faire. Des JRI et des preneurs de sons qui dit-elle, devraient arrêter de se biturer la gueule.

Pas très cool l'ambiance à France Télévision donc. On le savait déjà avec la motion de défiance à Michel Field rappelle LE CANARD ENCHAÎNE. Ce qu'on savait moins dit le Canard, c'est que le patron de l'information en aurait remis une couche. Il a promis je cite : "de rendre gorge aux salariés qui parlent à la presse". A ce rythme là, persifle un journaliste, il ne va plus rester grand monde.

Eux, la presse, ils savent jouer avec

Les avocats de Salah Abdeslam. LA VOIX DU NORD relayée par LE SOIR DE BELGIQUE et LA LIBRE BELGIQUE ce matin, annoncent que Franck Berton sera l'avocat français du terroriste. C'est une décision pas facile à prendre reconnaît Franck Berton. Mais on n'est pas dans une dictature dit l'avocat, on est là pour défendre. Car Franck Berton, l'homme à la tête de malfrat si bien décrit dans la presse belge, a été sollicité par Sven Mary...

Sven Mary, physique à la Bruce Willis, l'avocat belge de Salah Abdeslam décrit en parallèle dans LIBERATION ce matin. Pas simple d'assurer la défense d'un prévenu aussi décrié. Il y a les menaces, les attaques physiques, ses filles escortées par la police pour aller à l'école. Sven Mary est pour certain, un fouille merde. Un avocat qui plaide dans la rue et utilise les journalistes. Que pense t'il d'Abdeslam ?

C'est un petit con de Molenbeek. Un suiveur plutôt qu'un meneur. Il a l'intelligence d'un cendrier vide. Je lui ai demandé s'il avait lu le Coran. Il en a lu les interprêtations sur internet. Pour les esprits simples, c'est parfait. C'est le maximum qu'il puisse comprendre. Le pouvoir du net. Dans TELERAMA, Olivier Tesquet dit faire partie de la génération qui a grandit avec un ordinateur entre les mains. Facebook, Twitter, Instagram, internet dit-il, nous abreuve d'informations tout au long de la journée. Mais qu'en retient-on vraiment ? Je vous laisse méditer.

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