Whirpool, théâtre de l'affrontement présidentiel Qui a gagné mais surtout de quoi est-il le nom?

La revue de presse, bonjour hélène jouan

La presse qui revient évidemment sur Whirlpool, théâtre hier de l’affrontement entre les 2 finalistes de la présidentielle

Ce que le journal l’Opinion appelle ce matin « la bataille de la Somme ». Le site le Huffington post pose la question : « que les électeurs retiendront-ils de cette journée: les belles images de Marine Le Pen (mais l'absence de proposition pour le site) ou le courage d'Emmanuel Macron (mais la grosse contestation qu'il a dû affronter) ? »

Dans le journal d’Amiens et de sa région, le Courrier Picard, édito de Bertrand Meinnel intitulé « séquence essorage ». « Deux conceptions de la politique se sont exprimées devant les salariés menacés, écrit-il, en direct sur les médias. Ce fut l’émotion contre la raison, la communication contre la concertation, la politicienne rouée, qui arrive avec ses militants contre le technocrate qui débute sur le terrain ». L’éditorialiste rend grâce au « candidat amiénois » de ne pas avoir esquivé le débat. A défaut de convaincre ou rassurer, il n’a pas transigé sur son message, ni sur sa méthode. Et il a évité l’écueil des promesses faciles et vaines à la Hollande devant Arcelor à Fleurange ».

Bertille Bayard dans le Figaro revient sur cette boucle : « de Florange à Amiens écrit elle, elle aurait pu se souvenir d’Evry avec Jospin comme vous Patrick, l’industrie marque les campagnes politiques ». » D’ailleurs, le parallèle est frappant jusque dans la tactique souligne t elle. Hier Marine le Pen a doublé son adversaire à Amiens, tout comme François Hollande il y a 5 ans s’était rendu par surprise à Florange», le Parisien nous raconte effectivement qu’en plein comité stratégique hier, elle s’est levée en lâchant juste « j’ai quelque chose à faire », et elle a filé chez Whirlpool sans que personne ne soit au courant. « Amiens, dit encore le Figaro, est un précipité d’enjeux politiques, le concentré des plus grandes angoisses des français, face à la mondialisation, à l’europe, à la désindustrialisation. ». « Un concentré presque chimiquement pur dit pour sa part Grégoire Biseau dans Libération, c’est comme si plus de 10 ans après le débat sur le traité européen de 2005 , sur ce parking de l’usine Whirpool hier, s’étaient données rendez vous la France des Ouistes et celle de nonistes, pour trancher la question qui fracture la France en silence, l’Europe est-elle une protection ou une menace pour l’emploi et le pouvoir d’achat ? Marine le Pen souhaite reconstruire la majorité de français qui avaient voté non. Mais que propose t elle ? tout faire pour éviter la fermeture de l’usine, y compris passer par une nationalisation temporaire. Pourquoi pas, mais la même réponse à toutes les usines françaises menacées mettrait son gouvernement dans une situation impossible relève t il. Quant à Emmanuel MAcron, il répond que l’europe ne s’en sortira que par une plus forte intégration. C’est la grande faiblesse marketing dit il de son message : comment convaincre que Plus de négatif (ce que l’europe représente aujorudhui) peut au final devenir quelque chose de positif ? »

Une autre bataille, que celle de la Somme, est à la Une de la presse ce matin Hélène

Celle des législatives qui intéresse le Figaro, le quotidien liste les inconnues de 3ème tour de cette présidentielle, En marche peut il transformer l’essai, combien d’élus pour le Fn, le PS ou encore, les Républicains peuvent ils imposer une cohabitation au président élu ? C’est ce sur quoi ils comptent, François Baroin s’est déjà porté candidat au poste de premier ministre. Reste à déterminer leur projet législatif. Et là, sacrés divergences en vue. « Eric Woerth, déjà auteur d’un nombre incalculable de versions du projet de la droite nous dit Judith Waintraub a été chargé de remettre l’ouvrage sur le métier. A priori, sans trop dévier du programme Fillon ». Mais Xavier Bertrand dans un entretien au Point prend le contrepied de cette posture, affirmant que ce projet doit être amendé, « la droite a vocation à être populaire » assure-t-il, entendez, parler aux classes populaires qui ont largement fait défaut dimanche dernier au candidat Fillon. La défaite de François Fillon qui continue d’ailleurs à pulvériser son camp : hier le député et ancien ministre Pierre Lellouche a annoncé qu’il se retirait de la vie politique après cette campagne présidentielle qu’il a vécue dit il comme « une épreuve calamiteuse », dénonçant l’hystérie d’une secte autour du candidat» Il estime par ailleurs "incohérente" la position consistant à soutenir Emmanuel Macron face à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, avant de faire campagne contre lui aux législatives. Lettre au vitriol publiée sur les sites du Monde ou de l’Express

L’électorat catholique divisé pour le second tour, la presse catholique moins semble-t-il. Ce matin, la Croix réagit au mot d’ordre, « Macron c’est non », de la Manif pour Tous.Le directeur de la rédaction Guillaume Goubert offre en regard le programme de Marine le Pen sur les enjeux familiaux: sa volonté écrit-il de « mettre fin à l’automaticité du regroupement familial ou de réserver la politique nataliste aux seules familles françaises aura des conséquences lourdes sur la vie de familles dignes de respect », et il conclut « mieux vaut combattre certaines idées d’Emmanuel Macron que de subit l’idéologie frontiste ». Même engagement d’Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin magazine. La volonté de repli et de fermeture de Marine le Pen n’est pas une option fidèle à L’évangile, Pour moi Marine le Pen, c’est non »

Enfin, débat de l’entre-deux tours parfaitement paritaire mercredi prochain : 1 candidat, une candidate, une journaliste Nathalie St Cricq, un journaliste Christophe Jakubizin. Le parisien vous raconte ce matin comment le « csa a mis le bazar en imposant cette parité », celle des journalistes s’entend. Une parité qui a pourtant toujours été la norme, sauf en 1995.

Pour terminer, rien à voir, un procès qui tourne au procès

Et une leçon de droit administrée ce matin par Stéphane Durant Souffland dans le Figaro. Le chroniqueur judiciaire assiste au procès de Françis Heaulme pour le meurtre de deux petits garçons à Montigny les Metz en 86. Ce double meurtre pour lequel Patrick Dils avait été condamné, puis acquitté en 2002. Durant Souffland raconte l’audience d’hier où l’innocenté était appelé à témoigner en visio conférence, et comment ce témoignage a tourné à une nouvelle mise en accusation. La défense raconte t il s’emploie à salir le témoin, jusqu’à lui demander de venir physiquement à l’audience « vous le devez aux familles des victimes » ose même un avocat. Le journaliste s’offusque et explique « Si françis Heaulmes est présumé innocent, Patrick Dils lui est certifié innocent. La justice assène-t-il, n’a pas su hier protéger un homme qu’elle a acquitté ». Leçon de droit. Revenir au droit quand tout va de travers

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