Dans les archives du Monde, on voit la cohérence de Henri Weber, passé de la Révolution à la Réforme, qui préservait la raison qui nous protège. Aux Etats-Unis, des entreprises dépensent des millions contre les syndicats, les Echos. On prépare l'Iftar dans les locaux d'une peña à Bayonne, vaillant Ramadan, Sud-Ouest!

On parle de syndicalistes…

Que des patrons redoutent et veulent chasser de leurs entreprises et pour cela dépensent des millions de dollars. On lit dans les Echos, une enquête sur les consultants anti-syndicats aux Etats-Unis qui plaident dénigrent divisent intimident pour pour convaincre des employés de ne pas créer de syndicat. Juteux business. Le marché anti-syndicats est estimé à 340 millions de dollars par an, il fait partie des normes américaines, même s'il a été dénoncée par un documentaire Netflix produit par les époux Obama! Le site de France 24 a raconté en novembre comment google a fait appel à ces consultants, introduisant la pratique dans la Silicon valley… La semaine dernière, le site Korii, déclinaison économique de Slate, a relayé une enquête de Business insider sur les magasins d'alimentation Whole Foods, filiale d’Amazon, qui sur une carte marquée de points rouges, dresse la liste de ses établissement qui risquent de se syndicaliser….

Voilà qui aurait passionné un homme rare précieux qui nous a quitté hier à 75 ans, victime du Covid-19. 

Il s’appelait Henri Weber, et il y a presque 50 ans, en 1971, sa photo et son nom écorché ornaient un tract anonyme mais patronal distribué  aux ouvriers de Citroen à rennes… « Ouvriers bretons, les taupes rouges vous intéressent ? Qui les dirige? Il se nomme Henrick Weber, né à Leninabad (U.R.S.S.). Il est professeur de philosophie. Connaît-il mieux les problèmes de la campagne bretonne que les problèmes de la steppe russe? » . Et près du domicile de Weber on voyait une affiche avec sa photo encore et et son adresse. « Cet homme est dangereux c'est lui qui inculque aux jeunes de ce pays le mépris de la patrie et des parents. Attention à toi Weber ! Tes crimes ne resteront pas Impunis !" 

J’ai retrouvé cette histoire en allant explorer les archives du Monde, elles sont copieuse de souvenirs de Weber qui en 1971, était un jeune dirigeant du trotskisme français juste après mai 68, qu’il voyait comme une répétition de la Révolution, mais redoutait aussi qu’un jour le fascisme l’emporte… 

Cet homme passionné par la politique et l’idée évoluerait vers la social-démocratie, serait eurodéputé et sénateur socialiste mais surtout un inlassable défenseur du réformisme et de l’Etat de droit… 

Henri Weber est mort d’une maladie de hasard dans notre époque sans structure, mais qui ne le décourageait pas, il se battait encore. Quand il critiquait le mouvement des gilets jaunes, c’était en se référant à la révolution russe; même les soviets de Petrograd élisaient des délégués, écrivait Weber dans Slate, et sans l’élection, sans  représentation, il n’est pas de démocratie.

Le Monde et d’autres résument la vie d’un enfant d’immigrés juifs polonais en insistant sur son parcours révolutionnaire… Mais en allant chercher dans les vieux journaux (ALLEZ-Y) les textes sur et de Weber qui était un homme de l’écrit, on retrouve une passion durable, moins excitante, celle des formes et de la raison qui nous préservent. Dans les années 70, il bataillait contre les maoïstes, ces rivaux en gauchisme dont il réprouvait l'agitation. A la mort de Raymond Aron, il s'était souvenu pour le Figaro du silence religieux avec lequel les révolutionnaires suivaient les cours du grand libéral. Les derniers textes de Weber se penchaient sur ce mal français qui s'appelle la méfiance... Il y a un an , il avait twitté son contentement de nous voir, France Inter, première radio de France, voyant en nous un rempart contre le complotisme.

Et si chaque auditeur, chaque confiance nous oblige, son écoute me manque particulièrement.

On parle de vaccin ce matin...

Dans le Figaro qui dresse un tableau vaste et minutieux des pistes vaccinales contre le Covid-19, et dans Libération qui interroge le directeur du laboratoire Pasteur-TheraVectys, Pierre Charneau. Il affirme avoir développé un test de sérologie qui permet d’identifier ceux d'entre nous qui seront protégés du Covid-19. Il explique méthodiquement la différence entre anticorps et immunités, déblaie illusions et réalités autour des vaccins, et c'est un heureux exercice de raison face à cette maladie qui nous vole.

Mediapart rend hommage, dans une page dédiée, aux soignants décédés du virus et je découvre des vies des sourires et aussi les prémonitions d’Elisabeth morte à 43 ans et qui avant de mourir pleurait le soir en rentrant de l’Ehpad où elle travaillait.

Dans la Croix, une femme raconte que son mari a voulu mourir, un vieil homme dont nous connaissons la voix. Quand son épouse a eu de la fièvre, Edgar Morin lui a dit ceci: « Si tu l’as, je veux l’avoir. Si tu pars, je pars aussi. Je ne veux pas me protéger.» Finalement Sabah Abouessalam-Morin, a été testée négative, elle n'avait pas le Covid, mais elle veut raconter une preuve d'amour et avec Edgar tous deux parlent de la tendresse dans le confinement.

Sophie, elle, a vraiment été malade du coronavirus, je lis l'histoire dans le Télégramme. Quand elle est rentrée chez elle à Quiberon après avoir été soignée à Vannes, des voisins anonymes ont commencé à la harceler, on glisse des mots d’insulte sous son paillasson, on raye sa voiture on tague sa porte, « Dégage », « Suicide-toi », on la photographie quand elle sort de chez elle et l’intervention des gendarmes n’a fait qu’exciter un peu plus la bête contre une femme handicapée, rescapée, désespérée..

Mais la solidarité existe aussi. 

Et je lis dans Sud-Ouest cette histoire de Ramadan parfumée au safran et au citron confit, qui me vient de Bayonne. La peña Haiz’Egoa, une association basque locale dédiée aux chants et au pintxo, cette délicatesse posée sur une tranche de pain, a prêté à la communauté musulmane son local des remparts et sa cuisine de concours, et chaque jour  des cuisinières Zineb, Saïda, Malika, Chérifa et Houria s'activent à cuire l'Iftar, le repas de la rupture de jeune que d"habitude on offre à la mosquée: cette année, on livre aux nécessiteux  l’agneau au pruneau, la harira ou la chorba. Le livreur en chef Abdellatif Boutaty, est un ancien deuxième ligne de l’Aviron Bayonnais. Vaillant Ramadan!

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