De l'ignoble à l'exploit, d'Alep à la baisse du chômage, histoire de regards ce matin, dans la presse.

Histoire de regards ce matin, dans la presse.

Oser regarder l'ignoble.

Des enfants syriens blessés de guerre, mutilés. LA CROIX a parlé avec Bdour et Qusaï, dans les camps de réfugiés en Jordanie. Il y a un an, à Alep, la jambe de Bdour a été touchée par des éclats d'obus. C'était la nuit. Maintenant, elle essaie de poser son pied par terre. Pas simple. Qusaï a 15 ans, mais lui, n'a plus de jambes. Il y a trois ans, Qusaï attendait son père dans sa voiture à Deera quand une bombe a explosé. Médecins Sans Frontières l'a soigné en Jordanie. Il a maintenant une paire de prothèses qu'il bricole, parce qu'il est encore en pleine croissance. J'ai dû grandir plus vite que les garçons de mon âge. Comme Bdour, il ne se plaint pas. "J'ai appris de la guerre dit-il. Je suis un homme maintenant." Ceux là rêvent malgré tout d'un avenir meilleur, ailleurs, en Europe.

Oser regarder à nouveau Calais.

Mais que vaut cet ailleurs ? A lire THE INDEPENDENT ce matin, des centaines de réfugiés reviennent dans le nord de la France, deux mois après le démantèlement de la Jungle. THE INDEPENDANT a identifié six camps cachés. Beaucoup sont des enfants dont les demandes d'asiles ont été rejetés par la Grande-Bretagne. Il y a des adultes aussi, explique un bénévole. Déçus de ne pas avoir pu demander l'asile en France, ils vont retenter leur chance ici. Des mini-jungles autour de Calais ? Il n'y en a pas assure la préfecture du Nord-Pas-de-Calais à THE INDEPENDANT et il n'y a pas de retour de réfugiés.

Oser regarder Alep-Est.

Oser regarder les ruines de la vieille ville dévastée. Georges Malbrunot du FIGARO s'est rendu à la grande mosquée des Omeyyades. Enfin, ce qu'il en reste après les bombardements. Les insurgés tenaient l'édifice depuis quatre ans. C'était parfois des combats d'hommes à homme se souvient un soldat de Bachar. Le minaret du XIème siècle est tombé. L'armée, dit-il, ne voulait pas détruire ce lieu saint. Des grappes d'habitants d'Alep se promènent aujourd'hui, sur l'esplanade jonchée de tas de ferrailles. Dans l'obscurité de la bibliothèque des Omeyyades, les livres ont disparus. Seules des bonbonnes de gaz apparaissent, entassées sur une étagère. Les rebelles s'en servaient pour confectionner des bombes.

En France, il faut oser ce matin, regarder l'instant.

La baisse du chômage en novembre. Troisième mois consécutif. Du jamais depuis 2008 rappelle LA MATINALE DU MONDE. Peut-être, mais de l'avis de l'ensemble des éditorialistes, c'est trop peu ou trop tard. "Le successeur de François Hollande devra poursuivre et compléter", écrit Etienne Lefebvre des ECHOS.

L'avenir, l'emploi de demain pour les politiques, ce sont les start-up. Ils ne jurent que par elles selon L'HUMANITE. Et pourtant, il faut se méfier de l'eldorado. Certes, des expériences comme celle de Philippine,16 ans, et son idée de badge électronique pour chaque lycéen, pour éviter l'appel quotidien des profs qui prend du temps, est une bonne idée. La preuve, Apple a pris la jeune start-uppeuse sous son aile. Mais est-ce que les jeunes pousses créent de l'emploi pour autant ? Charles Degand, start-uppeur est critique. Si la Silicon Valley défend le revenu universel, c'est parce qu'elle a besoin de consommateurs.

Pour améliorer le présent, il faut donc regarder le passé.

Illustration avec la visite aujourd'hui du Japonais Shinzo Abé à Pearl Harbor. Il n'y aura pas d'excuses pour l'attaque menée en 1941, mais elle est historique pour LE FIGARO. Equivalente à la visite de Barack Obama à Hiroshima. L'attaque de Pearl Harbor fut un tournant majeur. A l'époque, l'Amérique prit conscience qu'elle n'était pas un sanctuaire. Mais elle eut des conséquences. Outre Hiroshima et Nagasaki, les Japonais vivants aux Etats-Unis furent immédiatement haïs. A tel point que 120.000 d'entre eux furent internés dans des camps jusqu'à la fin de la guerre.

La visite est historique certes, poursuit L'OPINION. Mais elle n'aura pas la valeur du main dans la main d'Helmut Köhl et François Mitterrand en 1984 à l'entrée de l'ossuaire de Douaumont. Selon un philosophe japonais, les hommes politiques nippons sont incapables de tels gestes.

L'avenir est peut-être dans l'enseignement.

LE MONDE raconte ses quadragénaires à contre-courant. Ils ont un passé dans le privé et aujourd'hui, deviennent profs. Un phénomène en hausse et une vraie vocation de transmettre tout en connaissant le milieu de l'entreprise. D'autres enseignent avec passion avec tous les moyens numériques à disposition. C'est le cas de la Nantaise, Marie-Hélène Fasquel, première française en finale du concours international d'enseignement. "On peut faire dit-elle, des choses supers avec le numérique".

On peut aussi s'enfermer. Dossier critique de LA CROIX ce matin, sur les réseaux sociaux qui menacent la démocratie. Les amis de mes amis pensant comme moi, avec Facebook, j'ai l'impression que le monde entier est de mon avis. Il faut apprendre à filtrer. Filtrer par exemple les fausses nouvelles, les rumeurs exploitées selon des chercheurs par l'extrême droite.

Alors pour s'ouvrir au monde, si l'on devait regarder une information qui ne fait de mal à personne, on irait lire la page 9 du PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE. Benoît Lecomte s'apprête à tenter le pari fou de traverser le Pacifique à la nage. Tokyo - San Francisco. 8.900 kilomètres. 8 heures par jour de nage, six mois de traversée. Un bateau suiveur derrière. Comment fera t-il pour s'occuper l'esprit ? Chaque heure, j'essaierai de réfléchir à un évènement différent. Un anniversaire, la construction d'un building. Osez regarder l'exploit.

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