Au Parc des Princes, port d'attache du PSG, il y a des virages et des tribunes inconciliables... Auteuil-Boulogne... Des kops et des tribus... des hordes... de la bière et de la baston... Crétinisme en bandoulière, les supporters crient leur haine de l'adversaire... Mais surtout, ils se détestent entre eux. Et c'est ainsi qu'au retour du match Nantes-PSG, leurs triviaux instincts se sont exprimés, à coup de haches, de machettes et de couteaux... L'épisode s'est déroulé sur l'aire de repos de l'autoroute A11... La station-essence de Varades-la-Bédoire, pres d'Ancenis, en Loire-Atlantique ...Chez vous, Claude Evin. C'est le journal "Le Parisien" qui nous raconte la scène... Il est 22h30, samedi soir.. Des supporters, dits "Indépendants", de la tribune Boulogne... Des non-inscrits, en quelque sorte, sont en train de se restaurer... Arrive alors une bande de "Tigris Mystics" d'Auteuil... Ceux d'en face, ou d'à côté, les jours de match au Parc des Princes... Ca ne traîne pas : immédiatement, l'agression commence... C'était terrifiant, raconte un témoin caché derrière la station... Les assaillants étaient armés de machettes, de couteaux, d'un harpon et autres barres de fer. En guise de réplique, les "Indépendants" ont jeté tout ce qui leur tombait sous la main : bouteilles, canettes, boites de conserves, extincteurs... Et l'un d'eux précise : "On s'est enfermés à plusieurs dans les toilettes... Ils ont attaqués les portes à coup de hache... J'ai cru mourir". D'ailleurs, vous verrez la photo dans "Le Parisien"... Il ne reste pas grand'chose du magasin de la station-essence... A 6 jours de la rencontre PSG-Marseille... Ca promet. Quel est donc cet endroit ouvert 365 jours par an, 24 heures sur 24 ?... Qui est a la fois très spécialisé et qui, en même temps, accueille toute la misère du monde... La devinette n'est pas très difficile... Il s'agit de l'hôpital bien sûr... Qu'on peut encore sauver, nous explique Véronique Vasseur... Ce médecin de 53 ans, qui avait écrit ce livre-choc sur les conditions sanitaires dans les prisons françaises... Elle vient d'en écrire un autre... Sur l'hôpital, précisément... Et elle s'explique dans une interview accordée au mensuel "Sciences et Avenir". D'abord le diagnostic : on demande aux médecins de réduire les coûts...La logique de l'hôpital, aujourd'hui, c'est d'abord et avant tout celle du rendement. Et c'est ainsi que l'hôpital se déshumanise, déplore Véronique Vasseur. Tenez... Un clochard qu'on ramasse dans la rue avec une infection pulmonaire..... On le guérit de sa pneumonie... Oui... Et puis on en fait quoi ? Rien... Il doit repartir sous les ponts. Alors Véronique Vasseur préconise la création de lits d'aval... Autrement dit des structures médicalisées plus légères... On pourrait imaginer, par exemple, au coeur de l'hôpital, ou à proximité, un "hôtel", entre guillemets... Avec des infirmières, et un médecin généraliste, qui passerait de temps en temps. Autre problème... Les médecins... Enfin les internes, que Véronique Vasseur surnomme les "bouledogues". Sans expérience, ils se prennent pour les rois du monde, dit-elle. On devrait rendre obligatoire l'enseignement de la psychologie, et surtout celui de l'éthique médicale. "Alors votre message ?", lui demande "Sciences et Avenir"... "Votre message aux médecins ?"... Réponse : "Moins de prétention et plus d'humilité". Dernière chose, concernant l'hôpital... L'acharnement thérapeutique... Oui, acharnement, répond Véronique Vasseur... Torture légale, ajoute-t-elle. Tortures... Le mot était sur toutes les lèvres hier, entre République et Nation... Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé à Paris pour exprimer leur indignation après le meurtre d'Ilan... "Stop aux dérives racistes", titre "L'Humanité"... "Contre la haine", reprend "Libération"... "Paris, capitale oecuménique de l'antiracisme", poursuit le même journal... "Oui, et maintenant ?", se demande "France Soir". Après le recueillement, on attend maintenant des actes... En d'autres termes : "après la marche, le combat continue", écrit le quotidien... Alors que dans "L'Humanité", les habitants de Bagneux protestent contre ce qui était dit sur eux la semaine dernière... Choqués, certains d'entre eux ont affiché la Une du "Parisien" qui les mettait en cause... Sur cette Une, on voyait Ilan en photo pleine page, avec, à tort ou à raison, ce titre accusateur : "Les gens savaient". Faux, répondent-ils... Dès le 5 mars 2005, nous avons demandé au bailleur de mettre fin au trafic du gardien, rue Prokofiev, là où Ilan a été séquestré et torturé... Mais rien n'a été fait... Un laxisme courant, de la part de ce bailleur, aux dires des habitants. Voilà pour leur laxisme supposé... Quant à l'émotion, elle existe bel et bien... "Ici, tout le monde pleure : mon épouse, mes voisins", avoue un habitant... "Nous pleurons parce que nous n'avons pas pu empêcher ce crime". Oui, "Suez et GdF fusionnent pour éviter une OPA étrangère", comme le titre "Les Echos"... Auquel "La Tribune" apporte cet écho : "L'Etat fusionne dans l'urgence". "Fusion et privatisation surprise", estime "Le Figaro"... Privatisation... Le mot est lancé... Sur ce point, la lecture des événements par "L'Humanité" est sans ambiguïté... "Le gouvernement veut offrir Gaz de France à Suez", dénonce le journal communiste... "Ce n'est pas la bonne réponse aux menaces d'OPA italienne", explique le secrétaire confédéral de la CGT, Jean-Christophe Le Duigou... Interviewé par "Le Parisien"... "L'Etat conservera tout de même une minorité de blocage, en gardant 34% des actions du nouveau groupe", objecte notre consoeur Valérie Hacot... "Oui, mais dans les faits, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une perte de contrôle public sur l'entreprise", répond le syndicaliste. Fusion patriotique... Ca c'est le deuxième mot : "patriotique"... "Lorsque BNP-Paribas rachète la sixième banque italienne, ou lorsque EdF conquiert des marchés extérieurs, la France cocoricote", écrit Jacques Camus dans "La République du Centre"... Mais dès que tourne le vent des OPA, elle se réfugie dans le protectionnisme". "Dominique de Villepin hisse à nouveau les couleurs du patriotisme économique, pour bouter l'étranger hors de France", ajoute Patrick Sabatier dans "Libération"... "Sur la forme, la décision est calamiteuse, car elle est soudaine, et elle donne une impression d'improvisation, sous le coup de la panique... Et sur le fond, en se dressant sur ses ergots, le coq gaulois prend le risque d'attraper et de propager une variante économique de la grippe aviaire : le protectionnisme... Virus qui peut être fatal à l'Europe et à la France, s'il venait un jour à muter en guerre commerciale". Guerre et guéguerres... Enième épisode au Parti Socialiste... Ségolène Royal continue, avec, aujourd'hui, une longue interview dans "Femme Actuelle"... Valeurs de la famille et de l'école... Réaction aux critiques machistes... Etre mère... Pas maire d'une ville : mère de famille... Femme aimante... Bref, clin d'oeil appuyé à toutes les femmes de France... Et pendant ce temps, Lionel Jospin fait son TOUR de France. Officiellement, il fait la promo de son livre... Mais en fait, à défaut de pouvoir concourir en 2007, il profite du trouble pour réhabiliter son bilan, estime Daniel Bernard dans "Marianne"... Un article au vitriol, intitulé "L'imposture Jospin", "l'homme dont la duplicité, écrit notre confrère, est l'oxygène, et qui s'en donne à coeur joie". Pourtant, il suffirait d'un mot pour que tout s'arrête. Un tout petit "non", en réponse à une question précise : "Serez-vous candidat en 2007 ?"... Alors l'interminable feuilleton du retour cesserait... Mais non : l'orgueil, lorsqu'il confine à la vanité, ne se laisse pas dompter aussi aisément... Alors l'ex-has-been admire ce spectacle, monté par quelques amis dont l'avenir politique est suspendu au sien... Jospin s'y complait... Et tant pis pour ceux qui rêvent d'une rénovation politique. Et c'est avec des propos à l'avenant que Daniel Bernard nous raconte le Tour de France de l'ancien Premier ministre, pour rien, décidément, ne laisser au hasard dans cette non-campagne, menée de ville en ville par un non-candidat, sur la base d'un non-projet, écrit à l'encre de la nostalgie. Ci-joint... Cet article de "Libération" intitulé "La traque aux fumeurs de cannabis s'enflamme". Selon les chiffres que "Libé" a pu se procurer, les incarcérations pour ce motif sont en hausse... Les fumeurs de joints se retrouvent de plus en plus derrière les barreaux... En un an, les incarcérations auraient augmenté de 18 et demi pour cent, pour "usage simple". Contrairement aux discours officiels, on réprime à tour de bras, analyse la sociologue Anne Kopel. "Microboulettes, maxi contrôles"... Pendant l'hiver 2004, Alain, professeur de français dans un collège grenoblois, fait cours à des élèves de 4ème... Soudain, on tape à la porte... Entrent trois gendarmes et un chien, suivis du principal du collège... "Ne bougez pas : on va faire passer un chien, qui va renifler dans vos cartables pour savoir s'il y a de la drogue comme du cannabis", assène l'un des uniformes. Alors le chien renifle, y compris le cartable du professeur... Rien à déclarer ! Printemps 2005... Un établissement privé de la banlieue parisienne... Deux gamins de 4ème fument un joint... Le proviseur embarque les deux élèves... Les parents arrivent ventre à terre au commissariat... "Je veux savoir ce qu'il y a dans le joint de mon fils", exige le père de l'un d'eux... Le policier déroule le joint... A l'intérieur, il trouve de l'herbe de Provence. Ca, ça ne se fume pas, Inspecteur.. Ca parfume. Bonne journée !... A demain !...

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