C'est une autre vision de la hausse des prix des matières premières et de ses répercussions... Elles sont beaucoup plus dramatiques que chez nous, et c'est à lire en page cinq du Monde. Selon le PAM, le Programme alimentaire mondial, faute de nouvelles contributions, le budget 2008 ne suffira pas à nourrir les 73 millions de personnes à qui il est destiné... "Pour continuer à nourrir ces 73 millions de personnes dans 78 pays, explique Philippe Bolopion, le correspondant du quotidien aux Nations Unies, le PAM a besoin de trouver d'urgence 500 millions de dollars : 375 millions de plus pour payer la nourriture, et 125 millions pour alimenter en carburant sa flotte de navire, d'avions et de camions". En cause bien sûr, la hausse des cours des matières premières (lait et ceréales notamment). Ainsi, une ration de nourriture au Rwanda coûte 40% plus cher qu'en 2007. En Afghanistan, le prix de la farine a augmenté de 60 à 80%. "La situation est d'autant plus grave, explique un porte-parole du PAM, que dans certains pays comme l'Indonésie, le Yemen, le Mexique, l'augmentation des prix a précarisé des classes moyennes qui n'ont plus les moyens d'accéder au marché de la nourriture". Certes, en France, nous n'en sommes pas encore à ce stade... Mais "manger des pâtes serait-il devenu un luxe ?"... C'est la question que pose Jacques Béal... "Le paradoxe, explique l'éditorialiste du Courrier Picard, c'est qu'au moment où les producteurs de porc voient leurs revenus baisser, le jambon a pris 44% de hausse !... Qui met la différence dans la poche ?", demande-t-il. "Tout le monde a sa petite idée sur le sujet, mais personne ne se sent coupable", analyse Bernard Revel dans L'Indépendant... "Entre la production et la vente en magasin, poursuit Bernard Revel, il se passe beaucoup de choses qui n'obéissent souvent qu'à une logique : celle du plus grand profit ! Qui plus est, poursuit-il, la marchandise échappe à tout contrôle réel et peut se prêter à toutes sortes de combines, telles les ententes illicites sur les prix entre industriels"... Et là, à ce stade de la réflexion, je vous invite à ouvrir Le Figaro, qui publie ce matin deux informations particulièrement intéressantes. Selon le quotidien, depuis deux ans, le Conseil de la Concurrence enquête sur neuf fabricants de produits ménagers et d'hygiène pour la maison, qui se seraient entendus sur les prix, tout cela sur le dos du consommateur. Parmi les suspects : Unilever, Palmolive, Colgate, SC Johnson, dont les produits sont présents dans tous nos placards... Des représentants de Johnson racontent ainsi que, depuis la fin 2004, avec leurs principaux concurrents, ils avaient pris l'habitude de se téléphoner régulièrement et de tenir des réunions secrètes... L'essentiel des données qu'ils se transmettaient concernait leurs parts de marché respectives, mais aussi les prix que chacun pratiquait... Ils partageaient également des informations commerciales sur les conditions que leurs clients, les distributeurs, accordaient à chacun... Anne Salomon raconte, dans Le Figaro, que c'est le groupe Johnson, (sans doute pris d'un certain remord), qui est allé faire acte de contrition et de délation auprès des autorités françaises... Sentant le vent tourner en sa défaveur, Colgate s'est également mis à table, en expliquant au Conseil de la Concurrence qu'il avait aussi participé à une autre entente avec Procter et Unilever, mais cette fois sur le marché des produits corporels"... Autre information révélée ce matin par Le Figaro : c'est cette étude que s'apprête à publier, début avril, l'association UFC-Que Choisir... une étude qui met en avant le manque de concurrence à l'échelle locale entre enseignes de la grande distribution... Exemple, explique Julien Dourgnon, directeur des études à l'UFC-Que Choisir : "Antibes accueille deux zones commerciales, l'une au nord et l'autre au sud de la ville... Au nord, Carrefour a géré son monopole en implantant un hypermarché et deux discounters ED appartenant à la même centrale d'achat... Au sud, la situation est similaire, mais avec l'enseigne Casino"... Un type de situation qui ne serait pas isolé... UFC-Que Choisir suggère donc au Conseil de la Concurrence de se saisir de la question... Cette existence des monopoles locaux, l'association de consommateurs n'est pas la seule à la souligner... Le Figaro nous explique que, selon une autre étude de la société de conseil et de géomarketing Asterop, il ressort que, sur 60% de ces marchés locaux, une enseigne est en position de leader... Exemple : Carrefour est ainsi en position de leadership sur 119 marchés locaux... Leclerc est en tête sur 101 marchés... En fait, analyse Patrice Chabanet dans Le Journal de La Haute Marne, "c'est toute l'organisation de la distribution et de sa relation avec les industriels qui est à revoir"... Une certaine nostalgie également dans la presse ce matin... Oui, en référence bien sûr à la visite de Jacques Chirac qui, selon Libération, "cultive la nostalgie au Salon de l'Agriculture"... "Nostalgie", c'est également le titre de l'éditorial de Rémi Godeau dans L'Est Républicain... "Cette nostalgie va-t-elle prospérer ?", se demande l'éditorialiste... Rémi Godeau qui remarque que "la formule assassine du jour pour Nicolas Sarkozy est venue d'un visiteur au langage fort châtié : 'Chirac, c'était quand même autre chose'"... Et c'est bien ce qui ressort de cette visite de 4 heures de l'ancien Président au Salon de l'Agriculture, explique Hervé Chabaud dans L'Union... "Au Salon, Jacques Chirac est toujours une star"... "C'était un temps où l'on savait parler au cul des vaches", explique joliment Roger Antech dans Le Midi Libre... "Un lieu surtout où l'on ne se traitait pas de 'con'... Mais attention, poursuit Roger Antech : cette sortie ne fut pas une simple séquence de nostalgie... On sait en effet depuis longtemps, poursuit-il, que la chaleur animale, l'odeur de la terre, la charcuterie et le demi de bière ingurgité au mètre font reverdir l'ex-Président qu'il n'est plus... Cette sortie, explique Roger Antech, fut l'occasion pour Jacques Chirac d'afficher une popularité intacte auprès des agriculteurs, quand celle de son successeur à l'Elysée s'embourbe chez les Français"... Les autres titres que l'on peut trouver dans la presse ce matin... Le Parisien-Aujourd'hui en France laisse entendre qu'une nouvelle taxe, comme celle instaurée par Jacques Chirac sur les billets d'avion, pourrait voir le jour... C'est Philippe Douste-Blazy, tout nouveau conseiller spécial du Secrétaire général de l'ONU, qui en est à l'origine... Il se propose d'instaurer une contribution mondiale de 2 euros sur les achats de billets d'avion sur Internet, pour aider l'OMS, l'Organisation mondiale de la Santé... Et puis un phénomène ch'ti est peut-être en train de naître en France... "Fiers d'être ch'tis", annonce Le Parisien-Aujourd'hui en France à sa Une, en référence bien sûr à la sortie aujourd'hui du film de Dany Boon, "Bienvenue chez les Ch'tis"... Un film déjà projeté depuis une semaine en avant-première dans 64 salles du Nord-Pas-de-Calais... Ce sont près de 500.000 personnes qui l'ont déjà vu... Il pourrait aller au-delà des 5 millions d'entrées, dépassant même "Astérix 3"... "Notre région revient en force", explique François, 74 ans, ex-"gueule noire"... "Pour une fois, on est en haut de l'affiche", renchérit Guy Dubois, écrivain ch'ti et fondateur de l'école du patois... La fierté ch'ti s'affiche, grâce à Dany Boon... avec sans doute un lieu devenu déjà presque un lieu de pèlerinage : c'est Bergues... Il paraît que depuis une semaine, les hôtesses de l'office du tourisme de ce bourg d'un peu plus de 4.000 âmes ne savent plus où donner de la tête face à l'afflux du public à la recherche de la baraque à frites sur la Grand'Place, où de nombreuses scènes du film ont été tournées... Lieu culte, mais aussi mots cultes... En quelques lignes, si vous ne connaissez rien au patois ch'ti, Le Parisien vous propose de découvrir "un tiot"... C'est un petit lexique ch'ti... Mon cher Thierry, savez-vous ce qu'est une "cafougnette" ?... ... Et bien c'est un héros d'histoire drôle, l'équivalent de notre "Toto" national... Je terminerai cette revue de presse avec un dicton en ch'ti... Mais attention : l'accent n'est pas garanti... "On est miux ichi qu'a Péris sans sous"... Traduisez : "On est mieux dans le Nord qu'à Paris sans argent"...

Stéphane LENEUF

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