(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : héros et cochons

(Bruno Duvic) Allez avant de replonger dans la grisaille, quelques secondes de plaisir... David Bowie est dans la presse ! “The next day”, nouvel album. Le péquin moyen doit attendre le 11 mars pour en profiter intégralement. Mais quelques critiques musicaux chanceux ont eu droit à une première écoute avant l'heure.

Libération raconte : « C'était à 13h hier dans les sous-sol de l'hôtel particulier de Sony à Paris. Une quinzaine de journalistes s'attablent autour de bouteilles d'eau et de petits sandwiches qui sentent le tarama. Une heure d'écoute à fond la caisse dans une ambiance de réunion syndicale pré plan social. »

Alors bilan ? He bien les deux critiques de Libé, Didier Péron et Eric Loret, ne sont pas ressortis emballés. Ils mettent en scène leur dialogue après la séance d'écoute, sur le thème "T'en a pensé quoi ?"

Il est question « des hululements d'une Castafiore pop qui veut prouver qu'à 66 piges, elle n'a rien perdu de sa capacité à briser les lustres en cristal (…) Des morceaux plaisants, d'autres vraiment mauvais. Bowie ne s'est jamais remis du succès de l'album 'Let's dance' (et s'est transformé depuis) en Phil Collins à moumoute. »

Cela dit, les deux sarcastiques de Libé sont plutôt minoritaires dans une presse diablement contente de retrouver le chanteur de « Life on mars ». « Bowie solide comme un rock », titre Le Parisien . Un « son percutant et moderne », la « voix intacte », album le plus séduisant depuis « Scary monsters » en 1980. « La légende est bien vivante » écrit Eric Bureau dans Le Parisien .

Et Olivier Nuc dans Le Figaro : « Bowie éclatant de santé, il chante superbement ».

« Bowie ressuscité », couverture des Inrockuptibles , consacré à cet album et à l'exposition à Londres. Christophe Conte nous fait partager ses impressions d'écoute. Mot clé « panache », même si Bowie ne se renouvelle pas beaucoup. Mais c'est le bilan après une seule écoute rappelle, le critique.

Libération relève encore le génie marketing de l'homme qui a vendu le monde. On le donnait pour mort il sort un album sans se montrer. « Bowie a quelque chose d'hystérisant comme les grands dictateurs. »

Voilà pour les premières impressions avant la sortie de l'album le 11 mars : ce sera une journée spéciale David Bowie sur France Inter.Dans la presse également : commentaires après les élections en Italie

Les hommes politiques héros ou cochons ? Question après ce vote qualifié d'anti-rigueur ou d'anti-politiques...

"Après le vote italien, Europe état d'urgence titre Libération . Partout monte l'exaspération contre l'austérité". « L'Italie anti-rigueur alarme l'Europe » selon Le Monde , « affole l'Europe » pour Le Figaro , « ravive le spectre de la crise européenne » pour Les Echos .

La droite de Berlusconi est à un cheveu de la gauche en voix et un quart des suffrages se sont portés sur les populistes de Beppe Grillo. A qui Beppe Grillo a-t-il pris des électeurs ? Un politologue italien répond dans Le Figaro : à la gauche. Et l'envoyé spécial du journal à Rome, Cyrille Louis, essaye de cerner le programme des Grillini : revenu minimum de 1.000 Euros mensuels, semaine de 20 heures, referendum sur la sortie de l'Euro.

Les voilà donc au parlement, ces contestataires. Et dans le portrait de groupe qu'en fait Philippe Ridet dans Le Monde , on les découvre très jeunes, sans expérience politique, mais beaucoup plus posés qu'on ne l'imaginait. « Aussi discrets et timides que leur leader est volubile, politisés mais pas politiciens, il tiennent la gauche et la droite dans la même suspicion ». Luca Frusone, par exemple. 27 ans, célibataire. Il va devoir interrompre sa thèse de droit sur l'idée de dignité humaine. Il pensait émigrer aux Etats Unis ou en Amérique du Sud mais en même temps, il a bossé son nouveau métier de politique : séminaires, documentation, rencontres.

Les « grillini » refusent les alliances sur tapis vert mais pas au coup par coup. « Si une loi est bonne nous la voterons. Désormais nous sommes une force de proposition. »C'est à eux que le leader de la gauche a tendu la main hier pour constituer une coalition.

Mais la presse insiste sur le côté anti-austérité du vote italien

Et Mediapart s'en réjouit, sous la plume de François Bonnet. « Il faudrait donc pleurer, maudire ces inconscients italiens qui viennent de mettre toute l'Europe en péril (…) Il faut, au contraire, se réjouir ! Car le résultat de ces élections oblige à poser d'autres questions ou les poser différemment. La gauche sociale-démocrate (qui a perdu 4 millions d'électeurs par rapport aux législatives de 2008), peut-elle prétendre gagner et gouverner en menant une politique sociale-libéral classique ? Ou faut il repenser radicalement programmes et alliances ? »

Un homme très favorable à une union européenne plus étroite, Jean Louis Bourlanges, décrit un cul de sac dans Libération . « Cul de sac pour les pro et les anti européens. Les premiers parce que les citoyens les suivent mal. Les seconds parce qu'ils ne sont porteurs d'aucun contre-projet. »

Paradoxe selon lui : « D'un côté le besoin d'Europe est de retour dans un monde instable. De l'autre côté, les opinions réagissent par des replis identitaires. Les institutions européennes sont déglinguées, les parti pro européens à la gêne : le besoin d'Europe est là, les organes pour y répondre sont en crise. »

Quelle rigueur ? Quelle relance ? A l'heure où le chômage grimpe pour le 21ème mois consécutif, François Hollande, comme les autres chefs d'Etat européens, est confronté à ces questions. Et le président normal à en croire Le Parisien est en train de se transformer en « omni président ». « Tout se décide désormais à l'Elysée », écrivent Nathalie Shuck et Eric Hacquemand. Parole d'un ministre : « Tout le monde est à cran. C'est plus difficile d'être ministre en ce moment.»

Quoi d'autre dans la presse ?

Gala 20 ans et Sophie Marceau est éternelle. Elle faisait la Une du premier numéro. Elle est en couverture de l'édition anniversaire.

Le petit Français qui monte au Real Madrid. Ce n'est plus Benzema, c'est Raphaël Varane, le défenseur. Il a largement pris part à la victoire du Real face Barcelone hier en coupe du Roi. Un but et un match qui fut encore une réussite, dixit L'Equipe, qui offre le haut de sa Une au jeune homme de 19 ans. « Epoustouflant Varane ».

Et puis le livre de Marcela Iacub sur son histoire avec Dominique Strauss Kahn continue d'alimenter la chronique. Au delà de l'audience hier au tribunal, débat sur la qualité du livre. Philippe Rançon qu'une polémique très parisienne oppose à Christine Angot, continue de le défendre dans Libération .

« Le concert baroque d'abbés défroqués, de duègnes éditoriales et de beaufs de droite que provoquent les pages consacrées à ce livre semble indiquer qu'il transgresse quelque chose. (…) il laisse la porte ouverte non pas sur la réalité de ce qui fut vécu (ou non) mais sur le fantasme qu'elle provoque. »

Du côté de ceux qui pensent que le bouquin ne vaut pas tripette : Jérôme Dupuis dans L'Express . Titre de l'article "La ferme célébrités ». « Belle et bête, le livre de Marcela Iacub est une honnête confession people comme les femmes de joueurs de foot éconduites en écrivent chaque semaine en Angleterre. C'est de la littérature sous cellophane. »

A demain

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