Règle des parrainages renforcée, tri sélectif des candidats? Fn rencontre les puissances de l'argent pour les rassurer. H.Rousso arrêté aux états unis

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Campagne présidentielle, il y a les « grands candidats », et les autres…

16 photos maton à la Une de la Croix pour donner un peu de visibilité à ceux qu’on appelle les « petits candidats », vous en reconnaitrez certains parmi ceux que la Croix classe en « familles », les dissidents de droite, les fantassins de gauche, les citoyens ou les inclassables. Pourquoi « petits » ? parce qu’ils n’ont pas tous un parti pour les soutenir, qu’ils apparaissent rarement dans les sondages, et qu’ils ont surtout bien du mal à obtenir le sésame pour concourir. Dans l’Opinion, Béatrice Houchard revient sur la règle des parrainages, imaginée au moment de l’élection au suffrage universel direct. Moment d’histoire, car ce 26 septembre 1962, quand le conseil des ministres étudie les modalités de cette élection, c’est l’une des rares fois sous la 5ème république, dit elle, où l’on voit vraiment les ministres débattre. Et que voit-on ? Que chacun autour de la table, d’Alain Peyrefitte à Georges Pompidou en passant par le jeune Giscard d’estaing, a à cœur d’éviter les candidats « fumistes », tous ont surtout très envie de mettre la barre très haut afin d’établir une pré sélection. Mais le général de Gaulle tranche, en majesté : « Mais pourquoi avez-vous peur du folklore lance t il à ses ministres ? Est-ce que la démocratie ce n’est pas précisément que tout le monde puisse se présenter ? Le peuple fera le tri. » Aujourd’hui, ce n’est plus 100 parrains qu’il faut pour se présenter, mais 500 depuis 81, avec cette année des contraintes accrues pour les parrains. « Le peuple fera peut-être le tri », mais il y aura déjà eu un sacré tri sélectif d’effectué.

Présidentielle toujours, Marine le Pen à l’offensive hier à Nantes…

Pas de mots assez durs pour fustiger le « système », « la caste », les « puissances de l’argent », comme le relève Dominique Albertini dans Libération ce matin. Mais il y a Le Pen côté scène, et le Pen côté coulisses. Dans les Echos, récit inédit de l’opération séduction menée par le FN auprès des banquiers d’affaires et des investisseurs, à Paris et à Bruxelles. Le chef économiste du FN Bernard Monot et le président du collectif Croissance bleu Marine ont discrètement rencontré des analystes notamment de Barclays et d’Ubs. Guillaume Benoit des Echos ajoute que le coordinateur du projet présidentiel de Marine le Pen s’est également exprimé la semaine dernière devant des investisseurs à Paris. Objectif : apaiser les craintes des marchés, y compris sur les conséquences d’un retour au franc. Et pour bien faire passer le message, tous s’expriment même en anglais, alors que Marine le Pen a interdit à tous d’utiliser une autre langue que le français. Résultat ? certains de ses « grands financiers » reconnaissent que le discours du Fn est plus structuré qu’il n’y parait, quand d’autres continuent à se dire « effarés ». « Les puissances de l’argent », c’est toujours bien de les dénoncer sur scène, c’est encore mieux de ne pas les avoir contre soi.

« Etat d’alerte à droite » c’est le Figaro qui s’en alarme avec un François Fillon, distancé dans les sondages. A la Une de l’Opinion, cruel dessin de Kak. Une électrice demande à 2 soutiens de Fillon « vous lui restez fidèle malgré les emplois fictifs ? » Bruno Retailleau la reprend « présumés fictifs », Laurent Wauquiez complète « présumés fidèles ».

Quant à votre accord célébré hier avec l’écologiste Yannick Jadot, benoit Hamon, on ne peut pas dire que la presse ce matin y voit une promesse indiscutable de « dynamique relancée ». Florence Chedotal dans L’Echo Républicain parle de « tambouille d’arrière cuisine ». Raphael Proust dans L’Opinion détaille l’accord, mais aussi ses failles. Car si votre accord prévoit 42 circonscriptions réservées aux écologistes, qui auront aussi le droit de présenter un candidat ailleurs, sous-entendu contre les socialistes, il n’engage pas formellement le parti socialiste, notamment sur la circonscription promise à la sortante Cécile Duflot, que le ps veut récupérer. France Info parle d'un conseil national du ps convoqué pour trancher dans 15 jours...4 semaines pour aboutir, mais l’histoire de cet accord n’est peut-être pas finie…

Dans la presse également ce matin, le récit d’une mésaventure vécue par un grand historien français

Henry Rousso, notamment auteur du « syndrome de Vichy », raconte sur le site du Huffington post, la façon dont il a été retenu le 22 février dernier à l’aéroport de Houston aux Etats_unis. Invité par une grande université américaine, il est la cible d’un contrôle dit aléatoire à son passage à l’immigration. Un fonctionnaire ergote sur son visa touristique. S’ensuit une vingtaine d’heures de rétention, avec fouille au corps, impossibilité de téléphoner, on l’informe qu’il va être refoulé et mis dans le prochain avion en partance pour Paris. Grâce à l’intervention d’une de ses collègues américaine, Henry Rousso va être libéré. Mais ce qu’il raconte, c’est ce que lui, seul « blanc » de cette population hétéroclite a vu pendant ces heures-là. 2 policiers par exemple qui se dirigent vers le monsieur assis devant moi, peut être un mexicain écrit il. Invité à se lever, il est menotté, enchainé à la taille, entravé aux chevilles. Je n’en crois pas mes yeux. Des images d’esclaves me traversent l’esprit. Mais c’est la « procédure » lui expliquera-t-on. Lui continue de se demander pourquoi il a été victime de ce « contrôle aléatoire », son pays de naissance, l’Egypte, sa qualité d’universitaire, ou sa nationalité française ? Qu’importe conclut il, il faut désormais faire face outre atlantique à l’arbitraire et l’incompétence la plus totale. Je ne sais pas ce qui est le pire « ce que je sais, c’est que les Etats-unis ne sont plus tout à fait les Etats-unis » écrit Henry Rousso

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