Jean Daniel en maillot de bain sur une plage tunisienne, couronné "caïd du Maghreb Circus" par ses pairs journalistes pendant la guerre d'Algérie. Un sublime sourire dans l'hommage que lui rend l'Obs. Des traces d'archosaures ont été conservées 250 millions d'années dans les Alpes suisses, le Dauphiné libéré.

On parle d'un écrivain...

Dont la gueule cassée splendide et les mains d'étrangleur s'affichent à la une de l'Express, dans une photo sombre sublime qui semble celle d'un assassin d'avant-guerre... Mais les mots de cet homme se sont répandus dans nos coeurs, Sylvain Tesson qui a vendu 500000 exemplaires de son prix Renaudot "La panthère des neiges", auquel le Président Macron envoie des lettres dithyrambiques et que le caïd Redoine Faïd lit dans sa prison, Sylvain Tesson le sage  baroudeur mais que l'Express montre sous un jour, perturbant.

Le 3 février dernier, à peine revenu d'une expédition en Patagonie où dans la neige et le vent il s'était entrainé au saut extrême avec des militaires, Sylvain Tesson s'est rendu dans une zone brulante. La nouvelle Librairie à Paris, officine  d'extrême droite, où parmi une petite assemblée de 30 personnes, il assista à une conférence sur Ernst Junger, écrivain allemand nationaliste de l'entre deux-guerres, dans l'assistance on trouvait aussi la fille d'un Waffen SS français...

De cette étrangeté l'Express déroule un portrait de Tesson, en icône réactionnaire. Tesson anima une émission sur l'extrêmement droitière radio Courtoisie, il partagea des whiskies et préfaça les romans de l'écrivain Jean Raspail, auteur d'une dystopie raciste sur l'immigration, "Le camp des saints",. Tesson invita à son pot du Renaudot Gabriel Matzneff, juste avant que la célébrité ne reprenne cet amateur d'enfants. Et il se modère Tesson quand on l'interroge dans les media de peur d'aller trop loin sur l'Islam qu'il redoute, pour avoir été le témoin d'atrocités islamistes... Il dit en souriant à l'Express: « Si vous voulez faire peur à vos enfants, ne leur lisez pas les contes de Grimm, mais certaines sourates du Prophète ! »

L'Express ne fait pas de procès mais raconte et réfléchit sur l'adéquation d'un homme à son temps et à son pays: est-ce innocent si un contempteur de la modernité, un amant de la nostalgie et de la nature nous rencontre avec grâce, si nous aimons "ce nihiliste qui rend les gens heureux", le mot est de son ami David Foenkinos...

On entend aussi Tesson dans ce portrait, qui se protège d'aphorismes. Son succès,  «  vous savez, c'est juste le syndrome 30 millions d'amis, les gens adorent les histoires de gros chats... » Je souris. Je lis aussi ceci dans l'Express. "Il n'y a que la matinale de France-Inter à ne pas savoir que Sylvain est de droite". 

Nous prendrons cela mes amis comme un hommage.

Nous sommes jeudi, et donc dans les journaux jours des livres mais aussi jour de corps et de bravoure. Le Figaro me raconte la bibliothèque du Président Pompidou qui vient de partir aux enchères, il possédait une édition originale de Stendhal... Et  me raconte aussi le Figaro comment dans l'Aisne, nos militaires s'entrainent à la guerre en milieu urbain, et je lis leur courage et leurs scrupules. Nos soldats ne veulent pas détruire les villes qu'ils délivreront.

Dans l'Obs revit un homme qui aimait Stendhal et qu'animaient les scrupules, et qui avait aussi un corps:  Jean Daniel, bel homme en maillot de bain sur une plage tunisienne en 1960; il couvrait la guerre d'Algérie avec d'autres journalistes qui se surnommaient le "Maghreb circus", et trompait le temps d'hédonisme. Un jour, ses amis lui offrirent un burnous et le proclamèrent "caïd du Maghreb circus", raconte Guy Sitbon qui fut de cette bande, car Jean Daniel était un caïd, celui qui guide, un maitre, et lisant l'hommage que lui rend son journal dans un cahier spécial, vous comprendrez pourquoi..

On voit aussi Leïla Slimani dans l'Obs...

Et dans Paris Match également! Dans son son dernier livre, "Le pays des autres", elle retourne le passé colonial dans une saga familiale qui nait de l'amour d'un marocain et d'une française au temps du protectorat. "Qu'un moricaud, un bicot, puisse posséder une blanche, c'était très subversif." Elle parle comme ça dans l'Obs, Slimani. Elle poursuit le mariage des lettres et de l'engagement..

On parle de combats de  femmes ce matin. Libération me rappelle d'une tribune qu'on tue dans l'indifférence des prostituées dans ce pays, et d'une autre tribune que les femmes transsexuelles ont du mal à se faire accepter dans les mouvements féministes. 

J'aperçois dans le Figaro et le Monde des évocations de la Fashion week. Dior s'inspire du féminisme des années 70; Saint Laurent est marqué par les codes fétichistes. Que de symboles. Hier les Echos décrivaient les obligations politiques et morales vertes et genrées qui s'imposent à la mode, le papier est en ligne, c'est un vertige.

L'Equipe me montre une américaine aux rides et  lunettes de délicieuse grand-mère, mais elle fut une guerrière de son sport, le tennis, et de son genre, Billie Jean King  incarnée dans une poupée Barbie à son effigie, car Barbie est consciente désormais. Dans l'Equipe encore, deux femmes de puissance de beauté, la championne olympique de boxe Estelle Mossely sculpturale et enceinte,  qui sur son compte Instagram fait l'apologie du sport que la grossesse n'empêche pas. Et une russe blonde hitchcockienne au physique de top model, glacée pensait-on comme sa Sibérie natale, qui conquit 5 titres du grand chelem  et  fit de son sport un spectacle mondialisé. Maria Sharapova quitte le tennis à 32 ans, et l'a annoncée dans une lettre à Vogue, Vanity Fair et au New York times, cela marque.

L'haltérophile Romane Defrance, 1,59 m, 58 kg mais qui soulève  à l’épaulé-jeté 93 kilos, se contente du Bien public pour nous dire son bonheur. C'est bien aussi.

Qu'est ce que la beauté?

Dans le Point, me prend une femme au visage ovale, parfaite comme une Joconde venue de l'Antiquité, son portait peint sur les murs de sa maison fut préservé pendant de siècles par les cendres du volcan, qui lui ôta la vie; c'est une des images magnifiques et si bien racontées des dernières fouilles de Pompéi, que l'on verra bientôt en livre et en expo à Paris, le Point nous fait une belle promesse.

Et de la préhistoire pour finir...

Dans le Dauphiné libéré, l'article le plus bouleversant d'une riche journée. On a mis  à jour dans les Alpes suisses, dans le Valais, une piste de 6,4 kilomètres qu'empruntaient il y a 240 millions d'années des archosaures, ces reptiliens bipèdes plus anciens que les dinosaures, qui migraient donc comme aujourd'hui les zèbres et les antilopes, le grès a gardé les traces de leurs pas. 

Eternité du monde et courage des hommes. Dans la Voix du Nord je lis que des gilets jaunes préparent une pièce de théâtre, pour dire leur vérité. A l'Express, Sylvain Tesson a dit ceci. "Il y a plus de rébellion contre l’ordre social dans le fait d’observer un insecte que dans l’idiot utile qui va brûler un rond-point ou tenir une pancarte. »
Je ne sais pas mon vieux. 

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.