Des adultes se font passer pour des adolescentes sur les réseaux sociaux afin de piéger des pédophiles, la Voix du Nord. Libération et le Figaro racontent Michou avec une distance ironique, mais le Courrier Picard se souvient d'un enfant prolo d'Amiens. De l'absinthe pour se souvenir de Modigliani, l'Est républicain.

On parle de chasseurs ce matin...

Dont la Voix du Nord me révèle l'existence et en fait sa Une, une cinquantaine de chasseurs... sur Internet, qui se sont baptisés d'un nom venimeux, la TEAM SCORPIO, ils sont ouvriers avocats chomeurs étudiants aide soignants et policiers, et sur Internet donc, il chassent... les pédophiles. Ils ont créé des faux comptes d'adolescentes sur des sites de discussions et sur Facebook, et ils attendent que des pervers les contactent et se dévoilent...

Stéphane  a réagi quand sa fille de 11 ans a reçu des sollicitations de quinquagénaires sur son portable, via l'application TIK TOK... Ils se fait désormais, lui, passer pour une fille de 13 ans, il montre au journaliste de la voix du Nord les messages et les photos que lui ont envoyés des adultes, âgés jusqu'à 70 ans... La team scorpio monte ensuite des dossiers pour les transmettre aux autorités...  Sont ils des des auxiliaires de justice sans mandat, ou sont-ils un danger potentiel? « Un jour ou l’autre, ça débouchera sur un drame, comme un suicide, d'une personne soupçonnée à tort ou à raison." dit à a la Voix du Nord le patron de l'office central pour la répression des violences aux personnes.

Pendant que la Voix du Nord nous parlent de vengeurs; le courrier picard, journal voisin, bat sa coulpe pour son titre d'hier, "l'alerte jaune", et le titre de son éditorial, "le péril jaune", qui se référaient au coronavirus venu de chine... Mais qui ont rappelé à des lecteurs "les pires clichés racistes sur les Asiatiques". Le journal s'excuse et plaide sa bonne intention...

et ce matin, tandis que le coronavirus fait les unes et des dossiers du télégramme du Figaro, de la croix, de Sud Ouest, car à Bordeaux est soigné au doliprane un des malades français, le courrier picard évite la couleur jaune, et se teint désormais en BLEU. C'est mieux.

Le Bleu en l'honneur d'un amateur de fêtes et de champagne, qui s'appelait Michel Catty mais qu'on appelait Michou, figure du folklore parisien, patron d'un cabaret transformiste rue des Martyrs à Montmartre où des chanteurs travestis chantaient Dalida.... Le Figaro et Libération font le boulot avec ce qu'il y faut d'humour et de distance sur un bonhomme qui se surnommait la belle du 18 juin, vêtu de bleu parce qu'il avait, disait-il, « couché avec un shtroumpf, » et qui avait embrassé un mignon reporter de Libé sur la bouche. Libération parle d'un homme homosexuel qui était sorti du placard mais était « enfermé dans les clichés »... Sans doute. Mais le Courrier picard a une autre manière de parler de Michel Catty, ce prolo de la Somme, qui avait été ouvrier et groom avant de faire son chemin à Paris; sa grand mère Elise, qui venait d'une famille de mineurs du Pas-de-Calais et qui ne savait ni lire ni écrire avait dit au garçon, « ce qui compte mon petit c'est que tu sois heureux », et Michou avait mis au menu de son cabaret la flamiche aux poireaux picarde, et il était resté fidèle au Courrier picard que sa soeur lui envoyait:  c'est d’un enfant du pays que me parle le journal, auquel Amiens va rendre hommage en teintant de bleu son hôtel de ville, quand à Paris, vêtus de bleu me dit le Figaro on entendra une messe en l'église Saint-Jean de Montmartre, surnommée Notre-Dame des briques. Lesquelles briques sont rouges!

Et d'autres enfants du pays se promènent dans les journaux.

L'Union et l'Ardennais racontent des soldats de la Marne et aussi leurs chiens renifleurs qui sont en mission pour l'ONU au Liban. La Dépêche me dit une jeune femme du Lot-et-Garonne aux troublants yeux noisettes: Lys Lorente était il y a un an une étudiante à Toulouse qui voulait gagner un peu de sous dans le mannequinat, elle a envoyé une photo tirée d'un Polaroïd et désormais, conte de fée, elle est vedette mondiale.

Dans l'Equipe et dans les DNA, une photo datée, mais elle fait d'une légende mondiale un gars de chez nous. En 1991, la famille Bryant posait à Mulhouse, le papa Joe venait de signer au Mulhouse basket-club, et Kobe qui avait treize ans souriait au milieu des siens. Les américains logeaient au Squash 3000, Kobe venait aux entraînements du club et défiait les coéquipiers de son père en « un contre un ». Il avait raconté à l'Equipe ses souvenirs d'Alsace, la beauté des paysages qu'il parcourait à vélo pour se rendre à l'entrainement, ce panier perché à 1m80 où il pouvait dunker. Kobe Bryant était animé pour le basket d'une passion sans égale. Le Monde raconte raconte bellement cet homme qui se fit surnommer Black Mamba comme le serpent de Kill bill de Tarantino, qui avait assumé une part d'ombre après s'être sorti d'une accusation de viol, et qui était devenu le plus généreux des hommes, qui voulait transmettre, éditait des livres pour enfants, et est mort en allant assister à un match de sa fille Gianna, qui est morte avec lui.

Il est étrange pour un sportif de périr à l'ombre d'une légende. On lit avec d'autant plus de tristesse dans la Dépêche la fin dans un accident de voiture du superbement costaud impétueux, vivant pour le rugby, Beka Burdiashvili, première ligne à Graulhet, venu de Géorgie pour vivre jouer et partir chez nous.

On lit aussi des champions vivants mais si peu connus et dont la détermination aurait plu à Monsieur Bryant. Attardons nous sur cinq hommes qui ce week end à Chateau-Chinon dans le Morvan ont couru 24 heures sans s'arrêter dans une course intitulée le dernier homme debout, le prof d'anglais Guillaume Berthier, 30 ans est passé vingt-quatre fois devant son lycée avant de l'emporter, sa gloire et celle des adversaires est dans le Journal du centre. Dans l’Est-éclair, on me parle d'un cycliste de 35 ans, Romain Bois, pour la 14e fois champion de cyclo-cross de la Fédération sportive et gymnique du travail, et qui préfère cette vieille fédération d'un sport ouvrier aux ors du cyclisme officiel... Il a d'autres chats à fouetter que la gloire professionnelle... Sa plus belle victoire, il l'a remportée avec sa femme Sophie, revenue d'un cancer du sein quand ils étaient un jeune ménage... A chacun ses courses. Romain Bois est vigneron.

Et on parle de vignoble pour finir...

Dans le Bien public. où des viticulteurs du Chatillonnais protestent par avance, on veut les sortir de l'AOC Bourgogne.

Dans l'Est républicain, l'alcool est plus doux. J'apprends que la firme Pernot (avec un t) a produit une série limitée de bouteilles d'absinthe en hommage au peintre Amedeo Modigliani, dont les visages de femme ovales et doux illustreront les étiquettes. Modigliani était un splendide peintre italien mort il y a 100 ans vendredi dernier, on l'a à peine remarqué cet anniversaire, le site connaissancedesarts.com livre un portrait de cet être fantasque qui  peignait entre Montparnasse et Montmartre et qui fut pauvre et aimait l'absinthe, la vraie, d'alcool de vin et tirant 68 degrés, tous les détails comptent dans un hommage. 

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