Ce lundi 27 juillet 2020, la presse parle de tricheurs.

De ceux soupçonnés de s'approprier le travail des autres comme Arash Derambarsh. Cet avocat et élu - adjoint au maire de la ville de Courbevoie dans les Hauts-de-Seine était docteur en Droit, selon la section disciplinaire du conseil académique de l’université Paris I-Panthéon Sorbonne il est plutôt docteur en copié-collé. Le Monde et Le Parisien nous dressent le portrait de cet élu reconnu pour sa lutte contre le gaspillage alimentaire, et auteur d’un ouvrage contre l'échec scolaire : qui passe de “la mention honorable” à sa thèse en 2015, “au déshonneur” de l'accusation de plagia, comme l’écrit Valérie Mahaut dans Le Parisien.  

Voilà donc que la Sorbonne retire à Arash Derambarsh le diplôme qui lui permet d’exercer son métier d’avocat. L'université décrit : "un assemblage de textes publiés par d'autres auteurs et recopiés". L'intéressé se défend : " Tout cela est invraisemblable", il dénonce une "machination" et fait appel. Son avocat, Maître Yassine Bouzrou détaille : " Mon client concède avoir commis des erreurs de méthodologie mais pas de plagiat." Pourtant une simple analyse des 500 pages de la thèse avec un logiciel spécialisé permet de constater un taux de copie de 76% sur l'ensemble, voire de 100 % sur certains passages.  

Mais comment un jury de la prestigieuse université parisienne a-t-il pu se laisser berner ? Pourquoi la Sorbonne ne réalise que cinq ans plus tard la supercherie ? Étrangeté : la thèse était protégée par une clause de confidentialité : personne n'était censé pouvoir la lire pendant 30 ans. "Cette annulation d’une thèse - une procédure rare - déstabilise l’université Paris I" analyse Le Monde. 

La rigueur et l'impartialité du jury seraient aussi en cause car certains de ses membres sont des connaissances d' Arash Derambarsh. L'homme politique Frédéric Lefebvre, dont un ouvrage a été publié en 2011 aux éditions du Cherche-Midi par M. Derambarsh. Un maître de conférence était par ailleurs président d'une association culturelle à Courbevoie. Dernière anomalie : le directeur de thèse a égaré le rapport de soutenance, qui reste introuvable.   

Les journaux parlent aussi des bonnes affaires de faussaires

Alors que l'once d'or vient de battre ce matin son record historique et approche des 2000 dollars. Guillaume Benoit du journal Les Échos nous rapporte cette accusation de deux ONG à l'encontre d'une société suisse, Valcambi, le plus gros raffineur au monde de métal jaune : contrairement à ce qu'il prétend : il fond de l'or africain en provenance de zones de guerre, comme le Darfour ou la République Démocratique du Congo.  

Officiellement les suisses ne s'approvisionnent pas dans ces régions où le métal précieux est extrait dans des “conditions inhumaines” et sert à payer armes et mercenaires. Mais en revanche l'ensemble des raffineurs suisses ont acheté en 2019 aux Émirats arabes unis pour 149 tonnes d'or, soit plus de 6 milliards d'euros, et Dubaï, pas très regardant sur la provenance, est le plus gros acquéreur d'or africain. Les Émirats le mélange avec des débris de bijoux, et du métal de provenance légale, avant de l'expédier en Suisse, ni vu ni connu. Les lingots helvètes, purs à 99,9%, dorées et brillants, sont parfois tachés de sang.

Libération dénonce en Une ceux qui jouent avec l'emploi des salariés français.

Libération dresse la liste des récentes faillites en série : Camaïeu, Courtepaille, André, La Halle aux vêtements, et se pose la question : est-ce bien à cause du Covid ? Ou plutôt en raison de la gourmandise de fonds d'investissements ? Libé accuse les "Acrobates de la Finance" qui ont fragilisé ces entreprises bien avant l'apparition du nouveau coronavirus. Le quotidien analyse leurs tours de passe-passe : rachat d'une marque à crédit, augmentation des profits à court terme, revente avec un gros bénéfice.  

Qui sont ces athlètes du profit ? 338 fonds d'investissements. Fiers, - comme le revendique l'un de leurs représentant en France : "de pouvoir affirmer à leurs actionnaires que leurs rendements sont supérieurs aux meilleurs placements." Soit 15 à 20% de retour sur capital; à la fin de ce numéro d'équilibriste : les investisseurs sont payés, les sociétés fragilisées et leurs salariés menacés de chômage. 

Libération relate également un conflit entre l'entreprise Vinci et les riverains du Lac de Hossegor.

La célèbre entreprise de BTP n'aurait pas menée à bien sa mission de désensablement du Lac. Libé titre, au Lac de Hossegor : Vinci joue les marchands de sable. C'est un plan d’eau qui s’envase sous l'effet des marées. Le journaliste Didier Arnaud décrit : "ses reflets dorés”, cette eau “bordée de pins” et de “140 villas aux jardins verdoyants". Inquiets pour l'avenir du Lac et de leurs bien, les propriétaires de ces villas et les mairies concernées ont fait appel à Vinci fin 2018. 

La société est alors intéressée par ce marché et empoche 3,4 millions d'euros de fonds européens, car cette opération vertueuse doit en plus permettre de renforcer la plage sur le littoral tout proche face aux attaques de l'Atlantique. L'entreprise devait retirer 130 000 mètres cubes de sables. Les avis divergent sur le constat à l'arrivée. Pour Vinci mission accomplie, avec quelques 120 000 mètres cubes. Mais selon une étude d'un cabinet de géomètres mandaté par l'association regroupant les propriétaires : on est très loin du compte et il faudrait plutôt parler d'un tiers du travail effectué seulement. Alors pour un observateur local cité par Libération : "Il y a dans l'esprit des habitants des soupçons d'escroquerie aux fonds publics." Où est passé l'argent ? se demande le quotidien. 

Enfin Le Figaro nous raconte l'aventure d'un très jeune pirate américain

Un pirate informatique, un gamin de 15 ans qui en 1999 a hacké la NASA et le Pentagone, rien que ça ! Ce portrait, premier épisode d'une série du Figaro sur les cyberattaques qui ont fait vaciller le monde, nous présente Jonathan James. Un ado qui vit chez ses parents au sud de Miami, et dont la photo en débardeur, les cheveux très courts, affalé sur un coussin ne permet pas de déceler les talents.  

Pourtant il pirate informatique dès ses 13 ans, surnommé C0mrade dans le milieu. A 6 ans il s'empare de son premier PC, et son père doit lui confisquer tant il reste devant à longueur de journée. Moins de 10 ans plus tard le voilà introduit dans un disque dur de la NASA où il s'empare du programme de contrôle de la température et de l’humidité à bord de la Station spatiale internationale. L'agence spatiale repère tout de même l'intrusion et décide doit débrancher les ordinateurs concernés pendant 3 semaines, le temps de renforcer sa sécurité.  

De piratage, en piratage Jonathan James sera le premier mineur américain incarcéré pour ces faits. La police ne le lâchera plus. Soupçonné dans une énième enquête, il se suicidera en 2007. Le seul moyen écrit-il dans sa lettre d'adieux, de reprendre le contrôle sur sa vie.  

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