Le maire de Québec joue sa carte: venez bosser chez nous! au fait, voter c'est bien, mais après on fait quoi? en Grande Bretagne, en Europe, et en Loire Atlantique ?

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Ce matin dans la presse, une affirmation et une question, « voter c’est bien, mais après » ???

Mais d’abord Patrick, une petite annonce, alléchante ; « Chômage à 4,2%, 71 000 postes bientôt libérés par des départs en retraite, pénurie à prévoir de soudeurs, cuisiniers, spécialistes de jeux vidéo, ingénieurs, pas un meurtre chez nous depuis le début de l’année, notre ville est donc l’une des plus sûres du monde ! c’est où cet eldorado ? Québec ! Venez à Québec » lance ce matin dans les colonnes de Sud- Ouest, le maire de la ville canadienne, Régis Labeaume. Le maire de Québec qui lance donc un appel aux jeunes français pour qu’ils viennent travailler chez lui, il précise même qu’il a demandé à son ministre des finances un statut spécial pour les citoyens français qui veulent émigrer dans sa ville…

On notera le sens de l’opportunisme de cet édile québécois…Vous vous souvenez sans doute qu’en 2012, c’est le premier ministre britannique David Cameron qui avait fait grincer des dents en France en proposant de dérouler le tapis rouge aux entreprises tricolores, Michel Sapin lui avait alors rétorqué qu’il ferait bien de se méfier, « un tapis rouge au milieu de la Manche, ça peut prendre l’eau » lui avait-il répondu. Maintenant que ce n’est plus un bras de mer qui nous sépare des côtes anglaises, mais un océan, et bien le maire de Québec joue sa carte et ouvre les bras…Vive le Québec sinon, libre en tout cas florissant économiquement. On notera que la maire de Paris la joue elle plus fair play vis-à-vis de nos amis britanniques… Anne Hidalgo co signe ce matin dans le Parisien et le Financial Time, avec son collègue de la mairie de Londres Sadi Kahn un appel à continuer à travailler ensemble, plus étroitement que jamais…écrivent ils

On en revient au « voter c’est bien, mais après » ?

Oui, la presse française est encore largement préoccupée ce matin par l’issue du référendum britannique de jeudi dernier. Numéro Spécial Brexit pour les Echos. Dans Libération, Sonia Delesalles Stolper raconte l’étrange désertion en Grande Bretagne: « les vainqueurs ont disparu écrit-elle, Johnson, Farage ? aucun d’entre eux n’est là pour répondre aux questions légitimes que se pose le pays. Le gouvernement britannique s’est également évaporé, depuis l’annonce de sa démission, David Cameron se terre. Quant à l’opposition officielle, elle est au bord de l’implosion ». Mais ils sont où ??? « ils sont où les irlandais ?» chantaient hier soir les supporters de l’équipe de France, sans doute pour exorciser leur trouille. Ils sont où donc les brexiters et les remainers britanniques pour dire ce qui va se passer maintenant ? Le correspondant à Londres du Figaro nous révèle qu’en fait Boris Johnson a passé son samedi à jouer au cricket chez le frère de la princesse Diana, avant de réunir ses proches dans sa maison de campagne pour préparer sa candidature à la tête du parti conservateur. C’est dire si le Brexit est sa priorité » raille le correspondant à Londres. Seule expression publique hier, dans une chronique qu’il tient régulièrement au journal The Telegraph, BoJo y a affirmé que le Royaume uni « continuerait à avoir accès au marché unique européen », ajoutant qu’il n’y avait pas de raison de hâter la séparation du Royaume uni avec l’Europe. Comment dit-on « il faut laisser du temps au temps » en anglais ?

Le rythme du « divorce » britannique est néanmoins au cœur des discussions des leaders européens

Oui, voilà l’un des effets « papillon » du vote de jeudi : il place les leaders européens face à leurs divergences. « Bras de fer au sommet » titre Aujourd’hui en France/le Parisien, bras de fer notamment entre Angela Merkel et François Hollande. Quand la première appelle au « calme », le second « ne veut pas donner l’impression d’une europe molle » et appelle donc à une sortie rapide du Royaume uni, en même temps qu’à une réorientation de l’Europe vers moins d’austérité. Calcul évidemment aussi, de politique intérieure…Didier Rose dans les Dernières Nouvelles d’Alsace résume la situation « dans le choc du brexit, Hollande croit voir une chance personnelle, merkel l’occasion de renforcer le rôle central de sa nation ; l’europe une fois de plus patauge entre les nécessités nationales et les aspirations individuelles, message d’union brouillé, les anglais ne seront pas les seuls à tomber de haut » prévient-il.

On termine provisoirement sur le sujet, avec la très belle Une du magazine américain The New Yorker, où l’on voit de très dignes hommes d’affaires de la City en chapeau melon, faire de grands pas pour se précipiter…dans le précipice ! Et avec le commentaire de l’auteur nord irlandais Robert Mac Liam Wilson dans Libération qui écrit : « je me suis souvent demandé ce que ça devait faire de marcher dans la ville, le lendemain de la prise de la bastille, maintenant je sais. Les britanniques se sont réveillés avec la gueule de bois du siècle. Ce vote, c’est comme une épique beuverie adolescente ; de vilains ados qui ont forcé sur la coke et l’alcool. La maison est sens dessus dessous, les parents arrivent à midi : Qu’est ce qu’on a foutu, qu’ils murmurent à l’agonie. ET maintenant ? Merde alors, j’en sais rien. Nous n’avons jamais été aussi pleinement dans une période de personne ne sait rien » conclut il.

Comment répondre aux anglais qui ont dit No à l’europe, comment répondre aux européens qui se détournent de l’europe ? Malgré tous les scénari imaginés dans la presse ce matin, les sommations à réagir, « il faut inventer l’europe des peuples » lance patrick le Hyaric dans l’Humanité, on sent qu’on en encore ce matin à « personne ne sait rien »…

On continue la série, Voter c’est bien…mais après ?

Large victoire du Oui hier en Loire ATlantique. Pour tous ceux qui réclament à cors et à cris d’en revenir au peuple, cette expression claire devrait être une satisfaction. Ben en fait, pas vraiment.

Tous les éditorialistes de la presse régionale de l’Ouest de la France, soulignent que… « a priori, sur le papier, les choses sont très simples, comme l’écrit Jérôme Glaize de Presse Océan, les électeurs ont tranché.Sauf que s’agissant de ce dossier rien ne se passe jamais normalement. Puisque les anti aéroport ont annoncé la couleur, ils ne tiendront aucun compte du résultat ». Enfin, c’est le cas, surtout parce qu’ils ont perdu...Michel Urvoy à la Une de Ouest France, relève lui aussi que les « partisans de l’aéroport devraient être soulagés…mais en fait il n’en est rien. Notamment parce que l’état n’est pas capable de faire respecter cette décision « Notre dame des landes va donc rester cet été prévient il, une destination prisée du zadisme national et international ». Décidément conclut il, jamais décider n’aura été aussi compliqué ».

On termine avec « jouer c’est bien, mais gagner c’est mieux »

« Ouf » de soulagement à la Une de Paris Normandie , « Griez Super man » se réjouit la Provence, la Voix de nord raconte dans ses colonnes comment « Lille a plongé dans le bonheur » hier, « c’est pas tous les jours qu’on peut être fier de notre pays, raconte un supporter, alors ça mérite bien une petite fête non ? », et bien figurez-vous que tout tout le monde ne passe pas direct de la France qui fait grise mine, à la France Griezman, certains résistent encore et toujours. Qui ? je ne voudrais pas les dénoncer, mais c’est un supporter corse qui lâche le morceau dans le Parisien ce matin. Robin à Bonifacio, soutient les Bleus… »mais c’est pas facile ici témoigne t il. Comme il y a beaucoup de nationalistes raconte t il, ils ont tendance à soutenir tous les adversaires de la France. Surtout l’Irlande, car l’Irlande, c’est un peu la corse du royaume uni, politiquement ». Hier des Corses ont donc sans doute été déçus…mais pas encore de « Corsexit » en vue…

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