La revue de presse bonjour hélène Jouan

« C’est par où la sortie ? », c’est la question que se pose, une nouvelle fois la presse ce matin

C’est même le titre de Libération, quand le Parisien lance « eh oh, on se calme ! », et que la Voix du Nord constate un « Blocage à tous les étages ». Visiblement personne n’a d’idée très précise sur l’issue du conflit, chacun se contentant d’énumérer les questions qui se posent. Xavier Brouet dans le Républicain Lorrain : « satisfaire les exigences des détracteurs de la loi sans perdre le soutien des syndicats réformistes relève de la quadrature du cercle ». Autre question qui émerge après les cafouillages gouvernementaux d’hier, comment manuel Valls peut il finalement accepter une réécriture de l’article 2 de la loi Travail sans se dédire, et donc quitter Matignon ? Dessin très drôle de KAK à la Une de L’Opinion, pastiche de Vice Versa, où on l’on voit un premier ministre rouge fumasse, incarner la colère comme dans le film des studios Disney Pixar, hésiter entre 2 manettes, Tenir et Clarifier, Michel Sapin lui susurre « t’es sûr que… » Et Valls répond « Vos gueules » !

Bon, « comme à ce point de l’impasse » reconnait Sébastien Lacroix dans L’Union, « les méninges des commentateurs politiques pédalent dans la semoule », on va juste sauter un épisode ce matin pour faire un pas de côté…non sans avoir relevé quand même que la parution unique hier de l’Humanité, après l’oukase posé par la CGT, a du bon…Pour le quotidien communiste en tout cas, puisqu’il a augmenté son tirage de 30% nous disent les Echos. Voilà peut être une solution à la crise de la presse, un titre unique, forcément ça se vend mieux…

Vous avez donc choisi de faire « un pas de côté » disiez-vous, c’est-à-dire ?

En vous proposant de prendre un peu de temps pour lire de longs portraits ou interview à retrouver notamment dans la presse magazine.

A l’heure où Libération offre ses pages Idées à une pléiade d’intellectuels qui défendent les casseurs, contre le gouvernement qui veut accusent ils , exagérer les faits de violences pour décrédibiliser les manifs » comptant disent ces intellectuels, sur le suivisme et la lâcheté médiatique », je vais faire un peu de provoc à leur égard, en parlant de « l’ennemi », et vous conseiller l’interview d’un patron. Un vrai, 7ème ou 10ème fortune française c’est vous dire : Xavier Niel, patron de Free dont la parole est rare. 3 heures d’entretien, 11 pages à lire dans Society, interview décoiffante. Niel n’élude rien, ni la politique, ni son rapport à l’argent, ni l’uberisation inéluctable de l’économie, ni la prison qu’il a connue, ni l’enquête de Politis parue la semaine dernière. Enquête qui pointait un « système Free fait de répression syndicale et de licenciements abusifs », bon enfin là, il dit juste « désolé c’est pas moi qui m’occupe de la gestion du centre de Marseille, mais nous, au moins se défend il, on garde nos centres d’appels en France ». Alors, on y découvre d’abord que son grand homme c’est…le juge Van Ruymbeke ! Oui, celui là même qui l’a mis derrière les barreaux en 2004 pour une affaire de proxénétisme, mais qui à l’époque l’a mis en garde : « je crois que vous êtes un mec génial, mais je vous explique, y a une ligne jaune, vous pouvez la mordre, mais plus jamais passer de l’autre côté », « quand je suis sorti du bureau dit Niel aujourd’hui, j’étais un autre homme ». Bon, on le croit ou pas. mais il est vraiment cash quand il raconte ses débuts dans le minitel Rose, son piratage des téléphones de voiture des proches de mitterrand, ou encore ses missions pour des services de renseignements, ses rapports musclés aussi avec l’ex pdg de TF1 Patrick le lay. Dialogue surréaliste au moment où il tente de le convaincre de diffuser la chaine via la freebox « Xavier j’ai vu que vous aviez des enfants en bas âge, lui susurre le Lay au téléphone, tous ces problèmes juridiques avec TF1 ça doit être compliqué, ils s’appellent comment déjà vos enfants ? » « On a eu un rapport physique mais franc » poursuit Niel. On comprend surtout qu’il lui a pété le genou, ou presque. Xavier Niel, grand pirate de l’économie et qui en est fier, qui se veut aussi le dynamiteur d’une éducation nationale élitiste et qui cultive l’entre-soi dit il. Niel qui se définit comme libertaire, libéral , et qui trouve « vachement chiant « que tout le monde adore Macron ». Le Niel et les abeilles, c’est à lire dans Society

Autre portrait qui a retenu votre attention Hélène, le premier ministre canadien

A lire cette fois dans le Magazine les Echos Week-end, « l’ultra moderne politique », de Justin Trudeau. Justin Trudeau, qui est arrivé lundi au Japon pour le G7 en commençant par s’octroyer une journée de RTT pour fêter son 11ème anniversaire de mariage déclenchant une trudeau mania dans les medias japonais. Popularité au Zénith dans son pays. Pourquoi ? Karl de Meyer raconte comment depuis son élection à l’automne dernier, le premier ministre canadien a démontré une véritable virtuosité dans la mise en scène de ses décisions et de ses engagements. Première question après la nomination de son gouvernement, pourquoi une stricte parité hommes femmes ? Réponse :« parce que nous sommes en 2015 ». Tout est dit. Exercice de réverbération médiatique maximale recherché dans tous les domaines, qu’il s’agisse d’accueillir les réfugiés ou de décréter l’arrêt des frappes aériennes en Syrie. « Superficialité » que cette mise en scène permanente dénoncent ses adversaires, « non » analyse un des bons connaisseurs de la communication politique chez nous l’ex conseiller de Nicolas Sarkozy Franck Louvrier, « c’est un homme de son temps, son idée est qu’on peut agir par le faire savoir, sa force est d’intégrer le media et le message ». Et il y a un message dans ce nouveau trudeau-isme, celui d’un progressisme retrouvé, c’est d’ailleurs assez troublant qu’il émerge exactement en même temps qu’un Trump note un analyste, C’est un peu Stars Wars, à eux deux ils sont le côté lumineux et le côté obscur de la Force. Alors trudeau est il un animal politique unique ,exceptionnellement adapté au biotope numérique, ou est-il le prototype de nos futurs dirigeants ?

La conclusion de l’article des Echos week-end, c’est qu’on n’est pas près d’avoir un Trudeau chez nous

On termine Hélène, toujours avec des portraits, puisque c’est le thème du jour !

A Béziers, où le maire Robert Ménard, réunit ce week end le gratin de la droite extrême et de l’extrême droite, M le magazine du Monde se propose de « cherchez la femme » ..portrait de la femme donc de Robert Ménard, Emmanuelle Duverger, ex juriste devenue journaliste, catholique, très catholique, est aujourd’hui sa conseillère la plus influente, c’est elle qui co organise ces rencontres, où se croiseront Marion Maréchal le Pen, Ludovine de la Rochère de la manif pour tous, Alain de Benoist l’idéologue de la Nouvelle droite, ou encore Renaud Camus théoricien du grand Remplacement…Pour savoir donc qui murmure à l’oreille de Ménard, portrait d’Olivier Faye dans M

Beaucoup plus sympathique, les auditeurs de « Si tu écoutes j’annule tout », peuvent se plonger dans Politis pour tout savoir de Guillaume Meurice, de son parcours de gardien de but, enfin gardien c’est beaucoup dire, à celui d’inventeur d’anti sèches miniatures qui lui a permis de sortir diplômé d’un dut de gestion, jusqu’à son arrivée sur les planches et à France Inter où « ce démiurge coquinou cultive la répartie pour obtenir des témoignages ahurissants » écrit Politis en transe !

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