Le Figaro, qui crut en Bellamy, dans l’édito du patron adoube Monsieur Macron. La Dépêche rage contre la « tache brune », et Nord-Littoral déprime d’un vote « coup de sang », Libération croit en un avenir vert. Les Echos racontent le médicament le plus cher du monde, le Zolgensma, coutera 2.125 millions de dollars.

Les européennes bien entendu...

Qui sont la nourriture hégémonique de nos journaux en une, à trois notables exceptions près, venus honorer une noble passion, le sport; dans l'Equipe d’abord, évidemment, où Nadal est heureux en Une mais où vous lirez surtout à quel point le cyclisme est une guerre et ce que souffre en Italie le Slovène Roglic, fragile leader du Giro, contre lequel se ligue un pays et qui pour s'être accroché 6 secondes à un bidon tendu par sin directeur sportif, a failli être pénalisé de au profit d'un rival italien. La Montagne, édition de Brive, et Sud-Ouest, édition de Bayonne, titrent sur le rugby, car c'était hier à Pau la finale du championnat de pro d2, la deuxième division, et l'Aviron bayonnais d'une pénalité tardive a battu le CA Briviste pour retrouver l'élite, "ils l'ont fait" proclame Sud-Ouest quand en Corrèze se lisent des images dune dignité de sportif vaincus, et c'est en tournant les pages que me vient une autre nouvelle, les Corréziens n'ont pas seulement perdu lune finale mais leur exception: la Corrèze est devenue « un département lambda », le RN ex FN est arrivé en tête à Tulle, à Ussel, à Donzenac, à Argentat,  à Saint-Pantaléon-de Larche. Une terre rad-soc qui fut à Jacques Chirac et à François Hollande dont le nom n'est même pas dans l'article, oh!,  vire au noir à son tour, lis-je et cette mutation ne passe pas dans la Montagne quand elle semble ailleurs posséder la minéralité des évidences,. « Sans surprise » dit Paris-Normandie de la première place frontiste, « Pari gagné », dit l'Ardennais  avec Jordan Bardella pouce levé en une, comme dans le Maine libre... Et dans cette soumission aux faits, tranche un édito de la Dépêche qui s'insurge contre « une tache brune sur notre République » et un autre dans Nord Littoral, à Calais où le RN dépasse les 40% et dont la tristesse nous fait un peu honte, qui analysons froidement... "De quoi va parler le Calaisis ce lundi matin ? Gueule de bois d'après fête ou d'après malaise ? Les électeurs votent-ils vraiment sur des idées ? Plutôt sur des coups de sang."

D'autres journaux regardent le Président... 

Et une parenthèse dans l'éditorial du Figaro, résume cette élection pour un grand journal né dans le monde d'avant, l'éditorial est signé Alexis Brezet, directeur de la rédaction, qui laisse souvent à ses adjoints la lumière idéologique et qui écrit ceci, à propos d'Emmanuel Macron: "Il remporte (ouvrez la parenthèse) presque (fermez la parenthèse) son pari... Et la restriction est de pure forme, le Président partage la Une avec Marine le Pen, mais au contraire de l'Union qui titre sur la revanche de la dame,  le Figaro met le président en vedette, "Macron installe son duel avec Le Pen", et tout ceci semble un ralliement au chef de l'Etat, "la recomposition qu'il prophétisée voulue organisée a marqué un point décisif. ». 

Cela est dit ailleurs, les Echos, « Macron manque de peu son pari », le Parisien, « Le big bang continue », l'Opinion, « Recomposition politique acte 2 », et dans cette recomposition, la débâcle de la droite de François-Xavier Bellamy attire plus l'oeil que celle des insoumis. Et c'est pur cela que je remarque le Figaro, car l'organe des droites aima le jeune philosophe. Qu'est ce qu'une élection sinon, une espérance, que nourrissent des sondages erronés, Libération s’en moque ce matin, et que démentent les électeurs. J'ai ce matin en mémoire un article presque sepia, "Un catholique pour sauver la droite?" disait la vie en janvier, et cette une du Figaro magazine qui début mai proclamait "la droite est de retour", le mag était épris des yeux bleu clair perçants et de la mèche rebelle du jeune Bellamy... Et c'étaient des espérances d'identité, connexes. Cela n'a pas existé et Alexis Brezet salue monsieur Macron..

Pendant ce temps, un autre éditorialiste se consacre à la gauche, qui est sa patrie de pensée, voilà Laurent Joffrin qui fait son miel de la chute des Insoumis, "le populisme de gauche ne plait pas au peuple", qui balaie les gilets jaunes, et butine dans l'écologie: "la croissance verte" est la une de Libération, YannickJadot serait hégémonique idéologiquement à gauche et autour de lui se devrait se construire une gauche reverdie pouvant contrer le nationalisme ...

Voilà donc les mots d'une presse nationale, qui reflète les élites dirigeantes, et qui est d'opinion, est-elle passionnante de stratégies réincarnées, ou tristement désincarnées?

Dans le Monde, je lis un analyste qui est un repère. Stéphane Lauer, qui dit ceci. "L'obsession démagogique et anxiogène des forces nationalistes sur la question migratoire" a occulté deux phénomènes majeurs, le vieillissement et le phénomène d'exode à l'intérieur de l'europe... En moins de trente ans, un cinquième de la population roumaine, 12% des Bulgares, 9 % des Polonais, sont partis travailler dans un autre pays européen, et depuis 2008, le phénomène s'étend, 2 millions de jeunes italiens, 5% des portugais, se sont exilés. et tout ceci crée un transfert de richesse en direction de l'Europe prospère:  les jeunesses ayant immigré chez mme Merkel, par leurs formation, leur éducation, représentent un apport de 200 milliards d'euros... Et nul de sait, dans des pays vieillissants, de faible croissance et d'émigration, comment on pourra payer les retraites de ceux qui restent... Passionnant? Mais nous avons voté.

Et on parle d'économie pour finir.

Et le Financial times à sa une, le Figaro en son cahier saumon, les Echos nous disent le rapprochement en cours de Fiat-Chrysler et Renault, grandes manoeuvres qui sont une histoire d''europe. 

D'Amérique nous vient cette étrange nouvelle. Les autorités américaines viennent d'autoriser un médicament, une thérapie génique  conçu par le labo suisse Novartis, destinés aux bébés atteints d'atrophie musculaire spinale, une maladie  qui les paralyse ou les tue avant deux ans. Le médicament appelé Zolgensma, coutera 2.125 millions de dollars. Que penser après cela de ces jouets connectés pour chiens ou chats ou de ce parfum que lance Neymar, chez Diesel dont nous parle leFigaro, sans ironie, c'est un grand mérite.

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