Ce n'est ni un roman, ni une fiction... La scène est bien réelle... C'est la République du centre qui la rapporte ce matin... Elle s'est produite le long des voies ferrées près de Beaugency, dans le Loiret. Une jeune femme a sorti le cadavre squelettique de son enfant du sac à dos dans lequel elle le transportait... Et, à quatre pattes, en grattant l'herbe du ballast à mains nues, elle a creusé, un trou dans la terre meuble.. Une tombe de fortune pour son petit garçon qui, à quatre ans, ne pesait que huit kilos. L'info est à la une sous le titre : une mère enterre son fils et simule un enlèvement... "Drame de la malnutrition, incroyable, impensable, incompréhensible", commente Hervé Cannet... La jeune mère, sans emploi, n'était connue que pour avoir tenté de dévaliser une épicerie sociale... Parce qu'elle avait faim. Au XXIe siècle, voici l'ombre de Jean Valjean et des " Misérables ". "Il ne s'agit pas de sombrer dans un paupérisme larmoyant ou de forcer le trait lorsque se révèle ainsi la face obscure d'une grande nation développée, poursuit notre confrère, mais de constater combien le thème de la "fracture sociale", cher à certains dirigeants politiques, est ici largement dépassé." L'autre fracture française, elle porte un nom : CPE... Elle porte un mot aussi... Et le mot du jour : c'est la semaine. Tous les titres des journaux lui tournent autour aujourd'hui, à l'image du Figaro, qui égrenne les jours sous le titre : "la semaine fatidique". En fait , il s'agit d'une construction à mi-chemin entre la politique-fiction et la réalité... Ainsi aujourd'hui, Nicolas Sarkozy se démarque encore... Rendez-vous ce soir à Douai où il va présenter ses propositions dans le domaine de la justice sociale.... Demain : risque de journée noire... On sait tout sur ce mardi, sauf ce qui passera réellement... Mercredi : difficile reprise du dialogue... Jeudi, verdict du Conseil constitutionnel... Vendredi, Jacques Chirac promulgue le CPE... Tout cela avec points d'interrogation.... bien sûr. Une sorte de quitte ou double pour Dominique de Villepin... La fameuse semaine... Qui peut tout changer, comme le titre le Parisien...La semaine à haut risque pour le Premier ministre, reprend la Tribune... Ou bien ce titre de France Soir ... tolstoïen : "CPE : une semaine entre guerre et paix". Traduction version Libé : Préavis pour Villepin... Injonction selon l'Huma : retirez le CPE : la France le demande. L'Humanité qui appelle à la rescousse 20 personnalités, essentiellement issues de la culture, comme Guy Bedos, qui qualifie le CPE de mesure extrêmement violente... Ou Patrick Bruel qui voit dans les cris de la rue un appel au secours, au-delà du CPE. De toute façon, ces jeunes ont forcément raison, commente Pierre Richard... Oui, ils sont lucides, ajoute Ariane Ascaride... A qui le dis-tu, ajoute Robin Renucci : cette jeunesse nous montre le chemin. Alors, si on disait la vérité aux Français, résume Bernard-Pierre Donnadieu, curieusement estampillé "intermittent du spectacle"... Ce qui n'est pas un métier... Donc, l'acteur Donnadieu proteste : pour lui, le CPE est un moyen de se servir sans scrupules de la jeunesse pour casser le Code du travail. Maintenant, que fait Jacques Chirac ?... Que va-t-il faire ?... Rien, si l'on en croit Le Parisien... "On n'a rien prévu à l'Elysée" affirme Frédéric Guerchel... En tout cas, rien en termes de communication... Du côté de la présidence, on veut à tout prix éviter de répéter l'erreur commise lors des émeutes en banlieue, où Jacques Chirac était apparu totalement hors du coup. Résultat, écrit Gérard Coulange dans l'Union, nous semblons tous pendus aux résultats de la journée d'action de demain, comme on attendrait le résultat d'un match de foot : qui va l'emporter ? Par quel écart ?... Voilà une question pour l'avenir, estime Bruno Frappat, dans La Croix. CPE : crise du futur, écrit-il. Les événements de mars sont-ils la réplique, au sens géologique, du séisme de novembre ?... Quoi de commun entre ceux de novembre et ceux de mars ? Eh bien, au moins un sujet, un trouble, un vertige : l'avenir, ce trou noir. Banlieues, CPE... Faut-il oser le raccourci en un seul mot : casseurs ? Certains le font, à tort ou à raison, en particulier dans la police... Et c'est France Soir qui nous explique les mesures qui vont être prises... Le principe étant que des policiers en tenue infiltrent les rangs des manifestants, tout comme le font les casseurs d'ailleurs... Quant aux CRS, autant dire qu'ils appréhendent la journée de demain parce qu'on leur ordonne d'être fermes mais d'éviter tout incident grave... D'où ce résumé de l'un d'entre eux, qui témoigne dans France Soir et qui dit : "Se faire traiter de mou du bouclier ou risquer une bavure...Voilà l'alternative !" C'est vrai que tous les ingrédients d'une vraie crise républicaine sont réunis... Plus que le débat sur le CPE, c'est désormais vers les actes de violence que les regards se tournent... Y compris à l'étranger... Dans le Sun par exemple, qui n'y va pas par quatre chemins : en publiant des images de l'agression d'une femme par des casseurs sur la place des Invalides, le quotidien britannique écrivait ce week-end : "Si vous envisagez un séjour romantique à Paris, oubliez... Vous serez plus en sécurité à Bagdad." Sans rire. Mine de rien, ça va faire un an que le pape est pape... Je dis "mine de rien" parce qu'il est assez discret Benoît 16. Il vit sa vie tranquillement... Une vie de pape... Disons plus traditionnelle que celle de son prédécesseur... plus loin des caméras et du terrain... Plutôt vaticanier, si je puis me permettre, pour rimer avec casanier... Mais si l'on en croit les témoignages convergents, cet homme, que l'on disait ultra-conservateur, rigide, voire psycho-rigide, s'avère plutôt affable et sympathique, comme en atteste le journal La Croix qui revient sur les trois jours de fête que Rome vient de vivre, à l'occasion de la nomination de quinze cardinaux... Quinze prélats créés par Benoît 16... Oui, on dit "créés"... Et c'était donc la fête comme le montre cette photo de La Croix où l'on voit la joie cardinalice s'exprimer à travers le large sourire de Monseigneur Jean-Pierre Ricard par exemple... D'ailleurs, le Professeur Andréa Ricardi, fondateur d'une communauté catholique italienne, l'affirme : "Benoît 16 a introduit un climat détendu dans l'Eglise"... Ce qui, pour un pape, est effectivement une vertu cardinale. Puisqu'on en est aux anniversaires, ce sera bientôt le vingtième de TCHERNOBYL... Une date évidemment importante pour l'histoire du nucléaire civil... Il y a bel et bien un avant et un après TCHERNOBYL... Sujet auquel s'interesse le mensuel Sciences et Vie dans son numéro d'avril... D'autant plus que vingt ans après la catastrophe, on en sait encore assez peu sur ses conséquences sanitaires. D'ailleurs comment pourrait-on avoir l'esprit clair puisque même le bilan chiffré avancé en septembre dernier par les travaux du Forum de l'AIEA... Bilan selon lequel jusqu'à 4 mille personnes pourraient, à terme, déceder des suites de la radioexposition... Même ce bilan est contesté par un organisme aussi sérieux que l'IRSN, l'Institut français de Radioprotection et de Sureté Nucléaire qui fait autorité dans le monde entier. Carolyne TOURBE, bonjour... Maintenant, quels sont les impacts sur la santé des populations contaminées... Pourquoi là aussi est-on dans le flou ? Quant à la mauvaise plaisanterie des autorités françaises qui, en 86, nous ont fait croire que le nuage de TCHERNOBYL n'avait pas passé la frontière française... On lui aurait presque demandé ses papiers... Est-ce que ce nuage fait toujours débats 20 ans après. Merci Caroline Tourbe... C'est donc à lire dans Sciences et Vie qui nous parle aussi de la grippe aviaire, et qui nous explique pourquoi le H5N1 est si virulent... Mais il est vrai que dans la presse quotidienne le sujet n'occupe plus beaucoup de place... Parce que le CPE occulte la grippe aviaire, nous dit le dessinateur Alex dans le Courrier Picard, où l'on voit un poulet déambulant avec une valise et qui dit, passablement en colère : "Viré de l'actu, sans motif ni préavis". Bonne journée... A demain.

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