le plus vieux débat du monde – la terreur en Centrafrique – nous valons moins que Neandertal – les grandes oreilles de la PJ - Lady Gla Gla – James Gray et le rêve américain, cette névrose

Dans la presse ce matin : en longeant le trottoir

C'est le plus vieux débat du monde titrent à la fois Libération , 20 minutes et Sud Ouest . Et ce matin, en lisant la presse, il est difficile de se faire un avis tranché sur cette proposition de loi qui veut pénaliser les clients de prostitués mais aussi lutter contre le système prostitutionnel...

On lit, on entend tout... Les prostitués, comme Chloé tout à l'heure au micro de Clara Dupont-Monod. Les clients aussi. Dans Libération et L'Express notamment.

« Petit, moche et désargenté, et de surcroit devenant vieux, je ne compte pas sur le hasard pour changer la situation, dit Alex, cadre fonctionnaire de 55 ans. Si on interdit l'accès aux escorts, quel sera le sort des laissés pour compte de la tendresse ? »

Lionel, 38 ans, cuisinier : « Je n'ai jamais compris le mépris que les hommes et les femmes ressentent pour les prostitués, elles rendent un service considérable à la société. »

Fabrice, lui se souvient des gens qui tournaient autour de la, pièce. « Je sentais qu'elle était surveillée. »

Peut-on se prostituer librement ?

Là encore, les témoignages sont contradictoires. Dans Le Parisien , Rosen, une ex du trottoir est catégorique : « On n'achète pas impunément un corps. Chaque main qui vous touche, vous perdez une partie de vous même. On finit par ne plus dessaouler.

Dans L'Express , d'autres, des « indépendantes » du Bois de Vincennes revendiquent leur liberté, mais c'est une vie en camion jalonnée de bosses qu'elles déclinent en racontant leur histoire.

Tentative de synthèse dans Le Monde , sous la plume de Gaëlle Dupont. La majorité des prostituées présentes en France sont originaire du Nigeria, de Roumanie et de Chine. Et selon la police, toutes ces femmes sont victimes de traite des êtres humains.

Le texte soumis au parlement est-il une véritable offensive contre le système prostitutionnel ?

Libération en rappelle les grandes lignes : pénalisation du client, un peu plus de moyens contre le proxénétisme comme la fermeture des sites Internet hébergés à l'étranger, une aide à la sortie de la prostituions assez limitée.

Commentaire d'une sociologue opposée à ce texte dans L'Opinion. Elle dénonce les effets pervers du texte : marginalisation des prostituées, angoisse et somatisation de celles qui redoutent de ne plus voir de clients. « Vouloir éradiquer la prostitution relève de de l'utopie ». L'éditorial du Monde expose les doutes du journal sur ce même thème des effets pervers.

Parmi les adversaires, le mensuel Causeur qui a lancé la controverse avec son « Manifeste des 343 salauds » est toujours en kiosque. Manifeste qui s'élève contre l'intrusion de l'État dans l'intimité et contre la pénalisation des clients dès lors que chacun est consentant.

Libération est plutôt pour le texte sous la plume de François Sergent. Le journal qui prend parti le plus nettement ce matin, c'est L'Humanité . A la Une : Abolition « La prostitution, écrit Jean-Emmanuel Ducoin, est d'abord un business, une marchandisation des corps, un trafic gigantesque d'êtres humains nourrissant les flots d'argent sale qui terminent dans les paradis fiscaux. La prostitution n'est pas un métier, c'est une atteinte à la liberté des consciences. »

A la Une du Figaro : la France se prépare à intervenir en Centrafrique

« Sitôt votée à l'ONU la deuxième résolution sur la Centrafrique, sans doute le 4 décembre, les militaires français entameront une intervention en mode "coup de poing", précise Alain Barluet. 1.000 hommes pour 6 mois. Ils appuieront la force africaine qui doit se déployer sous bannière de l'ONU le 19 décembre ». François Hollande a décidé vite et fort. Revoilà donc, « la détermination retrouvée d'un président Janus », commente Guillaume Tabard. En France, dans les sketches des Guignols de l'info, ce n'est plus ’’moi président’’, mais "mou président". « Habité par la fragilité du pays (dans l'hexagone), il n'a aucun problème à trancher lorsqu'il est dans son fauteuil du conseil restreint de défense », ajoute Cécile Corunudet dans Les Échos .

Sur la situation en Centrafrique, on lira sur slate.fr le long reportage de Peter Bouckaert et du photographe Marcus Bleasdale. La terreur semée par les rebelles de la Seleka autour de la ville de Bossangoa en particulier... « Au début du mois de novembre, raconte le reporter, la population prenait souvent notre voiture pour un véhicule militaire de la Seleka. Un jour des baluchons jetés à la hâte nous ont coupé la route: une famille avait fui dans la brousse en nous entendant arriver. Nous avons trouvé un nourrisson en pleurs, ses parents l'avaient perdu en prenant la fuite. » Les deux journalistes retrouveront les parents. Titre ce reportage : « Ici en Centrafrique, nous vivons et nous mourons comme des animaux. »

Dans Les Echos , interview de Pascal Picq

Paléo anthropologue, professeur au collège de France. Il nous dit en substance que nous valons moins qu'un homme de Neandertal : « l'homme préhistorique tuait pour sa propre survie et il n'avait pas conscience des conséquences à grande échelle de ses actes. Aujourd'hui, c'est en toute conscience que nous détruisons les autres formes de vie, à un rythme effarant. Le rythme d'extinction des espèces est de 1.000 à 100.000 fois plus élevé qu'il l'a jamais été depuis l'apparition du vivant. Or plus il y a de diversité, plus chacune des espèces en tire profit. La diversité est l'assurance vie des espèces. » Depuis la préhistoire, écrit Pascal Picq, nous sommes passés de l’ère de la « sauvagerie » à celle de la « barbarie ».

Quoi d'autre dans la presse ? Les grandes oreilles du jour

A la direction centrale de la police judiciaire, selon Mediapart . Un programme illégal de surveillance téléphonique utilisé pendant deux mois de fin 2012 à début 2013. Il était utilisé pour lutter contre le crime organisé. Affaire prise très au sérieux au ministère de la Justice, dixit Mediapart .

Le titre du jour

Dans la série rions un peu... A la Une des Inrockuptibles , une chanteuse venue du froid, la Danoise Agnès Obel. Vous connaissiez Lady Gaga, voici « Lady Glagla ».

Le dessin du jour

Dans la série rions encore… Cabu dans Le Canard enchainé . Le fils Tiberi candidat aux municipales dans le 5ème arrondissement de Paris. Les parents l'emmènent au cimetière : « Un jour, mon fils, tous ces électeurs seront à toi »

Le baby blues du jour

La princesse Kate, selon Gala . « Elle est sur tous les fronts, mais à quel prix ? »

Et l'interview du jour

James Gray dans Télérama . Son film The Immigrant , avec Joaquin Phoenix et Marion Cotillard sort en même temps que La marche . Quelle place pour les immigrés en Amérique ? Dans cette interview, James Gray raconte l'envers et les névroses que suscite le fameux rêve américain.

Et un lieu mythique, Ellis Island, au large de New York, au pied de la statue de la liberté, par où passaient tous les immigrés qui rêvaient de la ville qui ne dort jamais. James Gray y est allé pour la première fois dans les années 70. Ce n'était plus un bureau d'immigration, pas encore le musée qu'il est aujourd'hui. « Les bâtiments étaient à l'abandon, des formulaires jonchaient le sol, certains à moiti remplis avec des taches de café. L'ile semblait pleine de fantômes, le ferry qui avait conduit mes grands parents à New York rouillait dans le port. »

« Je fais ce que je rêvais de faire alors que mon grand père était plombier dans les bas fonds de New York, je peux difficilement dire que le rêve américain n'est qu'un leurre. Mais ma mère était littéralement hantée par l'idée qu'il fallait s'élever socialement. Elle était constamment à l'affut des signes extérieurs de réussite chez les autres (…) Quand à mon grand père, quand il a revu Ellis Island, il a éclaté en sanglots dès que nous sommes arrivés. Pendant la traversée, il s'est mis à parler en russe avec une femme qui pleurait aussi. »

A demain

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